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April 18 2012
En direct du NABShow de Las Vegas à 18h00 (heure de Paris!)
Bonjour à tous, deux choses en une !
Je suis depuis le début de la semaine à Las Vegas, pour couvrir le NABShow. LE salon du Broadcast, de l’image, du son.
Je serai en direct à 18h, aujourd’hui, grâce à Vomodo, à qui je vais emprunter leur sac à dos qui permet la transmission en direct via GSM. ( http://www.vomodo.fr ) .
Cela me permettra de vous saluer, en direct, (tout en présentant leur produit,tout de même).
à tout à l’heure!
En direct du NABShow de Las Vegas à 18h00 (heure de Paris!) publie sur: L'Observatoire des Medias
April 09 2012
La participation en chute libre pour les grandes marques sur Facebook
La « Social Media Fatigue » est devenue une dure réalité pour de grandes marques sur Facebook.
Aucun secteur d’activité n’est épargné : luxe, grande consommation, automobile… les marques préférées des internautes subissent une baisse d’intérêt généralisée sur Facebook.
Selon vous : un phénomène de fond ou un épiphénomène ?

March 26 2012
Un an sur Presse-Citron
Pour tenter un bilan, j'ai voulu dégager les principaux thèmes traités, et même si Google arrive en première position, j'ai quand même essayé de diversifier les sujets le plus possible, ça se voit d'ailleurs aux titres des billets, dont voici la chronologie inverse :
- C’Vous, premier site communautaire de la grande distribution (18 mars 2012)
- Brindisys, le système qui connecte l’ordinateur au cerveau ! (3 mars 2012)
- Google et la confidentialité des données (29 février 2012)
- Microsoft Translation Hub : traduction automatique personnalisée (28 février 2012)
- Le spam sur Twitter (16 février 2012)
- Twitter spammé par les faux comptes (14 février 2012)
- Volunia vs. Google : quelques explications (9 février 2012)
- Volunia, plus qu’un moteur, un concept (7 février 2012)
- Facebook : introduction en bourse ! (2 février 2012)
- Twitter va censurer ! (28 janvier 2012)
- La gamification en 100 mots (11 janvier 2012)
- La gamification : quel univers ? (6 janvier 2012)
- Entretien avec Massimo Marchiori, créateur de Volunia (17 décembre 2011)
- [LeWeb'11] Le tour du Web’11 en 80 billets (14 décembre 2011)
- [LeWeb'11] CoSoLoMo ! (12 décembre 2011)
- [LeWeb'11] Synthèse et premier jour (11 décembre 2011)
- QR Codes & SoLoMo (3 décembre 2011)
- Le marketing numérique en 2011 (20 novembre 2011)
- Volunia, un nouveau moteur de recherche ! (16 novembre 2011)
- Landing page : c’est quoi ? (15 novembre 2011)
- L’avenir des médias sociaux… (6 novembre 2011)
- Solomo : juste maintenant ! (31 octobre 2011)
- À quoi joue Jerry Yang ? (23 octobre 2011)
- Netvibes : recentrage réussi ? (20 octobre 2011)
- Et si Google était … une plateforme !? (16 octobre 2011)
- Google Drive arrive… 5 ans après ! Qu’en ferez-vous ? (27 septembre 2011)
- La stratégie Internet de Microsoft – suite (22 septembre 2011)
- Fin de GYM et stratégie Internet de Microsoft (18 septembre 2011)
- L’écosystème identitaire qui fait ressembler Big Brother à Bisounours (3 septembre 2011)
- Les réseaux sociaux, ça fatigue ! (7 juillet 2011)
- Internet : y aura-t-il une bulle 2.0 ? (23 mai 2011)
- Le Marketing selon Facebook (10 mai 2011)
- À propos de l’introduction en bourse de LinkedIn (9 mai 2011)
- Pyramide G2H5W (19 avril 2011)
- Le Web contextuel n’existe pas !? (18 avril 2011)
- Contenu et sources de liens référents (15 avril 2011)
- Cybersquattage record selon l’OMPI (7 avril 2011)
- Infographies (31 mars 2011)
- Convergence totale (29 mars 2011)
- Bienvenue à Jean-Marie Le Ray (25 mars 2011)
- 817 commentaires (+20 par billet)
- 5 249 tweets (+131 par billet)
- 686 "j'aime" sur Facebook (+17 par billet)
- 597 Google+ (presque 15 par billet, Google+ n'étant opérationnel que depuis juillet 2011)
- 1 053 reprises sur LinkedIn (+ 26 par billet)
- Billet le plus commenté : Landing page : c’est quoi ? (63 commentaires)
- Billet le plus repris sur Twitter : Le marketing numérique en 2011 (373 tweets)
- Billet le plus repris sur Facebook : Volunia, un nouveau moteur de recherche ! (66 j'aime)
- Billet le plus repris sur Google+ : Landing page : c’est quoi ? (69 Google+)
- Billet le plus repris sur LinkedIn : Le Marketing selon Facebook (100 fois)
C'est évidemment un niveau que je n'aurais jamais atteint sur Adscriptor; la visibilité de mes billets sur Presse-Citron étant sans commune mesure avec ce blog. Même s'il y a des exceptions : mes deux billets sur Facebook et Facebook annonce Facebook Ads ont été déjà lus plus de 180 mille fois (respectivement +108 000 et +72 000), un résultat que je n'aurais jamais pensé atteindre sur mon blog.
Une première année riche en satisfactions, donc, avec une présence vraiment géniale à LeWeb'11, et la connaissance de nouveaux interlocuteurs, tant sur le blog qu'IRL. J'espère pouvoir tenir le rythme durant la nouvelle année qui s'annonce, et pour celles et ceux que ce bilan intéresse, j'ai réuni le contenu des 40 billets en un seul PDF (25Mo).
En tout cas, merci à Éric de m'avoir accueilli !
P.S. Sur Adscriptor, le feuilleton italien reprend bientôt avec de nouveaux épisodes ... vraiment étonnants !
March 14 2012
Dans le labyrinthe des dieux
I. Qu'est-ce que la mafia ?
II. 150 ans de mafia : histoires siciliennes, histoires italiennes...
"Dans le labyrinthe des dieux" est la traduction littérale du titre d'un livre d'Antonio Ingroia publié en 2010, "Nel labirinto degli dèi", choisi par le juge antimafia en référence à Giuseppe Tomasi di Lampedusa, qui écrit dans Le Guépard (en anglais, étrangement) :
But they won’t succeed, because we are gods.
J'ai retrouvé sur Internet le passage en français, qui situe la citation dans son contexte :
Deux ou trois jours avant l'arrivée de Garibaldi à Palerme, on me présenta quelques officiers de marine anglais, en service sur les navires qui mouillaient en rade, dans l'attente des événements. Ils avaient appris, je ne sais comment, que je possédais une maison sur le rivage, avec un toit en terrasse d'où l'on peut voir le cercle des montagnes autour de la ville. (...) C'étaient des jeunes gens ingénus, malgré leurs favoris rougeâtres. Ils tombèrent en extase devant le panorama, devant l'impétuosité de la lumière. Ils avouèrent pourtant qu'ils avaient été pétrifiés de surprise devant l'aspect désolé, la vétusté, la saleté des rues qui menaient chez moi. Je leur expliquai que ceci dérivait de cela, comme j'ai essayé de le faire tout à l'heure. L'un d'eux me demanda ce que diable venaient faire en Sicile les volontaires italiens. "They are coming to teach us good manners, répondis-je. But they won't succeed, because we are gods." Je crois qu'ils ne comprirent pas, mais ils rirent et s'en allèrent. C'est également la réponse que je voudrais vous faire, cher Chevalley. Les Siciliens ne voudront jamais s'améliorer, pour la simple raison qu'ils se croient parfaits : leur vanité est plus forte que leur misère ; toute intromission de personnes étrangères aux choses siciliennes, soit par leur origine, soit par leur pensée (par l'indépendance de leur esprit), bouleverse notre rêve de perfection accomplie, dérange notre complaisante attente du néant ; piétinés par une dizaine de peuples différents, les Siciliens croient qu'un passé impérial leur donne droit à de somptueuses funérailles. Pensez-vous, Chevalley, être le premier à espérer conduire la Sicile dans le courant de l'histoire universelle ? Qui sait combien d'imams musulmans, combien de chevaliers du roi Roger, combien de scribes des Souabes, combien de barons d'Anjou, combien de légistes du Roi catholique ont conçu la même admirable folie ? Et combien de vices-rois espagnols, combien de fonctionnaires réformateurs de Charles III ? Qui se rappelle encore leur nom ? La Sicile a choisi de dormir, malgré leurs invocations ; pourquoi les aurait-elle donc écoutés, si elle est riche, si elle est sage, si elle est civilisée, si elle est honnête, si elle est admirée et enviée de tous, si, en un mot, elle est parfaite ? (...)
Chevalley pensait : "Cet état de choses ne durera pas ; notre administration nouvelle, active, moderne, changera tout cela."
Le Prince se sentait découragé : "Tout cela ne devrait pas durer ; pourtant cela durera toujours ; le toujours humain, bien entendu, un siècle, deux siècles ; après quoi, ce sera différent, mais pire. Nous fûmes les Guépards, les Lions : ceux qui nous succéderont seront les Chacals, les Hyènes. Et tous tant que nous sommes, Guépards, Chacals, Brebis, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la terre."Dans son chef-d'œuvre, Tomasi di Lampedusa raconte la Sicile de 1860, année qui marque l'occupation de la Sicile par les piémontais, censés unifier l'Italie. De gré ou de force, et plutôt de force que de gré...
D'abord sous contrôle d'Antonio Mordini, prodictateur de Sicile (le nom dit bien ce qu'il veut dire), et ensuite sous le gant de fer du lieutenant de Victor-Emmanuel, Massimo Cordero di Montezemolo, nommé gouverneur général de Sicile :
M. de Montezemolo, nommé gouverneur général de Sicile, et M. Lafarina, directeur de l'intérieur, se disposent à partir pour leur destination. Les pouvoirs du prodictateur Mordini cesseront à leur arrivée. Le prodictateur a été informé, par Garibaldi, qu'il n'y aura plus qu'un seul chef en Sicile, le roi Victor-Emmanuel.Victor-Emmanuel, qui proclama aux Siciliens, le 1er décembre 1860 :
Peuples de la Sicile !Or en vérité, plutôt que de "réparation et de concorde", ce fut un "gouvernement de conquête et de domination", qui donna un regain de vivacité à une mafia déjà là, certes, mais dont la présence était alors sans commune mesure avec la virulence qui sera la sienne par la suite, puisque ses rangs furent rejoints par des milliers de prétendants mafieux, qui trouvèrent là l'occasion de s'enrichir, de conquérir des positions de privilège : la mafia comme voie à suivre pour obtenir une reconnaissance sociale, économique et politique. Mais le plus grave fut surtout l'adhésion aux principes mafieux d'une part importante de la vieille aristocratie et des classes bourgeoises de l'époque :
C'est avec une profonde émotion au cœur que je mets les pieds dans cette île illustre, qui autrefois, comme un augure des destinées actuelles de l'Italie, eut pour prince un de mes ancêtres ; qui de notre temps élut pour son Roi le frère que je pleure, et qui aujourd'hui m'appelle par son suffrage unanime à étendre sur elle les bienfaits de la liberté et de l'unité nationale.
De grandes choses se sont effectuées en peu de temps ; de grandes choses restent à faire, mais je suis convaincu qu'avec l'assistance de Dieu et du courage des peuples italiens, nous mènerons à fin cette magnanime entreprise. Le gouvernement que je viens constituer ici sera un gouvernement de réparation et de concorde. En respectant sincèrement la religion, il maintiendra intactes les prérogatives qui sont l'honneur de l'Eglise sicilienne et la garantie du pouvoir civil; il fondera une administration qui rétablisse les principes moraux d'une société bien organisée, et en faisant refleurir par un incessant progrès économique la fertilité de son sol, son commerce et l'activité de sa marine, il rendra profitables les dons que la Providence a largement répandus sur cette terre privilégiée.
Siciliens,
Votre histoire est l'histoire de grands faits et de généreuses entreprises; aujourd'hui il est temps pour vous, comme pour tous les Italiens, de montrer à l'Europe que si nous avons su conquérir par notre valeur l'indépendance et la liberté, nous savons aussi les conserver par l'union des cœurs et par les vertus civiles. »
Palerme, le 1er décembre 1860.VICTOR-EMMANUEL
Dopo l’unità ci fu un “salto di qualità”, i mafiosi divennero migliaia perché fu sfruttato questo modo di comportarsi per arricchirsi, per acquisire posizioni di privilegio, per farsi strada nella nuova società. Diventò un mezzo di crescita sociale, economica e politica. Alla mafia si aggregarono i rappresentanti più spregiudicati della borghesia agraria emergente (quella che si era comprata le terre dei feudi o della chiesa) e i rappresentanti più rozzi e retrivi della vecchia nobiltà. Ovviamente furono assoldati, come manovalanza le classi subalterne (contadini e braccianti) accecati dal miraggio di una facile ricchezza.Quant à la force de frappe militaire, elle fut recrutée en masse parmi le bon peuple...
Bien, maintenant que le décor est campé, il faudra attendre plus de ... 125 ans (!) pour qu'il se passe effectivement quelque chose, pour qu'un changement réel se produise. Plus d'un siècle et un quart de siècle pendant lesquels la mafia a connu une croissance phénoménale en Sicile, en Italie et ailleurs, sans jamais être inquiétée, au contraire, mais favorisée par les pouvoirs complices en place, y compris par les "libérateurs américains" (qui promurent notamment des chefs mafieux au rang de maires...).
Jusqu'au 10 février 1986, jour de l'ouverture du maxi-procès de Palerme instruit par Giovanni Falcone & Paolo Borsellino, qui fut véritablement le premier coup d'arrêt jamais infligé à la mafia. On comprend mieux, par conséquent, pourquoi la mafia ne leur pardonna jamais l'offense d'avoir interrompu ce cycle séculaire de prospérité et d'impunité, et les assassina six ans plus tard en l'espace de moins de deux mois : du 23 mai au 19 juillet 1992.
Les exécutants, je dis bien, mais pas les commanditaires, qui depuis deux décennies continuent de dissimuler leur foutue peur d'être démasqués un jour, cachés dans les entrailles nauséabondes et cloaqueuses de l'État italien.
L'État italien, je dis bien, qui, dans sa frénésie de pactiser avec la mafia pour éviter la mort annoncée de certains de ses représentants indignes, a préféré sacrifier sur l'autel de sa couardise deux fonctionnaires innocents et intègres. Mus par un "esprit de service", selon les mots de Falcone lui-même.
Deux dignes serviteurs de l'État, déchiquetés en mille morceaux de chair ensanglantés pour sauvegarder la misérable existence d'indignes profiteurs de l'État.
Le maxi-procès sicilien est donc une charnière de l'histoire italienne, puisqu'il trace une ligne de démarcation entre l'impunité à perpétuité de l'association politico-mafieuse et la condamnation à perpétuité de pratiquement tous les chefs mafieux de l'époque. Qui ont tramé jusqu'au bout en espérant s'en sortir en Cassation, où le "tueur de jugements" aurait été censé casser leurs condamnations respectives (exactement comme ce qui s'est passé hier pour Dell'Utri...) : or grâce à un critère de rotation des magistrats, la Cassation confirma les peines de prison à vie.
Nous sommes le 30 janvier 1992.
Le 17 février 1992, l'arrestation de Mario Chiesa marque le début de l'opération Mains propres.
Le 12 mars 1992 est assassiné Salvo Lima.
Suite de la chronologie.
Le 23 mai 1992 meurent Giovanni Falcone (53 ans), sa compagne, Francesca Morvillo (47 ans), et trois policiers de l'escorte, Vito Schifani (27 ans), Rocco Di Cillo (30 ans), Antonio Montinaro (30 ans).
Le 19 juillet 1992 explosent Paolo Borsellino (52 ans), et cinq policiers de son escorte : Emanuela Loi (24 ans), Claudio Traina (27 ans), Walter Eddie Cosina (31 ans) Agostino Catalano (43 ans), Vincenzo Li Muli (22 ans).
Entre ces deux dates, 57 jours qui ont changé l'Italie et ouvert la voie à une saison de massacres et de pactes scélérats aux plus hauts niveaux entre l'État italien et la mafia...
Un témoignage que Cartotto rendit en 1997 devant les juges palermitains, et qu'il confirma dans un livre publié en 2008 : “Operazione Botticelli. Berlusconi e la terza marcia su Roma” (Ed. Sapere 2000) :
En mai-juin 1992, Marcello Dell’Utri m'a contacté car il voulait m'impliquer dans un projet qu'il souhaitait entreprendre. En particulier, il était d'avis qu'en raison de la perte de ses référents politiques habituels, le groupe Fininvest devait se « lancer en politique » pour éviter que les partis de gauche ne s'affirment, ce qui aurait impliqué une mise à l'écart du groupe de Berlusconi, et, par conséquent, de graves difficultés économiques. Dell'Utri observa d'emblée que son projet avait de nombreux adversaires au sein même du groupe, et qu'en conséquence, pour prendre une métaphore militaire, nous aurions dû faire comme sous les drapeaux, à savoir préparer des plans de bataille, les enfermer dans un tiroir, et ne les en sortir qu'en cas de besoin ; auquel cas chacun aurait dû tenir son rôle.Source.
C'est là l'origine de Forza Italia...
Sans plus tarder, Cartotto se met donc à l'œuvre au huitième étage des locaux de Publitalia (la régie publicitaire du groupe Berlusconi commandée par Dell'Utri), juste à côté du bureau de Dell'Utri, avec son groupe de travail (une équipe aussi restreinte que secrète) dont fait partie un autre manager de Publitalia, un certain Roberto Patric Ruppen...
Le 20 juin 1992, date de la lettre de nomination sur papier à en-tête de la Banque centrale de Somalie et signée par le gouverneur de la banque en personne, Ali Abdi Amalow, Ruppen et un autre sont nommés « mandataires fiduciaires pour débloquer les fonds d'aide à la coopération appartenant à la Somalie et d'autres fonds destinés à l'aide humanitaire ».
Soit dit en passant, dans le cadre de l'opération "Restore Hope", l'aide humanitaire italienne à la Somalie a représenté environ 1400 milliards de lires (700 millions €), dont une immense partie ont fini dans un trafic triangulaire armes / drogues / déchets (y compris radioactifs)...Le 24 juin 1992, soit 4 jours plus tard, une lettre d'intention extrêmement confidentielle est signée à Nairobi entre Enzo Scaglione (consul honoraire de Somalie en Italie), Giancarlo Marrochino (impliqué dans le meurtre en Somalie d'Ilaria Alpi et Miran Hrovatin), et Guido Carelli pour continuer le projet Urano 2, dans le cadre duquel un autre groupe de travail, le "Grupo de Trabajo Antinea", est spécialement chargé du trafic d'armes et des déchets radioactifs.
- Les 11 et 15 décembre 1998, Ezio Scaglione, consul honoraire de la République somalienne, autorisé par le président Somalien à créer une installation de stockage et de traitement des déchets :

déclare qu'il a été impliqué par Guido Garelli et Giancarlo Marocchino dans le “Projet Uranium” (Progetto Urano, Urano 1 pour le Sahara espagnol et Urano 2 pour la Somalie, où la 'ndrangheta côtoie la p2 par l'intermédiaire de Giampiero Del Gamba et Elio Sacchetto...), visant à exporter des déchets toxiques et nucléaires en Somalie, et que Marocchino lui avait assuré qu'il se serait servi de la construction du port de Eel Ma'aan pour y enfouir les conteneurs de déchets nucléaires dans le ciment des jetées.
- Le 24 mai 1999, les enquêteurs observent dans une note confidentielle :
Des témoins se rappellent que des conteneurs pleins de déchets (boues, terreaux contaminés provenant d'aciéries et cendres de filtres électriques, etc.) ont été enterrés dans le port de Eel Ma'aan. Cela est d'ailleurs indiqué dans un fax que Marocchino transmet à Scaglione le 19 août 1996 (à noter que l'autorisation donnée à Scaglione par le président somalien est datée du même jour...).
Des photos prises secrètement en février 1997 ... montrent l'enfouissement des conteneurs lors de la construction du port.
Ces photos, les voici :
En 1998, Scaglione rendra le témoignage suivant au juge Tarditi :
Ce projet concernait également les déchets radioactifs qui auraient dû, selon les dessins que nous avait montrés Garelli, être contenus dans de grands cylindres métalliques équipés de chambres internes de stockage, selon un projet conçu par la société Oto Melara, de La Spezia.Ça vous rappelle rien ?
Or Ruppen travaillait déjà au projet Urano 1, qui prévoyait l’envoi d'énormes quantités de déchets – principalement d'origine américaine (entreprises et militaires) – dans un immense cratère naturel situé dans le Sahara espagnol.
Dans ce but Garelli avait créé l’ATS, ou Administration Territoriale du Sahara, dont faisaient notamment partie, entre autres, Luciano Spada (socialiste qui était pratiquement tous les jours en contact avec De Michelis, Martelli et Craxi, dont le numéro de téléphone était dans l'agenda de Ruppen), Nickolas Bizzio, le secrétaire de ce dernier, Alfredo Del Po, et l'armateur "Odino Valperga", de Gênes.
Mais à l'époque d'Urano 2, Guido Garelli faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international et s'étant réfugié en Croatie, il finit par donner les pleins pouvoirs à Ruppen pour gérer le projet Urano 2 à sa place, en le nommant "ministre plénipotentiaire de l'ATS chargé de maintenir les relations commerciales avec les États du Bassin méditerranéen".
Donc nous avons un Roberto Ruppen qui travaille d'un côté à l'opération Botticelli destinée à transformer Fininvest en un parti politique (ou autrement dit au "programme Forza Italia", selon ses propres déclarations), en même temps qu'il magouille, de l'autre, dans différents trafics entre l'Italie et la Somalie où l'on retrouve partout l'ombre de la P2.
Et nous avons enfin un Roberto Ruppen impliqué dans une enquête sur les German Gold Bonds (!), des bons du trésor émis par la République de Weimar (encore des histoires de bons, donc...) ayant servi à réaliser des escroqueries gigantesques pour financer des opérations liées aux trafics d'armes et de déchets, une affaire dans laquelle trempa également le directeur de l'agence BNL installée dans le bâtiment même ... du Sénat italien !
- le 4 mars 1992, Ciolini fait parvenir de sa prison une première note au Parquet de Bologne, qu'il intitule : “La nouvelle stratégie de la tension en Italie – période : mars-juillet 1992”, période pendant laquelle se produiront des événements visant à déstabiliser l'ordre public en perpétrant des attentats à la bombe contre les gens dans des lieux publics, ainsi que des enlèvements ou des assassinats contre des politiques appartenant aux partis socialiste, communiste et démocrate-chrétien, voire un attentat contre le futur président de la République.
Selon lui, des membres d'une "internationale noire" réunis à Zagreb en septembre 1991, auraient décidé cette stratégie dans le cadre d'un « renouveau politique » de la droite européenne et, en Italie, dans le but de rétablir un nouvel ordre « général » porteur d'avantages économiques et financiers (déjà en cours) pour les responsables de ce nouvel ordre dévoyé, maçonnique et politico-culturel, largement basé sur la commercialisation des stupéfiants.
Or cette référence au mois de septembre 1991 est étrange, car nous savons avec certitude qu'en Italie, un sommet mafieux eut lieu le même mois, à Enna (Sicile), réunissant toute la coupole mafieuse, durant lequel furent planifiées la saison des attentats en 1992-1993 et la décision d'assassiner Giovanni Falcone.
Écoutons ce que rapporta Leonardo Messina (boss repenti qui fut d'abord interrogé le 30 juin 1992 par Paolo Borsellino, moins de trois semaines avant sa mort), devant la Commission antimafia le 4 décembre 1992 (audition intégrale, dont je vous encourage vivement à lire au moins cet extrait) :
PRÉSIDENT. …Lors de cette réunion, qu’a-t-il été décidé ?Cette audition est d'une extrême importance, car mieux que tous les traités sur la question, elle explique parfaitement ce qu'est la mafia. En parallèle, Leonardo Messina a fourni aux juges un tel luxe de précisions qu'il leur a permis de vérifier minutieusement son récit. En ajoutant également d'autres détails sur la Ligue du Nord, et plus précisément sur le sénateur Miglio, qui était selon lui « l’expression d'une partie de la Démocratie chrétienne et de la maçonnerie, où il avait comme référents Giulio Andreotti et Licio Gelli ».
LEONARDO MESSINA. La réunion n’a été que l'acte final. Ils étaient déjà là depuis trois mois environ…
PRÉSIDENT. Où ?
MESSINA. Dans la province d'Enna. Ils ont fixé la nouvelle stratégie et décidé quels seraient les nouveaux référents politiques, vu qu'ils se débarrassaient des anciens.
PRÉSIDENT. Pouvez-vous nous expliquer ce passage des alliances ?
MESSINA. Cosa nostra redonne vigueur à son vieux rêve de devenir indépendante, de devenir maître d'une partie de l'Italie, d'avoir un État à eux, le nôtre.
PRÉSIDENT. L'objectif est-il de rendre la Sicile indépendante du reste de l'Italie ?
MESSINA. Oui. Cependant Cosa nostra ne s'embarque pas seule dans cette aventure, elle est aidée par la maçonnerie.
PRÉSIDENT. Y a-t-il de nouvelles forces avec lesquelles elle est en contact ?
MESSINA. Oui, il y a de nouvelles forces auxquelles elle s'adresse.
PRÉSIDENT. Pouvez-vous dire à la Commission quelles sont ces forces ?
MESSINA. Je ne voudrais pas créer certaines situations, ici...
PRÉSIDENT. Bien, d'accord. S'agit-il de formations traditionnelles, ou de nouvelles formations ?
MESSINA. Ce sont des nouvelles formations.
PRÉSIDENT. Pas traditionnelles ?
MESSINA. Non, pas traditionnelles.
PRÉSIDENT. En Sicile, sont-elles fortes, ou sont-elles faibles ?
MESSINA. Elles ne viennent pas de Sicile.
PRÉSIDENT. Il s'agit donc de forces externes à la Sicile ?
MESSINA. Oui, externes.
PRÉSIDENT. Mais sont-elles déjà présentes en Sicile ?
MESSINA. Non, pas encore. Elles sont en train de se créer, car ça va partir, mais les forces déjà alliées resteront, elles sont encore là.
PRÉSIDENT. Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?
MESSINA. Les contacts que certains avaient, ils les ont encore.
PRÉSIDENT. Avec les vieux partis ?
MESSINA. Avec certains des partis ; un tel ou un tel ne peut pas être identifié avec un contexte mafieux, mais d'autres...
PRÉSIDENT. Avec des personnages ?
MESSINA. Oui, avec des personnages des forces traditionnelles, et des forces nouvelles.
PRÉSIDENT. Vous avez cité plusieurs fois la maçonnerie. Pouvez-vous expliciter ces relations ?
MESSINA. Beaucoup d'hommes d'honneur, c'est-à-dire ceux qui sont destinés à devenir des chefs, adhèrent à la maçonnerie. C'est un point qui ne doit pas vous échapper, car c'est au sein de la maçonnerie qu'on peut avoir tous les contacts possibles avec les représentants des entreprises, des institutions, et avec les administrateurs détenant des pouvoirs autres que le pouvoir punitif détenu par Cosa nostra.
PRÉSIDENT. Est-ce de la maçonnerie que provient cette idée du séparatisme ?
MESSINA. Oui. Et je tiens à préciser que tout ce que je dis ici n'est pas le fruit de déductions ni d'interprétations personnelles, mais que j'en parle par expérience directe.
(...)
PRÉSIDENT. Pouvez-vous nous expliquer l'hypothèse séparatiste ? Vous avez dit que la Sicile était devenue trop petite pour les affaires de Cosa nostra, avant d'ajouter qu'ensemble Cosa nostra et les maçons ont intérêt au séparatisme de la Sicile. Pouvez-vous nous expliquer ces deux concepts, contradictoires en apparence ?
MESSINA. "Maçon" est un terme qui peut englober quantité de types de personnes, très différentes. Cosa nostra ne peut plus continuer à dépendre de l'État et de ses lois, Cosa nostra veut s'emparer de l'État, avoir son propre État.
(...)
PRÉSIDENT. Les mouvements séparatistes viennent-ils de l'extérieur ou se trouvent-ils au sein des frontières nationales ?
MESSINA.Je pense qu'ils viennent de l'extérieur des confins nationaux. Je peux parler du programme de la région mafieuse, mais il serait absurde de croire que je sais ce que décident les maçons. Je sais ce que décide Cosa Nostra.
PRÉSIDENT. Et la Sicile a décidé, comme vous nous l'avez expliqué, de s'orienter vers l'indépendantisme, vers un nouveau séparatisme ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Ce séparatisme serait donc lié avec des forces - dites-vous - en dehors de la nation, ou aussi avec des forces nationales ?
MESSINA. Aussi avec des forces nationales.
PRÉSIDENT. Donc, autant avec des forces nationales que non nationales ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Ces forces nationales sont-elles de nature politique ou non ?
MESSINA. Oui, également politiques.
PRÉSIDENT. Politiques, mais pas seulement ?
MESSINA. Des politiques et des entrepreneurs.
PRÉSIDENT. Y compris des forces non institutionnelles ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Donc il y a des secteurs, pour ainsi dire, provenant des institutions, des entreprises et de la politique, qui appuieraient un tel projet ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Ceci en ce qui concerne l'Italie. Et en dehors de l'Italie, que pouvez-vous nous dire ?
MESSINA. Je ne sais rien sur l'étranger. Je ne sais que ce qu'ils ont décidé à Enna.
PRÉSIDENT. Donc vous savez qu'il existe un soutien qui provient de l'étranger, mais vous ne savez pas d'où. C'est cela ?
MESSINA. Oui. Considérez que je ne suis au courant que des décisions de Cosa nostra, donc si je peux parler des événements dont j'ai connaissance, je ne peux faire aucune déduction sur l'étranger.
PRÉSIDENT. C'est sûr. Cette théorie séparatiste signifie-t-elle un coup d'état, ou quoi d'autre... ?
MESSINA. Il y eut une époque où Cosa nostra participa à la préparation de coups d'état.
PRÉSIDENT. Oui, par le passé, vous nous l'avez expliqué.
MESSINA. Aujourd'hui, ils peuvent prendre le pouvoir sans faire de coup d'état.
PRÉSIDENT. Lorsque vous avez répondu à ma question en faisant référence à certains secteurs institutionnels ayant un interêt dans le projet séparatiste de la Sicile, pouvez-vous nous expliquer à quels secteurs vous faisiez allusion ?
MESSINA. Je m'excuse, Président, mais je ne comprends pas ce que veut dire le terme "secteurs", ici ?
PRÉSIDENT. Les institutions sont nombreuses, il y a la magistrature...
MESSINA. Les politiques qui sont des hommes d'honneur sont au courant du projet, qui n'est pas uniquement de Cosa nostra : il y a aussi les politiques qui appartiennent à Cosa nostra parce qu'ils sont "pungiuto". Donc le programme, ils le réalisent ensemble...
PRÉSIDENT. C'est clair. Mais puisque vous nous avez expliqué qu'il y a aussi parmi les institutions des personnes ou des groupes entiers de personnes (je n'ai pas très bien compris) qui soutiennent ce projet, vu que les institutions sont nombreuses, dont font également partie la magistrature, les forces de l'ordre...
MESSINA. Aucun troisième niveau supérieur donnant des ordres à Cosa nostra n'a jamais existé, mais la maçonnerie englobe tous les autres organismes...
PRÉSIDENT. Donc, cet appui au projet, provient-il de toutes les institutions en général, ou d'une en particulier ?
MESSINA. D'après ce que j'en sais, ils parlent d'une en particulier.
PRÉSIDENT. Pouvez-vous nous dire de quelle institution en particulier il s'agit ?
LEONARDO MESSINA. De la justice, notamment.
PRÉSIDENT. De la magistrature, donc ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Parlons-nous d'une magistrature sicilienne, ou d'une magistrature en dehors de la Sicile ?
MESSINA. Les procès, ils les ont faits à Palerme. Certains magistrats ont été contactés par Cosa nostra, mais ils ont refusé de prononcer des absolutions. Ils ont été assassinés chemin faisant.
(...)
PRÉSIDENT. Après les condamnations confirmées par la Cassation en janvier 1992, quelles furent les réactions de Cosa nostra ? Où étiez-vous à cette époque ? En prison ?
MESSINA. Non.
PRÉSIDENT. En janvier 1992 vous étiez libre ?
MESSINA. Oui, j'ai été arrêté le 17 avril.
PRÉSIDENT. Donc quelles furent les réactions de Cosa nostra ? Est-ce que vous vous y attendiez ?
MESSINA. Non.
PRÉSIDENT. Pourquoi donc ?
MESSINA. Parce qu'on pensait qu'ils ne seraient pas allés jusqu'au bout de leur raisonnement. En fait, quand les juges n'ont pas de preuves concrètes, ils prennent un juste milieu (10-15-20 ans), et les mafieux auraient accepté cela. Il suffit de penser que beaucoup sont déjà condamnés à perpétuité ; donc, dans un certain sens, c'est une faveur que les corléonais ont demandé aux mafieux prisonniers à vie, car il y avait un courant important qui était contre.
PRÉSIDENT. Donc, lorsque ces condamnations à perpétuité ont été confirmées, quelles furent les réactions de Cosa nostra et des corléonais ?
MESSINA. J'ai parlé directement avec certains hommes proches de Salvatore Riina, avec certains autres de la branche armée, qui savaient là où Falcone voulait arriver et qui m'avaient dit qu'ils ne pouvaient pas l'assassiner à ce moment-là car ils en auraient fait un martyre, un mythe. Nous verrons, disaient-ils. Ensuite, de toute évidence, ils ont pris d'autres décisions, car d'un côté ils devaient donner des explications aux mafieux en prison, et de l'autre une réponse à ceux qui n'y étaient pas.
PRÉSIDENT. En fait, Riina avait promis quelque chose ?
MESSINA. Oui. Tous savaient que le procès se serait bien terminé devant la Cassation.
PRÉSIDENT. À votre connaissance, y a-t-il eu quelque homme politique pour garantir que le procès se serait bien terminé en Cassation ?
MESSINA. Beaucoup de rumeurs circulaient au sein de Cosa nostra : mais ce qui se dit dans Cosa nostra doit forcément être vrai, vérifiable ; impossible de mentir.
PRÉSIDENT. Je ne vous ai pas demandé de faire des noms ; je voulais savoir si le contact censé vous garantir était un homme politique, un maçon, voire plus directement un magistrat ?
MESSINA. Il faut comprendre qu'entre nous on ne désigne pas nommément un maçon plutôt qu'un autre, c'est le sommet dans son ensemble qui est maçon : eux savent jusqu'où on peut arriver. On nous avait garanti que le maxi-procès se serait bien terminé, un point c'est tout.
PRÉSIDENT. Donc pourquoi Lima a-t-il été assassiné ?
(...)
MESSINA. Il fallait montrer à tout le monde que ceux qui ne respectent pas les accords meurent : dans Cosa nostra, ça marche comme ça.
PRÉSIDENT. Quel accord n'avait-il pas respecté ?
MESSINA. Son intéressement sur la garantie qu'aucun homme d'honneur n'aurait été condamné à perpétuité.
(...)
PRÉSIDENT. Riina est-il le chef de la stratégie visant à séparer la Sicile du reste de l'Italie ?
MESSINA. Oui, c'est l'un des chefs.
PRÉSIDENT. Qui sont les autres chefs ?
MESSINA. Les chefs de la province, ceux que vous appelez les corléonais, et qui sont les représentants provinciaux.
PRÉSIDENT. Cette opération n'était-elle dirigée que par Cosa nostra, ou y avait-il aussi d'autres personnes impliquées, n'appartenant pas à l'organisation ?
MESSINA. Non, seules les personnes qui organisent Cosa nostra devaient en faire partie.
PRÉSIDENT. Cela je l'ai compris. Je parle de la stratégie en général.
MESSINA. Il y a également des politiques qui appartiennent à Cosa nostra ou qui sont étroitement liés à l'organisation.
(...)
PRÉSIDENT. Vous comprenez que cet aspect intéresse tout particulièrement la présente Commission antimafia, puisqu'il concerne la structure de l'État. Donc, concernant la stratégie séparatiste, si vous avez les éléments pour le faire, pouvez-vous approfondir et nous expliquer plus précisément ce que cela veut dire ?
MESSINA. En fait, ils doivent apporter leur soutien aux nouveaux partis politiques qui tentent...
PRÉSIDENT. Qui tentent de séparer la Sicile du reste de l'Italie ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. Vous nous avez dit tout à l'heure que ces groupes ne veulent plus dépendre de l'État national.
MESSINA. Dans un certain sens. Jusqu'à présent, ils ont contrôlé l'État. Maintenant, ils veulent devenir l'État.
PRÉSIDENT. La Sicile est-elle la seule qui s'intéresse à ce mouvement séparatiste ?
MESSINA. Non. Quand je parle de Cosa nostra, c'est la même en Calabre ou en Sicile.
PRÉSIDENT. Le type de séparatisme dont vous avez entendu parler, qui a été décidé à Enna, il concernait uniquement la Sicile ou également d'autres régions d'Italie ?
MESSINA. Il concernait l'organisation de Cosa nostra. Il n'était pas question de la Sicile, mais de l'organisation, et donc des régions où est présente Cosa nostra.
PRÉSIDENT. Donc la scission ne concernait pas seulement la Sicile ?
MESSINA. Non, la Sicile, la Campanie, la Calabre, les Pouilles.
PRÉSIDENT. C'est là le type de problématique qui a été abordé à Enna ?
MESSINA. Oui.
PRÉSIDENT. La scission concernait-elle aussi la Lombardie ?
MESSINA. Ça dépend.
PRÉSIDENT. Donc le problème consistait à disposer de régions sur lesquelles exercer véritablement un contrôle total, pour devenir stables. Il ne devait pas s'agir d'un contrôle exercé par d'autres, mais d'une prise de possession totale.
MESSINA. Mais tout le terriroire est déjà sous l'emprise de Cosa nostra.
PRÉSIDENT. Dans ces régions-là ?
MESSINA. Oui.
(...)
PRÉSIDENT. Pouvez-vous nous expliquer un peu mieux quelles étaient les préoccupations pour les choses que disait Pio La Torre. Vous nous avez dit qu'il a été assassiné parce qu'il était favorable à la saisie des biens mafieux.
MESSINA. Mes informations sont filtrées, car j'étais dans les rangs inférieurs, à l'époque.
PRÉSIDENT. Pourtant La Torre n'avait fait que présenter un important projet de loi.
MESSINA. Oui, mais il fallait frapper l'auteur de la présentation du projet, et c'est ce qu'ils ont fait.
PRÉSIDENT. Le projet est resté dans les tiroirs pendant un an et demi, l'article 1 ne fut approuvé que durant l'été 1982.
MESSINA. Disons qu'il est encore dans les tiroirs, même si quelque chose commence à bouger maintenant, mais il est resté dans les tiroirs pendant des années (...) au sens où il n'a pas été appliqué.
PRÉSIDENT. Des prisons comme l'Asinara et Pianosa sont-elles indispensables dans la lutte contre Cosa nostra ?
MESSINA. Elles sont très importantes, car pour un membre de Cosa nostra, il n'y a rien de pire que de ne rien savoir de son territoire, de ne pas avoir de contact faisant le lien ; or à l'Asinara et à Pianosa ils sont isolés, et même lorsque les informations passent, ça dure trop longtemps. Bien trop longtemps. Même au parloir, l'ordre est de se taire, car il y a des puces-espions partout.
PRÉSIDENT. Mais dans les autres prisons aussi, ou non ?
MESSINA. Oui, tous ont peur de ça. Ils s'expriment par gestes, mais le temps de se faire comprendre, le parloir est terminé.
PRÉSIDENT. Quand un mafieux sort de prison, les contacts reprennent de suite ?
MESSINA. Un mafieux ne cesse jamais d'être un homme d'honneur. Ni avant, ni après.
PRÉSIDENT. Donc les relations organiques avec la famille reprennent immédiatement ?
MESSINA. Oui, dès qu'il sort de prison, une réunion a lieu, un repas est organisé durant lequel les nouveaux affiliés sont présentés à l'homme d'honneur libéré.
PRÉSIDENT. C'est de cette façon qu'il est remis dans le circuit ?
MESSINA. Oui, même si la chose n'a jamais cessé.
PRÉSIDENT. Cette emprise que vous nous décrivez si opprimante en Sicile et en Calabre, elle concerne tout, rien n'y échappe ?
MESSINA. Dans quel sens ?
PRÉSIDENT. Au niveau des entreprises, de la politique, des institutions ?
MESSINA. L'emprise est totale, des égoutiers en remontant jusqu'aux administrations de la Commune, de la Province, de la Région : impossible qu'une feuille ne tombe en Sicile sans le bon vouloir du représentant mafieux local.
PRÉSIDENT. (...) Vous avez rapidement fait allusion au meurtre de Salvatore Giuliano, en précisant qu'au tout début de la République italienne un échange a été fait, le meurtre de Giuliano étant considéré comme un cadeau pour obtenir une contrepartie.
MESSINA. Oui, c'est Luciano Liggio qui a exécuté Giuliano, comme cadeau fait à l'État.
PRÉSIDENT. Il y a donc eu une ébauche de compromis, c'est ça que vous voulez dire ?
MESSINA. Sì, un compromis entre une partie de l'État et Cosa nostra.
PRÉSIDENT. Donc il y a maintenant une nouvelle tentative de compromis, ou a-t-il été décidé de ne plus faire de compromis ?
MESSINA. Oui, il y aura un nouveau compromis avec les représentants du nouvel État, s'ils réussissent.
PRÉSIDENT. Toutefois, s'il y a un projet séparatiste en cours, il s'agit d'une chose distincte, ou non ? Puisque passer un compromis signifie quoi qu'il en soit rester au sein d'un État unitaire.
MESSINA. Oui, mais l'intérêt de la mafia c'est d'arriver au pouvoir pour y mettre ses propres hommes politiques, qui en seront l'expression : ainsi, ils ne dépendront plus de personne.
PRÉSIDENT. Plusieurs façons d'atteindre un même objectif peuvent donc coexister ?
MESSINA. Cosa Nostra doit parvenir à ses fins, indépendamment de l'appui de la maçonnerie, de l'Église ou de qui que ce soit d’autre, elle doit atteindre son objectif. Cosa Nostra doit atteindre son objectif, quelle que soit la voie à suivre.
Gianfranco Miglio dont j'ai déjà parlé ici :
Dans un billet que j'ai consacré à la Ligue du Nord d'Umberto Bossi sur mon blog italien, je rapporte cette déclaration impardonnable de Gianfranco Miglio, triste théoricien de la race padane (...), qui dit ceci dans une interview au Giornale de Berlusconi, le 20 mars 1999 :Dans les déclarations de Messina, j'ai délaissé les passages sur les adjudications de marchés, ainsi que sur la présence de Cosa nostra au Nord, mais rappelons-nous que dans sa dernière interview, accordée le 21 mai 1992 (deux jours avant l'assassinat de Falcone !) aux journalistes français de Canal+ Fabrizio Calvi et Jean-Pierre Moscardo, Paolo Borsellino définit Vittorio Mangano comme "tête de pont" de la mafia entre la Sicile et le Nord de l'Italie...Je vous dirai même plus. Je suis pour le maintien de la mafia et de la 'ndrangheta. Le Sud de l'Italie doit se donner un statut qui s'appuie sur les personnalités aux commandes. Or qu'est-ce que la mafia ? Si ce n'est un pouvoir personnel, poussé jusqu'au délit. Je n'entends pas réduire le Mezzogiorno au modèle européen, ce serait absurde. Il existe aussi un bon clientélisme, qui génère de la croissance économique. Partons donc du principe que certaines manifestations spécifiques du Sud doivent être institutionnalisées.Or permettez-moi de rappeler que ces positions étaient encore exprimées par des membres influents de la coalition Berlusconi + Ligue du Nord aux affaires il y a tout juste quatre mois...
Après ce premier voyage temporel entre 1860 et 1992, faisons un nouveau bond dans le temps de 20 ans pour en arriver à 2012.
Marcello Dell'Utri, qui introduisit Mangano chez Berlusconi dans la demeure d'Arcore (fabuleuse demeure historique près de Milan, escroquée à une orpheline pour une bouchée de pain...), est actuellement condamné à 9 ans de prison pour concours externe en association mafieuse, puisque le jugement d'appel (qui réduisait sa peine à 7 ans d'emprisonnement) a été cassé il y a 3 jours par la Cour Suprême, j'y reviens à la section suivante... Nouvelle défaite pour la démocratie, donc, alors que la décision de la Cour d'Appel de Palerme intervenait 5 ans et demi après :
...la condamnation en première instance à 9 ans de prison pour concours externe en association mafieuse, prononcée le 11 décembre 2004 au terme de 7 ans de procès, après quelques centaines de milliers de pages d'actes déposés et l'audition de 270 témoins, dont près d'une quarantaine de repentis accusant Dell'Utri d'une série impressionnante de "collaborations" avec la mafia, dans un échange de faveurs réciproques.Travaglio qui en a rajouté dans son éditorial du 10 mars, intitulé "La mafia n'existe pas" :
Dell'Utri fut alors défini par le Parquet comme « le garant des intérêts mafieux au sein de Fininvest » (centre de l'empire berlusconien), un personnage « à la disposition des chefs mafieux depuis plus de 30 ans, à partir des années 70 et jusqu'à ce jour, dont la contribution avait aidé de façon significative Cosa nostra à se renforcer ».
Dans son intervention hebdomadaire de lundi dernier, Marco Travaglio nous rappelle en effet que toutes les accusations portées contre Dell'Utri ne viennent pas que des repentis, loin de là, et que le procès aurait également pu se dérouler sans leurs témoignages puisque ses fréquentations mafieuses sont largement documentées :
- par Dell'Utri lui-même, puisqu'il a avoué plusieurs fois son "amitié" pour des chefs mafieux notoires tels que Vittorio Mangano, que lui et Berlusconi qualifièrent de "héros" (!), ou Gaetano Cinà, condamné avec lui en première instance, décédé depuis...
- etc.
Du reste, quiconque connaît un peu le procès Dell'Utri sait que c'est le plus solide de tous les procès célébrés à ce jour en matière de concours externe en association mafieuse. Le moins dépendant des déclarations des repentis. Le plus riche en éléments de preuve indépendants, documentaires, en témoignages, en écoutes téléphoniques, voire en aveux mêmes de l'accusé : en bref, il est le procès le moins lié aux mots, et le plus fondé sur des faits.
Si Dell'Utri devait être absous lors du nouveau jugement d'appel qui devra maintenant se dérouler, cela signifierait que jamais plus personne en Italie ne pourrait être condamné pour avoir servi la mafia de l'extérieur, c'est-à-dire sans en faire partie organiquement.
Ce qui serait une catastrophe aux proportions incalculables dans un pays gangréné par les mafias, justement à cause de toutes les complicités externes avec des politiciens, des fonctionnaires, des financiers, des professionnels, des juges, des avocats.Nous voici donc revenus à ce que je disais en début de billet, où dès 1860 l'aspect le plus grave fut l'adhésion aux principes mafieux d'une part importante de l'aristocratie et des classes bourgeoises, qu'on appelle aujourd'hui les "cols blancs"...
Or la pénétration mafieuse dans la vie économique, politique, sociale, culturelle - et légale ! - de nos sociétés modernes se fait essentiellement par la médiation desdits cols blancs. Un problème parfaitement compris par Giovanni Falcone & Paolo Borsellino dans les années 80, puisque ce sont eux qui caractérisent les premiers le délit pénal de "concours externe en association mafieuse" dans le jugement prononcé au troisième maxi-procès (maxi-ter) contre Cosa nostra.
Un délit pénal sur lequel se sont fondées des dizaines de procès ayant permis de juger des gens tels que Bruno Contrada, le sénateur de la DC Enzo Inzerillo, Giulio Andreotti, Calogero Mannino, Totò Cuffaro, Giovanni Mercadante, Gaspare Giudice, outre une grande quantité de membres de la "bourgeoisie mafieuse" tels que médecins, avocats, architectes, ingénieurs, etc.
Un enseignement juridique et moral de Falcone & Borsellino qui se perpétue depuis 30 ans, et qui contribue à prolonger ce fameux "coup d'arrêt" infligé à la mafia et aux politiques complices depuis le maxi-procès de Palerme. Ce qui explique pourquoi, pour le binôme mafia-politique corrompue, le délit pénal de "concours externe en association mafieuse", juste établi par la jurisprudence et la doctrine sans être formellement inscrit dans le code pénal, doit à tout prix être démoli...
Donc l'alternative est simple :
- si la mafia et les politiques complices parviennent à leur fin, clairement affichée, on en revient à la situation pré-maxiprocès palermitain, et la mafia finira par conquérir définitivement - en tout ou en partie - l'État italien. Une conquête de l'impunité à perpétuité pour la mafia, vs. une perte de la démocratie à perpétuité pour les citoyens. Dans le silence et l'indifférence généralisés de l'Europe et des nations "démocratiques", très probablement...
- si le corps sain de la démocratie italienne se rebelle et fait suffisamment entendre sa voix pour refuser et extirper ce cancer généralisé que représentent la mafia et les Berlusconi & Dell'Utri de toutes sortes, alors mon fils pourra avoir un avenir dans le pays où il est né...
Le concours externe en association mafieuse est devenu un délit autonome auquel plus personne ne croit. Je n'en fais pas une question en faveur de l’accusé, mais en faveur du droit.
(Il concorso esterno in associazione mafiosa è diventato un reato autonomo in cui nessuno crede. Io ne faccio una questione non a favore dell’imputato, ma a favore del diritto.)Donc en attendant de voir en quoi les motivations précisent pourquoi "plus personne n'y croit" (Ormai non ci si crede più), des voix dubitatives commencent à s'élever dont, entre autres, celles des magistrats Giancarlo Caselli, Nino Di Matteo et Antonio Ingroia.
Giancarlo Caselli (qui évoque également un "assaut à la justice") :
Le réquisitoire du substitut du procureur général de la Cassation Iacoviello « me blesse moins que Giovanni Falcone, qui a théorisé et concrétisé lors des différents maxi-procès le concours externe en association mafieuse. Les affirmations de Iacoviello sont pour le moins embarassantes ».Nino Di Matteo :
S'il est vrai, comme rapporté dans la presse, que le substitut du procureur général de la Cassation a qualifié hier, dans le cadre du procès contre Marcello Dell’Utri, le concours externe en association mafieuse d'un délit auquel plus personne ne croit, alors nous serions en présence d'une affirmation irresponsable d'une extrême gravité (...), par laquelle la lutte contre la mafia ferait un bond de 30 ans en arrière.
Mais il y a plus. Ces mots déligitiment d'emblée des centaines d'enquêtes et de procès qui se déroulent actuellement en Italie sur le fondement de ce délit, et ils vont à l'encontre de condamnations définitives pour lesquelles des condamnés sont incarcérés dans les prisons italiennes car jugés coupables de concours externe en association mafieuse.
En outre, s'ils ont été prononcés, ces mots l'on été à propos d'un instrument juridique appliqué pour la première fois par les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, (...) qui est une arme fondamentale pour réprimer le mal des collusions entre la mafia, les entreprises, la politique et les institutions, le seul instrument juridique qui permettrait véritablement de faire un bond en avant qualitatif et définitif dans la lutte contre le crime organisé.
À moins qu'on ne cherche à nous convaincre que combattre la mafia ne soit qu'une affaire de répression du bras militaire plutôt que de lutter contre des formes de collusion bien plus graves.Antonio Ingroia :
J'espère que ce jugement ne se transformera pas en coup d'éponge définitif pour effacer la "méthode Falcone", car depuis deux décennies nous assistons à un inlassable acharnement pour démolir le travail des magistrats siciliens, un travail qui a commencé avec le pool Falcone & Borsellino et s'est poursuivi après leur mort, dans le sillage du système juridique qu'ils ont tracé.Antonio Ingroia qui ouvrait pourtant le débat sur la notion juridique de "concours externe en association mafieuse", dès 2009, en souhaitant la recherche d'une « norme équilibrée, ayant un champ d'application ni trop large ni trop restreint » :
Or pour parvenir à cette solution, il faudrait une confrontation civile et sérieuse sur la possibilité d'élaborer un projet de loi permettant de stabiliser les prérequis du délit de 'soutien à la mafia', qui est aujourd'hui sanctionné par le concours externe en association mafieuse.Malheureusement, en voyant les réactions hystériques de la bande à Berlusconi, déjà persuadés de leur victoire, on peut nourrir de gros doutes sur la tenue d'une confrontation civile et sérieuse de la part d' "hommes d'état" qui ont toujours manifesté leur estime pour le "héros mafieux" Mangano, sans jamais prononcer un seul mot de reconnaissance pour les magistrats Falcone & Borsellino, justes et dignes symboles de la lutte contre la mafia en Italie.
Quant au substitut du Procureur général près la Cour de Cassation, dont le rôle serait de représenter le Parquet - c'est-à-dire l'État - et de requérir la justice au nom de la société (!) (en jugeant uniquement la conformité des décisions aux règles de droit et si elles présentent ou non un vice de forme ou de procédure), on peut légitimement s'interroger sur l'opportunité de qualifier le concours externe en association mafieuse comme un "délit non défini auquel plus personne ne croit", en voulant balayer d'une seule phrase 30 ans de jurisprudence et d'orientations plusieurs fois confirmées par ... la Cour de Cassation elle-même !
En 1992, l'Italie se trouva face à un tournant crucial de son histoire, où pour la première fois les gens honnêtes n'avaient plus peur d'applaudir Antonio Di Pietro et de lancer des pièces de monnaie à la gueule de Craxi.
Malheureusement, le peuple s'est laissé abuser par un Berlusconi qui est la personnalisation parfaite de la devise paraphrasée de Tomasi di Lampedusa : Tout changer pour que rien ne change !
Et apparemment ni l'opération Mains propres ni les tentatives successives de la justice n'ont réussi à prouver l'implication de politiques dont nous savons qu'ils étaient là, présents sur le théâtre des attentats et actifs dans les pactes noués entre l'État et la mafia, mais dont il serait juridiquement impossible de prouver qu'ils ont effectivement les « mains sales ». À défaut des consciences...
Voici 20 ans que Berlusconi et les pouvoirs maudits qui le soutiennent mènent un assaut permanent, à la fois médiatique et souterrain, contre la démocratie et la justice dans ce pays, 20 ans durant lesquels - en dépit des succès obtenus, des nouvelles lois, des arrestations, des nombreuses vies sacrifiées, du rôle des mouvements citoyens antimafia - le cycle infernal semble se répéter à intervalles réguliers, avec mille retours au point de départ, et franchi un tournant qui paraissait décisif, on en revient à s'égarer dans un labyrinthe apparemment sans issue.
Un labyrinthe des pourquoi où le sentiment que l'on éprouve est celui d'y voir enfermés des magistrats, des policiers, des parents de victimes et de citoyens honnêtes à la recherche de la vérité et de la justice, sous l'œil apeuré de tous ceux qui savent, notamment au sein des Institutions, qui les regardent de haut et, terrifiés qu'ils puissent trouver la sortie, préfèrent se taire.
Or nous sommes aujourd'hui dans une situation semblable à 1992, où la société italienne a de nouveau l'occasion unique de chasser les mafias de l'État et de redonner sa dignité à un parlement transformé dans sa majorité en un repaire de voleurs corrompus qui se protègent sans vergogne les uns les autres, pour se mobiliser sans faille aux côtés des défenseurs du droit et de la Constitution contre les tenants d'une loi qui viole en permanence le droit et la Constitution. Une loi qui depuis longtemps n'est plus égale pour tous, mais uniquement pour celles et ceux qui peuvent se le permettre.
Ces gens-là s'imaginent probablement en dieux siciliens, mais leur vanité est plus forte que leur misère. Au chevalier Aimone Chevalley, qui vient en Sicile à la recherche d'une classe dirigeante (irrépréhensible, dirait Berlusconi...) adaptée au nouveau Royaume d'Italie, le Guépard rétorque :
Le sommeil, mon cher Chevalley, le sommeil, voici ce que veulent les siciliens, et toujours ils haïront ceux qui voudraient les réveiller, quand bien même ceux-ci les couvriraient des plus beaux présents.Aujourd'hui, il suffit de remplacer "siciliens" par "italiens" : dors, gentil peuple d’Italie, dors, mais n’oublie pas que le sommeil est l’antichambre de la mort. Ou bien réveille-toi, une bonne fois pour toutes, et chasse ces charlatans qui t'ont volé la démocratie et l'avenir de tes enfants, et mentent comme ils respirent en sachant parfaitement que les destinataires de leurs mensonges sont les premiers à savoir qu'ils mentent mais ont trop peur pour les dénoncer publiquement !
Il est une légende selon laquelle le Diable serait venu en Sicile pour y prendre femme. Or je sais maintenant que cette femme s'appelle Mafia, et qu'ensemble ils ont procréé par dizaine de milliers des bâtards corrompus qui tiennent constamment l'Italie sous le joug.
En réalité la légende n'en était pas une, et le pays grouille aujourd'hui de cancrelats malfaisants. L'heure est venue de désinfester.
P.S.
En voulant chiffrer le coût annuel de ce saccage organisé, j'ai déjà expliqué que la fourchette de l'argent pillé en Italie sur le dos des citoyens, c'est chaque année entre 320 milliards d'euros pour l'estimation la plus faible, et 420 milliards d'euros à blanchir pour l'estimation la plus haute, soit autant que l'ensemble des recettes fiscales perçues par les impôts italiens en 2011 (411,79 milliards d'euros).
Sans compter que, jusqu'à présent, durant les 3 338 jours que Berlusconi a passés au pouvoir, ses 4 gouvernements successifs ont créé une dette publique cumulée de plus de 571 Mds d'euros, soit une moyenne dépassant 170 millions d'euros / jour.
Pendant 9 ans et 51 jours ... lui, ses amis et les amis de ses amis se sont immensément enrichis : un bilan excellentissime !
En revanche, pour fêter en beauté les 150 premières années de son unité, l'Italie a franchi le seuil de 2012 grandement appauvrie et détruite au plan politique, économique, juridique, culturel, social, moral, international, etc.
Donc s'il est vrai que l'arbre se reconnaît à ses fruits, je vous laisse juges de ce qu'a produit l'arbre berlusconien, pourri des racines à la cime...
March 11 2012
Les Entretiens de l’information 2012: l’économie, star de la présidentielle
Le moment de réflexion proposé par les Entretiens de l’information et l’IDIES (Institut pour le développement de l’information économique et sociale), en partenariat avec l’IPJ, sur « la place de l’économie dans la campagne présidentielle 2012» se déroulera le mercredi 14 mars 2012 de 10h00 à 18h30, dans les locaux de l’IPJ, 24 rue Saint-Georges, Paris 9ème (métro Notre Dame de Lorette).

Pour la deuxième année consécutive, L’Observatoire des Médias est partenaire média des Entretiens de l’information.
10h15 – Ouverture par Jean-Marie CHARON (Entretiens de l’Information)
10h30-12h30
La hiérarchie et le traitement de l’information économique dans l’actualité politique
Animation : Philippe FREMEAUX (délégué général de l’IDIES / Alternatives Economiques)
- Quelle hiérarchie (ou absence de hiérarchie) entre politique et économique?
- Quelle gestion des services politique et économique pendant cette période?
- Quelle gestion volontariste de l’agenda, quel suivi -obligé- des candidats?
- Quel appel aux experts intérieurs et extérieurs, sur quels critères?
Cyril AUFFRET (TF1), Philippe CHAFFANJON (France Info), Jean-Luc EVIN (Ouest France), Isabelle GERMAIN (LesNouvellesNews.fr), Francis LAFFON (L’Alsace), Pascal RICHE (Rue89).
14h00-16h00
Le choc des domaines et des compétences
Animation : Loïc HERVOUET (ex-directeur de l’ESJ Lille)
- Quelle dimension économique dans l’information politique, dans l’information sociale?
- Quelle dimension sociale dans l’information économique, dans l’information politique?
- Quelle dimension politique dans l’information sociale, dans l’information économique?
- Frontières de compétences, espaces et méthodes de coopération, conflits potentiels, organisations…
Raphaëlle BACQUE (Le Monde), Odile BENYAHIA-KOUIDER (Nouvel Observateur) Nicolas CORI (Libération), Bruno FRANCESCI (AFP), Sandra MOATTI (Alternatives Economiques), Philippe LEFEBURE (France Inter)
16h15-18h15
De quelle économie parle-t-on ?
Animation : Jérôme BOUVIER (médiateur à Radio France)
- Quel regard portent ces publics sur le traitement de l’économie dans cette période?
- Quelles « mises au placard » d’autres thèmes provoque cette priorité à l’info macro- économique? (logement, banlieue, Europe, étranger, sujets de société à dimension économique et sociale…)
Ahmed EL KHADIRI (Animafac), Nicole MAESTRACCI (FNARS), Emmanuel MERMET (CFDT), Nicolas SADOUL (Ligue de l’Enseignement),
18h15 – Conclusion Philippe FREMEAUX (délégué général de l’IDIES)
Inscriptions auprès de Jean-Marie Charon

Jean-Marie Charon
Sociologue des médias.
Président des Entretiens
de l’Information
Les Entretiens de l’information 2012: l’économie, star de la présidentielle publie sur: L'Observatoire des Medias
March 09 2012
Quand Marine Le Pen se trompe de chemin…
Ce vendredi soir, Marine Le Pen était l’invitée du Grand Journal et du Petit Journal (vidéos)
Mais, selon moi, dès le début, tout est dit lorsque la présidente du Front National se trompe de chemin.
Avant de regarder la vidéo, ce soir, sur le site de Canal, j’ai posé une question, et malgré la réponse ci-dessous, j’ai regardé.
@gillesbruno comment dire ? Une hyenne dans une cours de récré qui veut se faire adopter mais qui parle fort et montre les dents.
— denis sixou (@denissixou) March 9, 2012
Quand Marine Le Pen se trompe de chemin… publie sur: L'Observatoire des Medias
Mises à jour
Or selon une info publiée hier, pour la première fois, dans son édition 2012 de l'International Narcotics Control Strategy Report, le Département d'État de l'administration Obama a inséré le Vatican dans une liste de 68 pays considérés à risque "blanchiment", dont le passé en la matière est qualifié de "scandaleux"...
Cet été, le Vatican devra d'ailleurs approuver une nouvelle législation anti-blanchiment (qui représente pour l'instant une régression et non pas une progression), au moment même où se tiendra le deuxième forum de l'OCDE sur les flux d'argent sale, qui aura lieu les 14 et 15 juin prochains ... à Rome ! Quelle coïncidence...
Rien que sur la corruption, un domaine où les italiens sont maîtres et se foutent dans les grandes largeurs des recommandations de l'Europe, à noter que cette somme de 60 milliards €, calculée par la Cour des Comptes italienne, représente 50% de toute la corruption estimée en Europe, dont le coût est chiffré à 120 milliards d'euros par la Commission européenne. Autrement dit 60 milliards pour l'Italie, et 60 autres milliards à partager entre les 26 autres pays de l'UE.
Rien à dire, l'Italie se taille la part du lion. Ce qui m'amène à parler de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, sur laquelle j'ai vu un reportage de la télé française où les français ne comprennent pas pourquoi les italiens NO-TAV luttent de toutes leurs forces pour en empêcher la réalisation. Je ne veux pas rentrer ici dans les détails, mais ces mêmes français devraient savoir que si un kilomètre de ligne à grande vitesse coûte un peu moins de 10 millions d'euros en France, en Italie mille mètres de ligne à grande vitesse arrivent à coûter un peu plus de 70 millions selon certaines estimations. Cherchez l'erreur...
Les italiens en ont juste marre de graisser les nouilles des politiques corrompus et des mafieux en tout genre, pendant que ces mêmes politiques volent tout ce qu'ils peuvent dans les poches de l'italien moyen, et moi et moi...
Et puisqu'on parle mafia, voici deux photos emblématiques de l'antimafia et de la mafia en Italie :
March 01 2012
Les trois petits cochons ou l’open journalism du Guardian
Inspirant, isn’t it?
This advert for the Guardian’s open journalism, screened for the first time on 29 February 2012, imagines how we might cover the story of the Three Little Pigs in print and online. Follow the story from the paper’s front page headline, through a social media discussion and finally to an unexpected conclusion
Pour les nostalgiques ou les parents, aux Éditions Milan :
Les trois petits cochons ou l’open journalism du Guardian publie sur: L'Observatoire des Medias
February 26 2012
Des milliards de dollars sur ... l'Avvenire !
D'ici peu, l'info va faire le tour du monde : la Dragon Family a déposé hier une assignation à comparaître au Tribunal de New York, citant en jugement, notamment, le gouvernement italien, la Guardia di Finanza italienne et Silvio Berlusconi himself...Depuis, black-out global : difficile de se planter avec plus d'éclat dans ses prévisions ! À ma connaissance, PAS UN SEUL média mainstream n'en a parlé, ni presse, ni radio, ni télé, sauf quelques blogs d'illuminés, dont moi, gentil fumeur de moquette...
Enfin, selon Monsieur tout-le-monde, rien que de plus normal : pourquoi donc parler de procès "pittoresques" dont tout le monde se fout ?
Et puis hier, samedi 25 février 2012, surprise, GROSSE SURPRISE : je découvre l'info mentionnée à la une du journal catholique L'AVVENIRE, le "quotidien des évêques d’Italie", développée en troisième pleine page, avec au centre l'en-tête de l'assignation. J'en crois pas mes yeux !!!
Car au-delà des apparences, je subodore quelques raisons sous-jacentes inavouables motivant cette soudaine loquacité d'un quotidien pas particulièrement connu pour véhiculer des ragots, qui publie une telle info :
- à un moment où les relations entre l'État italien et le Vatican sont particulièrement tendues,
- à un moment où les luttes intestines internes au Vatican livrent en pature au grand public les secrets rapports de force agitant les couloirs de Saint-Pierre, et
- à un moment crucial où se joue la prochaine ratification - ou pas - de la future législation anti-blanchiment du Saint-Siège, qui indiquera à la communauté internationale si le Vatican entend continuer à se positionner comme un paradis ... fiscal - ou pas.
AsiaNews vient de publier une mise à jour (IT) (EN) intitulée « Tout porte à croire que les titres américains saisis à Chiasso sont authentiques ! »
Donc avant de rédiger ce billet, permettez-moi de reprendre le post-scriptum de mon précédent billet sur la crédibilité d'AsiaNews :
site géré par père Bernardo Cervellera, missionnaire de l'Institut Pontifical des Missions Étrangères, ex-directeur de Fides (1997-2002), l’agence de presse du Vatican, qui a vécu à Pékin et collabore actuellement au quotidien «Avvenire» et intervient comme expert de politique internationale dans des émissions télé de premier plan...
Une source reconnue, dont l'intégrité est difficile à mettre en cause !
Ceci étant précisé, voyons ce que nous dit ce nouvel article.
1. D'abord il revient sur les déclarations du porte-parole du Trésor américain, Meyerhardt, et du porte-parole de la CIA, Darrin Blackford, qui ont affirmé que les titres étaient faux, tout en s'interrogeant sur la façon dont la CIA est parvenue à cette conclusion (via Internet ?), puisque selon les sources officielles italiennes, la commission d'experts américains attendue en Italie doit encore arriver...
Il précise également que les titres étaient accompagnés d'une documentation bancaire récente et ORIGINALE, et se demande par conséquent comment les autorités américaines peuvent établir que cette documentation aussi est fausse, dès lors qu'elle ne provient ni de la Fed ni du Trésor des États-Unis ?
2. Il insiste ensuite sur l'incarcération d'Hal Turner, qui fut le premier à indiquer - dès le 20 juin - que les titres étaient en possession de deux employés du Ministère japonais des Finances, et que d'après les numéros de série, les 134,5 milliards $ faisaient partie des 686 milliards $ de la dette U.S. officiellement détenue par le Japon. Il annonçait par ailleurs que dans les jours suivants il aurait été en mesure de communiquer les numéros de série pour prouver leur authenticité (TRN has been told to expect to receive serial numbers from the bonds as proof they are real. In addition, our source claims he can obtain scanned images of some of those bonds as well. If we are given such information or images, we will report them publicly.)
Or le 24 juin Hal Turner, personnage fortement controversé, a été incarcéré, apparemment pour des menaces qu'il aurait précédemment proférées contre des juges...
AsiaNews, sans se prononcer sur la crédibilité des infos relatées par Turner, remarque cependant qu'il fut en son temps à l'origine de révélations sur l'amero...
Mais revenons-en maintenant à la page d'hier de l'Avvenire pour l'analyser dans le détail, en commençant par les deux encadrés du bas, celui-de gauche remémorant l'opération Vulcanica et l'affaire du plutonium (à noter que le journaliste qui signe l'article, Nello Scavo, s'est occupé en décembre dernier du trafic de barres d'uranium impliquant Guido Garelli, dont j'ai déjà parlé...), et celui de droite la saisie des 180 milliards $, qui a également fini en eau de boudin...
Titre : Des leaders mondiaux également impliqués dans l'affaire des bons de Chiasso (Anche leader mondiali nel giallo dei bond Usa)
Sous-titre : "Faux" bons d'une valeur de 134 milliards. Et un procès "impossible" (Titoli "falsi" per 134 miliardi. E una causa "impossibile")
Intertitre : Intrigues et finance (Finanza e intrighi)
C'est à dessein que je traduis "bond Usa" par "bons de Chiasso", car c'est à eux que fait référence, de façon erronée, le journaliste de l'Avvenire, en reliant directement la saisie de Chiasso et le procès (Invece il caso dei 134 miliardi di dollari in bond Usa sequestrati a Como nel 2009 è finito davanti alla Corte distrettuale di New York) : or comme je le précise sur ma page dédiée aux 279 milliards de dollars, les titres subtilisés à Neil Keenan revendiqués dans le procès représentent une contrevaleur de 144,5 milliards de dollars, tandis que les titres saisis à Chiasso à Yamaguchi et Watanabe sont différents, et ils représentent "officiellement" une contrevaleur de 134,5 milliards de dollars...
Ceci dit l'avocat de Keenan explique de façon détaillée la saisie de Chiasso, donc l'erreur est compréhensible si l'on fait une première lecture rapide de la centaine de pages de l'assignation. Un avocat dont le journaliste nous dit qu'il est partenaire du cabinet juridique Bleakley Platt & Schmidt, "l'un des plus cotés de New York" (L’atto di citazione è stato depositato dallo studio legale Bleakley Platt & Schmidt, uno dei più quotati della Grande Mela...), d'où l'interrogation suivante :
« Pourquoi l'un des plus importants cabinets d'avocats de New York accepterait-il, quand bien même en étant confortablement rémunéré, de se mettre à dos les principales institutions de son pays, y compris le FBI et la CIA, et de risquer par ailleurs une mise en accusation pour avoir produit de faux documents ? ». Me William Hughes Mulligan, qui dirige l'équipe juridique en charge de l'affaire, n'entend pas dévoiler ses cartes et se limite simplement à exprimer "son désaccord respectueux avec les déclarations de Darrin Blackford", l'agent des services secrets américains qui a indiqué dans un courriel envoyé à l'Avvenire que "les bons saisis étaient de faux titres".
«Perché mai uno dei più importanti studi legali di New York avrebbe dovuto accettare, anche se ben remunerato, di mettersi contro le principali istituzioni del proprio Paese, compresi Fbi e Cia, rischiando peraltro una incriminazione per aver prodotto documenti contraffatti?». L’avvocato William Hughes Mulligan, che guida il gruppo di legali che segue il caso, non vuole scoprire le carte, limitandosi a «rispettosamente dissentire dalle affermazioni di Darrin Blackford». Questi altri non è che un agente speciale dell’United States Secret Service, il quale in una mail ad Avvenire spiegò che «i titoli sequestrati sono strumenti fittizzi».Le journaliste a donc contacté directement certaines des personnes impliquées dans l'enquête et le procès, dont Neil Keenan en personne pour lui demander quelle preuve il donnait de l'authenticité des titres qu'il revendiquait. Keenan a répondu rapidement en transmettant au journal une copie d'une lettre de créance d'UBS (document bancaire classé "Top Secret"), datée de 2001, dans laquelle la banque attestait que les titres saisis ensuite à Chiasso et déclarés faux en 2009 par le gouvernement des États-Unis étaient bien négociables.
(Quando gli chiediamo la prova dell’autenticità dei titoli, prontamente ci trasmette copia di una lettera di credenziali con cui nel 2001 la banca svizzera Ubs attestava la spendibilità dei bond poi sequestrati a Chiasso e dichiarati "fittizzi" dal governo americano. Il documento bancario è classificato come "Top secret".)
Le journaliste a contre-vérifié ensuite auprès du siège de l'UBS à Zurich, qui a répondu dans la demi-heure que le certificat était faux, en précisant que le papier à en-tête portait le logo de l'Union des Banques Suisses qui n'existait déjà plus à l'époque, suite à la fusion, en 1998, entre l'Union de Banques Suisses et la Société de Banques Suisses, et que depuis UBS AG ne représente pas un sigle mais le nom légal de la société. Donc même si les tampons et les signatures semblent authentiques, le fonctionnaire de la banque précise : « Il n'est pas à exclure que des escrocs aient pu se servir d'un vieux papier à en-tête pour donner une apparence d'authenticité à des titres habilement contrefaits. »
(«Non è da escludere che qualche truffatore – spiega una fonte interna di Ubs – possa aver usato vecchia carta intestata per rivestire di autenticità titoli abilmente contraffatti».)
Pour autant, tout en mentionnant la "Dragon Family", dont il parle comme d’une organisation aux contours opaques, certes, mais très influente en Chine, au Japon et dans d'autres tigres de l’économie asiatique, Nello Scavo constate que, vrais ou faux, ces titres n'en ont pas moins servi à excercer diverses pressions pour tenter d'obtenir des avantages politiques et économiques (Come se, falsi o no che siano, quei titoli fossero lo strumento di pressione usato per ottenere vantaggi politici ed economici).
Et financiers, ajouterais-je, comme je l'explique ici à propos du "faux vrai" bon d'une valeur nominale de 870 millions de dollars, émis 50 ans auparavant par ce qui était alors le Crédit Suisse, le 14 août 1961, au nom du dictateur indonésien Soekarno, dont les magistrats italiens écrivaient dans l'ordonnance de saisie :
Même si le Crédit Suisse nous a informé que le titre était faux, nous ne pouvons considérer cette réponse authentique car la banque avait tout intérêt à empêcher qu'il soit négocié. En revanche, les preuves rassemblées durant l'enquête nous portent à croire que le titre est vrai, car, durant les écoutes téléphoniques, aucun des personnages interceptés n'a jamais mentionné qu'il était faux, pas même lorsqu'ils parlaient entre eux, en indiquant au contraire que les établissements financiers impliqués avaient montré un réel intérêt pour négocier le titre, y compris après avoir effectué leurs propres contrôles préliminaires en activant des canaux parallèles pour en vérifier l'authenticité.Voyez-vous par hasard quelque analogie avec l'affaire qui nous occupe aujourd'hui ?
* * *
Ce serait quand même curieux qu'il s'agisse de Yohannes Riyadi (alias Wilfredo Saurin) et Joseph Daraman, déjà bien connus et dont les noms avaient été évoqués dans la première affaire...Comparer avec les photos des passeports ici. Ceci dit, je trouve la coïncidence curieuse, juste au moment où le nom de Yohannes Riyadi revient sur le devant de la scène, prononcé ce mois-ci devant le Parlement britannique par Lord James of Blackheath (la chose n'aura pas échappé à qui lit les commentaires), lequel dénonce un "présumé" blanchiment d'argent d'une valeur de ... 15 000 milliards de dollars, qui aurait été réalisé en "avril-mai 2009" (date de la saisie de Chiasso : juin 2009...), en transitant par la Royal Bank of Scotland :
Mais j'approfondirai ça dans un prochain billet, car ça vaut son grain de sel ! Avec quelques connexions insoupçonnées...
February 23 2012
Les médias sociaux en entreprise en 2012: la fin du début ou le début de la fin ?
Assistons-nous à la fin des médias sociaux en entreprise, ou bien est-ce le début d’une nouvelle ère, plus sage, plus construite, moins axée sur la conquête de fans à tout va? Difficile de se faire une idée bien précise, même en évoluant dans ce secteur au jour le jour, et même en scrutant notre boule de cristal…
C’est pourquoi ce sera le thème de la première conférence Media Aces de l’année:
Le 6 mars 2012, de 14h à 17h
à l’ESG – Ecole de Management, Paris
35 av Philippe Auguste, 75011 Paris
Metro: Nation – Les Boulets
Tarif
- place seule 30€
- place avec le livre « Les médias sociaux expliqués à mon boss« : 50€
Réduction de 20€ pour les étudiants (sur présentation de la carte en cours de validité)
Nombre de place limité à 150.
Programme
Pour traiter de ce sujet, nous avons invité quatre intervenants, qui donneront chacun un éclairage particulier sur les évolutions à attendre en 2012.
13h30-14h00 Accueil café dans les locaux de l’ESG 14h00-14h30
Philippe GERARDManager, communication digitale, CEGOSL’usage des réseaux sociaux en entreprise, une étude CEGOS
14h30-15h00
Nicolas LE HERISSIERDirecteur marketing et communication, Houra.frIntégration des médias sociaux dans la stratégie de communication d’un cybermarché
15h00-15h30
Virginie SIMONCEO & Fondatrice, MyScienceWorkMyScienceWork, Research Network
15h30-16h00
Marie-Laure VIEResponsable stratégie multimedia & réseaux sociaux, CCI de MontpellierL’intégration des médias sociaux au site web
16h00-17h00
Cocktail et networking dans les locaux de l’ESG
February 20 2012
6279 milliards de dollars et la "théorie du complot"
- la désinformation et la propagande scentifiquement organisées par le pouvoir et complaisamment relayées par les médias sous contrôle ;
- la passivité silencieuse, indifférente, égoïste, complice et coupable des masses qui ingurgitent tout ce qu'on leur fait gober sans le moindre esprit critique.
Non pas que je pense être au-dessus de la masse, loin de moi cette idée, mais au moins j'essaie de me battre avec les moyens à ma disposition, qui sont les mêmes que ceux du voisin : une capacité illimitée de s'informer sur tous les sujets, grâce à Internet, pour tenter de me forger ma propre opinion sur les faits, qui n'est presque jamais celle qu'on voudrait que je me forge en me canalisant gentiment sur les rails d'une information formatée, conforme aux vues du Truman Show planétaire mis en place par tous les pouvoirs politico-économiques.
Mais arrêtons-là cette tirade lasse, après tout que chacun/e croit ce que bon lui semble, par contre ça me gonfle énormément lorsque quelqu'un pense répliquer à mes billets, en général plutôt fouillés et argumentés, par deux ou trois lieux communs laconiques et vides de sens. Du genre :
Oui, on m'a signalé ce blog pour cette série de posts. Il dit quelques trucs intéressants (...), mais le ton nettement « théorie du complot » lui fait perdre sa crédibilité.Alors voilà ! Les intégralistes de la "théorie du complot" ont encore frappé ! J'ai écrit à ce jour plus de 25 billets sur cette histoire, en lisant pratiquement tout ce qui en a été publié en trois langues, en analysant cette masse d'infos pour en relever les incohérences, poser des questions, chercher des réponses, etc.
À noter que je n'ai jamais rien affirmé de tranché, pour la bonne et simple raison que je n'en sais rien, j'ai juste dit, et je le répète :
Au fil du temps, de tout le temps passé à faire des recherches et à écrire sur ces 134,5 milliards de $, je me suis forgé la convinction suivante : ces titres sont vrais !
C'est une simple théorie, étayée par de nombreux faits résumés ci-dessus, et il n'est question ni de complot ni de conspiration.En faisant référence aux seuls 279 milliards de dollars, que ce soit clair pour l'instant, mais je ne vois pas en quoi cette conviction personnelle, s'appuyant sur de nombreuses infos et sources sérieuses, allez relire tout ce que j'ai écrit là-dessus, autorise le premier nul venu à affirmer du haut de sa suffisance que cette "simple théorie personnelle" est une "théorie du complot".
Les affirmations aussi inutilement péremptoires que basées sur du vent ont le don de m'énerver, que voulez-vous, il en serait tout autrement si quelqu'un reprenait mes arguments, un à un, en me démontrant en quoi ils sont faux, voire ridicules. Je suis tout ouïe, car contrairement aux pédants qui osent prétendre tout et le contraire de tout sans rien argumenter, je ne demande qu'à être démenti.
Mais je ne peux pas accepter ni me contenter de l'information officielle, qui tombe du haut sans jamais prouver quoi que ce soit, si ce n'est par grâce divine...
Exemple, dans cette nouvelle affaire des 6000 milliards de dollars, je ne me risquerais pas à dire d'emblée que les bons sont vrais, mais la précipitation unanime de la presse qui martelle le même refrain à l'envi sans fouiller l'info, en reprenant presque toujours les dépêches d'agence tout juste brodées par les petites mains de pigistes mal payés, m'empêche tout autant d'affirmer de prime abord, sans sourciller, qu'ils sont faux.
Il me semble d'ailleurs que sur le sujet les américains sont plus critiques que nous, puisqu'une source aussi sérieuse et reconnue que ZeroHedge ne manque pas de s'interroger, notamment sur la question des coffres (c'est moi qui graisse) :
While there is precious little in terms of detail coming out of the latest and literally greatest "fake" bond story in history, the BBC has been kind enough to release the pictures of the boxes that the supposedly fake bonds were contained in. While we reserve judgment on the authenticity of the bonds, what we wonder is whether the boxes were also fake. Because while we can understand why someone would counterfeit the Treasury paper itself, what we don't get is why someone would go the extra effort to also create a "fake" compartment in which to store it. In this case a compartment that is property of the "CHICAGO FEDERAL RESERVE SYSTEM." Perhaps Fed uberdove and Chicago Fed President Charles Evans will be kind enough to explain why Versailles Treaty Chicago Fed crates are floating around in Europe (and filled with $6 trillion in supposedly fake bearer bonds)?En clair, si l'on admet facilement que des bons peuvent être contrefaits, on se demande pourquoi des faussaires s'embarqueraient, en plus, dans la contrefaçon de coffres qui appartiendraient au Système de la Réserve Fédérale de Chicago. Dont les autorités compétentes pourraient peut-être se donner la peine d'expliquer pourquoi de tels coffres se baladeraient dans la nature...
Mais poursuivons avec la même info, côté italien.
D'une part, après la saisie, un carabinier du Ros avait déclaré :
Le résultat de cette saisie est incroyablement surprenant, autant pour l’énormité de la valeur des faux bons que pour la facture remarquable des trois coffres...
(Questo è un risultato incredibilmente sorprendente, sia per l’enormità del valore dei titoli di stato falsi, sia per l’accurata manifattura delle tre casse.)Tandis qu'une autre source aurait confié à Reuters :
Les coffres étaient soigneusement contrefaits pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve...
("Le casse erano accuratamente contraffatte per assomigliare il più possibile a quelle della Federal Reserve", ha detto la fonte.)Cherchez l'erreur ! Car vrais ou faux, dès lors qu'ils sont soigneusement contrefaits pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve, cela veut bien dire ce que ça veut dire : que des VRAIS coffres existent, en tous points semblables, et qu'ils sont la propriété de la Fed.
Nous revoici donc au questionnement de départ soulevé par les américains : « Les responsables de la Fed pourraient peut-être se donner la peine d'expliquer pourquoi de tels coffres se baladeraient dans la nature... », et, ajouterais-je, se donner la peine d'expliquer aux béotiens que nous sommes quels sont l'histoire et le cheminement des vrais coffres...
Car lorsque l'on voit ne serait-ce que quelques photos de coffres, coffrets, coffres-forts et tout ce que vous voulez, on se dit qu'ils ont quand même bon dos, les faussaires ! Idem pour les contrefaçons des billets Kennedy, qui n'existent pas officiellement, d'où la question totalement baroque à laquelle personne n'a encore fourni de réponse intelligente ni plausible :
Pourquoi des faussaires iraient-ils jusqu'à falsifier des bons qui n'existent pas, qui n'ont jamais existé, qui n'existeront jamais ! Le faux absolu, en quelque sorte. En déployant des moyens pour le moins extraordinaires, en enterrant des valises, des coffres et des coffrets pendant des décennies, probablement dans l'espoir que le jour où tout cela serait déterré, par le plus grand des hasards, ils seraient enfin universellement reconnus comme les plus grands et plus clairvoyants faussaires de l'humanité.Ou les plus nuls, au choix. Pour tenter ensuite d'aller monnayer ces "faux absolus" auprès de banques et d'établissements financiers de tout premier plan ? Car n'oubliez pas que si la saisie des 6000 milliards a eu lieu en fin d'année dernière, les coffres sont quand même restés pendant près de 5 ans aux mains d'une société fiduciaire suisse, et je doute fortement qu'ils n'ont pas été utilisés pendant tout ce temps pour réaliser quelques opérations frauduleuses. La mafia n'est pas du genre à laisser dormir une telle richesse si longtemps sans rien faire.
Il y a un précédent récent en Italie : en août 2011, dans le cadre de l’opération Artù, les magistrats Sara Ombra et Nicola Gratteri ont saisi à la 'ndrangheta un bon d'une valeur nominale de 870 millions de dollars, émis 50 ans auparavant par ce qui était alors le Crédit Suisse, le 14 août 1961, au nom du dictateur indonésien Soekarno. Soit une opération de 39 milliards de dollars, en sommant les intérêts échus.Or les magistrats italiens écrivaient dans l'ordonnance de saisie :
Même si le Crédit Suisse nous a informé que le titre était faux, nous ne pouvons considérer cette réponse authentique car la banque avait tout intérêt à empêcher qu'il soit négocié. En revanche, les preuves rassemblées durant l'enquête nous portent à croire que le titre est vrai, car, durant les écoutes téléphoniques, aucun des personnages interceptés n'a jamais mentionné qu'il était faux, pas même lorsqu'ils parlaient entre eux, en indiquant au contraire que les établissements financiers impliqués avaient montré un réel intérêt pour négocier le titre, y compris après avoir effectué leurs propres contrôles préliminaires en activant des canaux parallèles pour en vérifier la véracité.Étonnant, non ? Mais ce n'est pas tout, car le journaliste ajoute que l'on peut lire, page 40 de l'ordonnance :
Signalons parmi les sujets concernés l'ex-Administrateur délégué du groupe Unicredit [alors premier groupe bancaire italien], M. Alessandro Profumo, qui aurait également manifesté son intérêt pour négocier le titre, ce qui tend à prouver qu'il en aurait vérifié l'authenticité et l'aurait estimé fiable.Un autre journal, le quotidien Live Sicilia, rajoute que M. Marco Massinelli, considéré comme l'un des meilleurs experts financiers et bancaires d'Europe, vice-président du Banco di Sicilia, dans le giron du groupe Unicredit, est sur écoutes lors d'une conversation avec Salvatore Mancuso, président de ce même Banco di Sicilia, le 3 dicembre 2009 :
M. Massinelli : - je voulais vous tranquilliser sur la question "Artù". J'ai eu aujourd'hui même une nouvelle confirmation sur l’attestation d'authenticité du …Je vous rappelle que la conversation se déroule entre le président d'une banque et son vice-président, pas entre deux ploucs bourrés qui se racontent des brèves de comptoir...
Président Mancuso : - du titre
M. Massinelli : - oui, une véritable post-vérification a été effectuée, à savoir…
Président Mancuso : - avec la banque, avec la banque
M. Massinelli : - oui, une réelle vérification sur l'authenticité du titre
Président Mancuso : - mais eux, il… tu m'avais pas dit qu'il avait été contacté par un avocat pour faire une transaction ?
M. Massinelli : - si, il avait été contacté par plusieurs avocats qui lui avaient proposé plusieurs transactions.
Président Mancuso : - et donc, de toute évidence, il les connaît, ces avocats…
M. Massinelli : - oui, on pourra se faire dire quels sont les noms
Président Mancuso : - il les a rencontrés et donc il les connaît, non ?
M. Massinelli : - oui, ils se sont rencontrés personnellement
Président Mancuso : - OK
M. Massinelli : - OK, d'accord?
Président Mancuso : - Ciao
J'arrête ici mais tout cela ne veut dire qu'une seule chose : que ce genre de titres existent bel et bien, et, par conséquent, qu'un marché existe bel et bien pour ce genre de titres !!!
Car selon le premier journaliste, la bande aurait même refusé une offre évaluée à 45% de la valeur nominale en la jugeant trop basse : pourtant, 45% de 870 millions de dollars, ça fait quand même 391,5 millions $ ! Le corollaire étant que des intermédiaires financiers de tout premier plan seraient disposés à payer une telle somme ... pour un faux titre, cela va de soi. :-)
Certes, il n'est pas donné aux gens du peuple de connaître ni de comprendre ces choses-là, mais comme le dit si justement Beppe Grillo : « Dites-vous bien que tout ce que vous ignorez est vrai... »
Là encore, les américains sont les premiers à réagir en analysant ce passage :
How would Nigeria get Plutonium? Plutonium can only be created in (typically) graphite pile reactors. Nigeria has a small (31KW) commercial miniature neutron source reactor (MNSR) designed by China Institute of Atomic Energy (CIAE).
The whole thing sounds like a Nigerian email money scam.Et en effet, si l'on se penche un peu sur la question, le plutonium, qui a servi pour réaliser la première bombe atomique, est rarement disponible dans les drugstores d'Abuja, mais plutôt produit dans le cœur des réacteurs nucléaires. Or je ne sache pas que le Nigeria soit particulièrement riche en centrales nucléaires. À moins que, là encore, il ne s'agisse de plutonium contrefait par des faussaires fluorescents, vous savez, ces petits hommes verts...
1. la désinformation et la propagande scentifiquement organisées par le pouvoir et complaisamment relayées par les médias sous contrôle :
- Sans devoir remonter bien loin dans le temps, remémorez-vous l'attentat au pape "prophétisé" par un cardinal, que la presse dans son ensemble a liquidé sans le dire explicitement mais en le donnant à penser, qu'il s'agissait d'une info bidon véhiculée par un "journal de gauche" que le Vatican pouvait qualifier à bon droit de "délirante et ne correspondant à aucune réalité" !
Sauf à devoir reconnaître officiellement, dans la foulée, que pour autant qu'elle fût délirante, elle n'en était pas moins vraie...
- Ou encore en remontant un peu plus loin, mais pas trop quand même, cette interrogation prégnante :
Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?
- à ma grande joie, quelqu'un a enfin daigné répondre à la question ci-dessus :
À mon humble avis de simple monsieur-tout-le-monde français, lisant tout ça sur le web : oui.
On ne demande pas aux médias mainstream de relayer tous les procès engagés dans le monde, mais seulement ceux qui, pour une raison ou une autre, présentent un mimimum d'intérêt pour leurs lecteurs. En particulier, les actions "pittoresques" sont à trier avec soin.
Ceci dit, ma soif de comprendre n'est pas épuisée pour autant, car qui décide qu'une saisie de 6000 milliards de faux bons n'est pas du tout pittoresque et digne d'être relayée sans la moindre analyse, tandis qu'un tel procès (parmi tant d'autres...) est tellement saugrenu qu'il ne vaut même pas la peine d'en parler ?
Je n'ai jamais songé entrer dans le mérite du bien-fondé de ce procès ou pas, je constate juste qu'il existe, et que le simple fait qu'il existe est une info en soi. Au moins autant que la saisie des 6000 milliards de soit-disant faux bons. Donc pourquoi claironner l'un, et taire l'autre ? Sur quels critères ? Purement numériques : 6000 milliards, oui ; 1000 milliards, non ? Décidés par qui, et pourquoi ?
Car si l'on fait abstraction un seul instant des incohérences nombreuses qui entourent ces affaires, au point de suggérer qu'il pourrait s'agir de gigantesques bidonnages, il n'en reste pas moins une demande centrale, cruciale :
Et tout ce qui en découle : histoire, origines, causes, implications, parcours, etc. etc.
Autant de questions que je me pose avec insistance depuis juin 2009, même si je n'ai pas encore obtenu de réponses catégoriques, sûres, transparentes, faisant autorité. Certains disent oui, certains disent non, et entre les deux des millions de personnes n'en savent foutrement rien. Moi y compris. D'après tous les éléments que j'ai pu rassembler (ceci est mon 27e billet sur le sujet), je suis fortement enclin à croire qu'ils existent, mais je n'en ai pas encore la preuve certaine, juste des indices. Un bon nombre d'indices, à vrai dire.
Pourtant ce qui me chagrine le plus, dans cette histoire, c'est moins de ne pas avoir de réponses, que de constater à mon corps défendant que la majorité de mes concitoyens ont renoncé depuis longtemps à se poser les vraies questions. Et pas seulement sur ces affaires, loin s'en faut. Ils préfèrent simplifier jusqu'à la caricature, pérorer des lieux communs, plutôt que tenter l'approfondissement, le discernement, la dialectique, la critique constructive, et ainsi de suite.
Or en démocratie, les citoyens ne doivent jamais cesser de s'interroger et de questionner le pouvoir, sur ses mensonges, ses tromperies, ses manipulations, ses corruptions, voire ses crimes, etc.
En démocratie, les citoyens ne doivent jamais cesser d'interroger les médias et leur demander des comptes pour avoir vendu leur indépendance - leur âme - au plus offrant.
Y renoncer, c'est renoncer à la démocratie.
Avec toutes les conséquences qu'on a sous les yeux aujourd'hui...
February 18 2012
Opération "Vulcanica", saisie de 6000 milliards de dollars
Plus précisément, 5973 bons d'une valeur faciale de 1 milliard $ chacun, provenant de la Federal Reserve Bank de Chicago, Illinois.
Selon les enquêteurs, ces bons auraient été à la disposition du clan mafieux Quarantino-Martorano. Huit personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'opération, dont une première saisie réalisée en 2010, de deux chèques tirés sur la banque HSBC de Londres, d'une valeur de 200000 livres sterling, avait conduit les enquêteurs au domicile de deux suspects où ils découvrirent les 4 premiers bons. Tout cette affaire ayant débouché sur l'actuelle saisie de ces 3 coffres.
Comme dans l'histoire de Chiasso, les autorités fédérales et bancaires américaines se sont empressées de déclarer que tout cela était faux et archi-faux... Sauf à tenter de les récupérer contre espèces sonnantes et trébuchantes pour éviter qu'il n'y en ait trop en circulation ! Ce n'est pas moi qui le dis, mais les autorités judiciaires italiennes, selon cet article de Repubblica :
Il ressort de la documentation acquise par les juges, que l'une des personnes arrêtées, Francesco Travaini, 61 ans, jugé comme un personnage majeur dans le cadre de l'enquête, avait déjà entamé des négociations « avec certaines autorités américaines qui n'ont pas été identifiées » (c'est écrit dans les actes) pour la vente des faux titres. Puisqu'il semble que les États-Unis, probablement en ayant été informés de l'existence de ces bons avant qu'ils ne soient saisis, se seraient montrés intéressés pour les récupérer afin qu'ils ne soient pas mis en circulation. Un avocat aurait servi d'intermédiaire dans cette opération, qui n'a pas été finalisée.Nous revoici donc à la case départ ! Car tous ces bons contrefaits, comme d'hab, ne sont pas seuls mais contenus dans des coffres, des sous-coffres, des armoires, etc. etc.
Dalla documentazione acquisita dai magistrati, è emerso che uno degli arrestati, Francesco Travaini, di 61 anni, ritenuto personaggio di rilievo dell'inchiesta, aveva avviato trattative "con alcune non ben individuate autorità americane" - è scritto negli atti - per la vendita dei titoli fasulli. Gli States, infatti, avendo forse saputo ancor prima del sequestro dell'esistenza dei bond taroccati, avrebbero mostrato interesse a venirne in possesso per evitare che fossero messi in circolazione. Intermediario dell'operazione, non andata in porto, sarebbe stato un avvocato di Milano.
Et tous ces faussaires à l'imagination débordante ont vraiment fait fort, comme les coffres du même nom. Je suis en train de vous concocter une petite série de photos de ma collection, vous m'en direz des nouvelles...
Coffre qui serait "soigneusement contrefait, pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve" ... (Le casse erano accuratamente contraffatte per assomigliare il più possibile a quelle della Federal Reserve).À comparer avec ces autres "mother boxes" (via ZeroHedge) :
ou :
P.S. Commençons par la saisie relatée aujourd'hui, où l'on retrouve la fameuse série du Traité de Versailles :
Rappelez-vous, encore des valises, et des boîtes, et des coffres :
(et il y en a des valises...)
Ou d'une boîte dans un coffret ?
qui contient sous le Sceau des États-Unis
6 boîtes avec sur chaque tranche les n° de série et la composition de la boîte (généralement 250 bons, d'une valeur nominale soit de 1 milliard $ soit de 500 millions $ chacun)
avec au recto de chaque boîte l'inscription : Federal Reserve Bonds - Series of 1934 - Treaty of Versailles
Mais encore (source) :
Ce dernier me faisant penser au coffre chinois (numéros de série effacés par mes soins) :
Impressionnants, ces faussaires, non ?
February 15 2012
Le Vatican, un paradis ... fiscal !?
Par conséquent, hier j'ai été heureux de lire cet article de Flora Zanichelli sur Rue89, intitulé « Au Vatican, on ne lave plus son linge sale en famille », dans lequel elle fait un peu le tour de la question et s'attaque au coeur du problème, l'argent, en citant un extrait d'article publié le 9 février dernier sur l'hebdomadaire L'Espresso :
Au mois de novembre dernier, sept inspecteurs de Moneyval, l'organisme international de contrôle des mesures antirecyclage, sont venus au Vatican. L'examen a imposé des modifications encore plus restrictives aux lois vaticanes […]. Parmi lesquelles la faculté pour l'Aif [Autorité d'information financière créée il y a un an pour permettre l'entrée du Vatican dans la “ white list ” des Etats, avec les plus hauts standards d'exactitude et de transparence dans les opérations financières, ndlr] d'inspecter chaque opération de n'importe quel institut lié au Saint-Siège, IOR et Gouvernorat compris [...].C'est moi qui graisse. Un passage à mettre en relation avec ce que je vous disais dans mon premier billet :
« Ça fait plus de 30 ans que la banque du Vatican lave plus blanc que blanc l'argent sale de la mafia et de la corruption politique, c'est historiquement et judiciairement prouvé avec une littérature à n'en plus finir, d'abord sous la gestion Marcinkus, puis De Bonis, et jamais elle n'a collaboré avec les autorités italiennes, au point qu'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, avait laissé échappé toute son amertume à la lecture du livre de Nuzzi, en déclarant que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican :Car tout le problème est là : l'argent !Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...Aujourd'hui, c'est un autre juge, Luca Tescaroli, qui renchérit :
Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.Le IOR a une grande responsabilité vis-à-vis de certains événements, et notamment dans le meurtre de Roberto Calvi...Calvi qu'il fallait d'urgence réduire au silence... »
Lo Ior ha un grande debito nei confronti di determinati eventi e fra questi anche l’omicidio del banchiere Roberto Calvi.
Déjà il apparaissait clairement que le Vatican n'avait aucune intention de collaborer avec une quelconque autorité judiciaire "étrangère" pour tous les événements qui se sont produits avant avril 2011. Du reste des enquêtes sont actuellement en cours, toujours pour des questions de blanchiment dans lesquelles le IOR et nombre d'ecclésiastiques sont impliqués ! Donc le projet de loi "de réforme" actuellement en dicussion vise vraisemblablement à se protéger pour l'après avril 2011, et faire ainsi en sorte que le Saint-Siège puisse rester longtemps encore cette formidable machine à laver plus blanc que blanc (je vous le disais, les atomes crochus avec Silvio...), lavomatique si pratique pour toutes les mafias et les corrompus/corrupteurs de toute la planète, mais surtout d'Italie...
Ce que démontre parfaitement l'avis du professeur Giuseppe Dalla Torre, président du Tribunal de la Cité du Vatican, qui sera mis en ligne aujourd'hui, sur le site du quotidien Il Fatto quodiano, le journal qui a sorti l'affaire et n'est décidément pas avare de scoops en ce moment, puisqu'il nous informe aussi d'une lettre signée par le Cardinal Attilio Nicora, président de l’AIF, l’Autorité d'information financière créée par le Vatican pour lutter contre le blanchiment et tranquilliser la communauté internationale, qui lance l'alarme, une de plus ! Je vous en traduis les extraits publiés par le journal (voir l'orginal italien en P.S.) :
Observons que la nouvelle version du projet de loi réforme en totalité la structure institutionnelle du système de lutte contre le blanchiment au Vatican, en redéfinissant les rôles et des compétences de l'AIF et en modifiant ce qui avait été présenté aux inspecteurs de Moneyval en novembre dernier. Remarquons en outre que le texte de la loi actuellement en vigueur avait été convenu avec la Commission européenne au moment où il a été adopté et, en dernier lieu, qu'il a fait l'objet d'une vérification positive par la Commission mixte UE - État du Vatican, prévue par la Convention monétaire signée le 17 décembre 2009 entre l'État du Vatican et l'Union européenne.
Donc, dans cette affaire, les aspects inhérents à l'opportunité de modifier la loi, vis-à-vis de la communauté internationale, et aux risques encourus par le Saint-Siège en termes de réputation si nous adoptons des initiatives susceptibles de s'avérer incompatibles avec l'approche précédente, déjà vérifiée dans son ensemble, ne doivent surtout pas être négligés. (...)
Car l'intervention générale sur la loi qui se dessine à présent pourrait bien être considérée, vue de l'extérieur, et quand bien même à tort, comme un « pas en arrière » par rapport au chemin entrepris jusqu'à présent.(...)
Par ailleurs, pour ce qui concerne de plus près l'AIF, une première lecture rapide du projet de loi met en évidence ce qui suit, tout d'abord en faisant justement ressortir le rôle prépondérant du Secrétariat d'État en tant que responsable des politiques du Saint-Siège en matière de lutte contre le blanchiment d'argent, Secrétariat avec qui l'Autorité d'information financière doit entretenir des relations s'inspirant à une transparence et une collaboration absolues, compte tenu de son rôle de coordination nécessaire.
À suivre...
P.S. Original :
Va dunque osservato che la nuova versione della legge riforma in toto l'assetto istituzionale del sistema antiriciclaggio vaticano, ridefinendo compiti e ruoli delle Autorità e modificando l'impostazione illustrata in sede di verifica Moneyval. Si consideri, inoltre, che il testo della legge ora vigente era stato concordato con la Commissione europea all'atto della sua emanazione e, da ultimo, è stato oggetto di positiva verifica nell'ambito della Commissione mista Ue - Stato della Città del Vaticano, prevista dalla Convenzione monetaria tra lo Stato della Città del Vaticano e l'Unione europea del 17 dicembre 2009.
Non va trascurato, in tutta questa materia, l'aspetto attinente ai profili di opportunità verso l'esterno e al rischio reputazionale a cui può andare incontro la Santa Sede adottando iniziative che potrebbero rivelarsi non coerenti con l'impostazione già apprezzata nel suo complesso.(...)
L'intervento generale sulla legge che sarebbe ora operato potrebbe essere visto all'esterno, anche se erroneamente, come un ‘passo indietro’ rispetto al cammino sin qui percorso.(...)
Per quanto poi riguarda specificatamente l'AIF, da una prima veloce lettura del contenuto della bozza balza evidente quanto segue: - da un lato, giustamente viene evidenziato il ruolo preminente della Segreteria di Stato quale titolare della politica antiriciclaggio della Santa Sede, con la quale questa Autorità deve rapportarsi con assoluta trasparenza e collaborazione, consideratone il necessario ruolo di coordinamento.
February 11 2012
Le journalisme sérieux existe-t-il encore ?
Tout spécialement écrit à l'intention de celles et ceux qui se prétendent journalistes et qui ne sont pas plus journalistes que je suis banquier moi-même.
Car voici maintenant ± 24 heures que le scoop a été publié, et j'avoue que les échos dans la presse donnent de sérieux indices sur la déliquescence du journalisme actuel !
Il n'est que de voir les résultats dans Google, une cinquantaine de journaux de langue française en ont parlé, mais à part quelques tièdes exceptions, seul le titre change. Sinon c'est partout la même soupe : pratiquement un copier-coller où sont mis en opposition de façon subreptice, d'un côté le "journal de gauche" qui a sorti l'info, de l'autre le Vatican qui qualifie ladite info de "délirante et ne correspondant à aucune réalité" !
Donc avec un tel postulat de départ, il est clair que le soit-disant scoop c'est du n'importe quoi, encore un coup de complotistes-conspirationnistes à la con ! Entre de minables gauchistes et Sa Sainteté, y a pas photo messieurs-dames. Emballez, c'est pesé, à la prochaine...
Non sans ajouter dans la foulée que même si la note était vraie elle n'était pas sérieuse, et que donc elle n'avait pas été prise au sérieux : nous n'en sommes plus à une pirouette près...
Ces gens-là sont aussi menteurs que Berlusconi (ça doit d'ailleurs être pour ça que la soutane et lui ont tant d'atomes crochus).
Car si une telle note, "strictement confidentielle", est délirante et pas sérieuse, alors pourquoi la faire remettre en mains propres au pape par un cardinal ? Et le journaliste auteur du scoop, Marco Lillo (qui a reçu pas plus tard que la semaine dernière l'un des prix journalistiques plus prestigieux d'Italie...), s'interroge dans l'édition d'aujourd'hui :
Surtout pourquoi accompagner la note des annotations manuscrites suivantes :Oui pourquoi ? N'était-ce pas une note "délirante et ne correspondant à aucune réalité" ?
- Avec qui Romeo a-t-il parlé ? (Con chi ha parlato?)
- Qu'a-t-il réussi à obtenir ? (Cosa è riuscito a ottenere?)
- Quelles informations a-t-il communiqué sur le Vatican et le gouvernement chinois ? (Che cosa ha informato con riguardo al Vaticano o al governo cinese?)
- Quels sont les intérêts des chinois en Sicile ? (Che interessi hanno i cinesi in Sicilia?)
- Où logeait-il en Chine ? (Dove ha loggiato in Cina?)
Et Lillo de conclure qu'il sait de source sûre que non seulement la note en question n'a pas été mise à la corbeille, mais que le mois dernier elle a été discutée en audience privée entre le pape et le cardinal Dario Castrillón Hoyos, destinataire - sinon auteur - de cette lettre "strictement confidentielle".
Donc pourquoi le lectorat francophone ne peut-il trouver ne serait-ce qu'un putain de journaliste sérieux qui s'empare de l'enquête pour essayer d'y voir plus clair ?
C'est bien gentil les faux aspirants Albert Londres de continuer à déléguer aux blogueurs la tâche d'informer sérieusement le public, comme toujours, mais pourquoi ne pas essayer de temps en temps de faire correctement votre boulot ?
Je suis persuadé que la démocratie y gagnerait, même s'il est probable que la chose ne vous touche guère. Vous me gonflez, tiens !
February 10 2012
Le pape doit mourir !
On le doit tous, vous me direz. Tôt ou tard. Mais le scoop publié aujourd'hui par le journal Il Fatto Quotidiano (un peu l'équivalent italien de ce que serait un Mediapart version papier, pour vous situer) est de ceux qui secouent l'actualité : un complot pour assassiner Benoît XVI serait révélé dans une note datée du 31 décembre 2011, signée par le cardinal Castrillón qui relate des confidences de l’archevêque de Palerme, Paolo Romeo, recueillies à son insu en marge de la visite effectuée par le pape en Chine, en novembre l'année dernière, et annonce même le nom du successeur : le cardinal Scola !
D'ailleurs ça bouge en ce moment du côté de place Saint-Pierre, dans le droit fil de Vatican SA, si l'on en croit les récentes enquêtes de l'auteur du livre, Gianluigi Nuzzi, qui vient de consacrer deux émissions de sa série, “Les Intouchables” aux opérations peu catholiques du IOR, la banque du Vatican, après que l'actuel nonce apostolique aux États-Unis, ex-numéro 2 du Gouvernorat de la Cité du Vatican, Monseigneur Carlo Maria Viganò, ait adressé une lettre au pape en personne, dans laquelle il dénonçait des malversations et de la corruption dans la gestion du patrimoine du Saint-Siège, suite à quoi il fut immédiatement nommé à Washington fin 2011.
Or on ne peut qu'observer la coïncidence temporelle entre la note "strictement confidentielle" et la promotion-punition de Monseigneur Carlo Maria Viganò : dernier trimestre 2011.
Quant aux dénégations véhémentes du Saint-Siège, elles sont à peu près aussi convaincantes que celles d'un prêtre pédophile jurant ses grands dieux qu'il n'aime les gosses que pour leurs beaux yeux...
Ça fait plus de 30 ans que la banque du Vatican lave plus blanc que blanc l'argent sale de la mafia et de la corruption politique, c'est historiquement et judiciairement prouvé avec une littérature à n'en plus finir, d'abord sous la gestion Marcinkus, puis De Bonis, et jamais elle n'a collaboré avec les autorités italiennes, au point qu'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, avait laissé échappé toute son amertume à la lecture du livre de Nuzzi, en déclarant que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican :
Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...Aujourd'hui, c'est un autre juge, Luca Tescaroli, qui renchérit :
Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.
Le IOR a une grande responsabilité vis-à-vis de certains événements, et notamment dans le meurtre de Roberto Calvi...Calvi qu'il fallait d'urgence réduire au silence...
Lo Ior ha un grande debito nei confronti di determinati eventi e fra questi anche l’omicidio del banchiere Roberto Calvi.
Avec au centre de ces nouvelles affaires, en point de mire, l'actuel Secrétaire d'État, le cardinal TarcisioBertone, dont la relation avec le pape est jugée "conflictuelle" : sous le sceau de la confidentialité, le cardinal Romeo aurait avoué que Benoît XVI "hait littéralement" l'ami Tarcisio et qu'il le virerait volontiers...
Ambiance à Saint-Pierre !
Crédit photo : mon fils :-)
P.S. Je pense que j'aurai l'occasion de revenir sur cette histoire...
January 28 2012
Omo Micro Tutti rikiki maousse costo !
« Je suis en train de rédiger un livre blanc sur la "gamification" (mot dont j'ai horreur, soit dit entre nous, mais ludification ne change pas grand chose).
Or en réfléchissant à la manière d'articuler mes idées, je me suis dit qu'il serait bon de trouver des exemples de gamification avant l'heure, pour expliquer que l'introduction de l'aspect ludique dans des situations réelles n'a pas attendu l'apparition du terme pour exister.
Et en bon traducteur j'ai d'abord pensé à "jouer sur les mots", et la première chose qui m'est venue à l'esprit a été la fameuse pub OMO Micro (Tutti rikiki maousse costo !), qui a marqué les esprits en mettant en scène des chimpanzés parlant le poldo-moldave :
Puis en poursuivant mes recherches, je tombe sur la déclaration d'un mec qui assure le plus sérieusement du monde que la loi Toubon avait obligé les créatifs à traduire le polod-moldave en français, juste avant de découvrir la personne qui a inventé tout ça !!! Explications ici.
Elle s'appelle Dominique Cozette.
Elle tient un blog (désopilant), je la contacte, et elle dément catégoriquement l'info, qui s'avère n'être qu'une intox :
Ce langage, ... inventé par moi, a demandé beaucoup de force de persuasion pour que le CSA (je crois qu’il s’appelait autrement à l’époque) l’accepte mais, une fois que l’accord a été reçu, nous n’avons subi aucune pression.
Je vais quand même essayer de contacter Ph. Legendre pour qu’il arrête de colporter ce genre d’infos. Ça la fout mal quand on est dans un institut de recherche !Monsieur Legendre, si vous nous lisez...
Ceci dit, en pensant que l'occasion était trop belle pour ne pas être saisie, je lui propose de l'interviewer, et très gentiment elle accepte.
Voici donc ses 10 réponses à mes 10 questions !
1. Lorsque l'on cause poldo-moldave, quelle est l'étymologie du terme, et notamment du préfixe. Pourquoi moldave certes, mais aussi et surtout, d'où vient le "poldo" ?Car en italien, même si on ne le rencontre pas dans les dictionnaires, "poldo" a un peu le même sens que "wimpy" en anglais, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'en italien l'ami de Popeye, le Gontran français, s'appelle Poldo. Du reste, l'homophonie rappelle un peu "poltron", qui vient de l'italien, et avec le même sens.
Le terme poldomoldave s’est imposé à moi comme un bout de mélodie à un compositeur. Il fallait juste donner un nom à ce langage pour éviter de dire “le charabia des singes” ce qui n’était pas très fun.2. En faisant des recherches sur le poldomoldave, j'ai découvert que le langage avait d'abord été appliqué à des humains, mais que les résultats testés sur le public avaient été décevants. Les singes ne sont arrivés que dans un deuxième temps. Extrait :
« Les créatifs, en voyage au Maroc, se rendent compte qu’ils comprennent presque mot pour mot les pubs lessivières marocaines, pourtant en arabe. Et pour cause, les mécaniques sont strictement les mêmes que celles des pubs françaises ! D’où l’idée d’inventer un nouveau langage qui pasticherait le langage traditionnel des ménagères. Le langage est inventé et appliqué à des humains. Les tests sur dessins animés fonctionnent très bien, et les films sont produits. Mais l’étape suivante est surprenante : les films de nouveau testés, s’avèrent décevants. Les consommatrices estiment qu’on les ridiculise avec un pareil langage. Confrontés au choix de devoir renoncer ou d’aller plus loin, annonceur et agence décident de pousser la logique à son terme et proposent de conjuguer ce langage avec des chimpanzés. Le principe est simple : les singes doivent reproduire les situations quotidiennes qu’on trouve généralement dans des pubs lessivières « banales » et imiter scène pour scène les mécaniques traditionnelles de ces dernières. »
Est-ce que cette chronologie est juste ? Dans ce cas, est-ce que les mécanismes de création du néolangage ont été modifiés en passant des humains aux singes, ou est-ce que ça n'a absolument rien changé d'un point de vue créatif, notamment pour les campagnes successives ?
Un peu déformé : en voyant un film de lessive egyptien lors d’un festival et comprenant l’histoire, je me suis amusée à faire un pastiche de film lessive pour Omo, d’autant que le “client” était toujours en train de nous réclamer un nouveau “langage” (sens large = nouveau style) pour ce genre de produit.
Je lis mon idée au directeur de création et aux responsables, ils sont écroulés de rire, et moi qui croyais juste faire un gag, je le raconte ensuite au client, complètement emballé. On fait le story board, tests OK, puis l’animatic, test OK. Puis on réalise. Le premier film est réalisé par Jean-Michel Ribes, casting excellent, mais au final, on n’est pas convaincus. L’agence prend sur elle de le faire refaire par Pascal Thomas. Même déception... Je suis mal à l’aise, ça cloche.
Mais miracle ! le client nous annonce que de toute façon, on ne le passe plus car ils vont lancer Omo Micro. Et là, il faut frapper fort car Omo est très mal. Et c’est ma directrice artistique (on travaille toujours à deux), qui va trouver l’idée du singe (un gorille) pour signifier “maousse costo”. Le test marche super bien. On passe au film et donc, on change les humains par des singes et là, bingo ! Ça devient une vraie idée forte.
Les ménagères testées ont toujours été enthousiastes sur l’idée car c’est l’homme, et non la femme, qui lave le linge et elle se projettent dans le couple.3. À propos de la mécanique créative, pourriez-vous détailler un peu la manière dont ça se passait : un story-board en amont avec des contraintes de communication, le message doit être celui-ci et pas celui-là, un parcours extrêmement balisé, ou bien les choses étaient-elles davantage laissées à votre imagination et capacité d'inventer les situations et les dialogues ?
À partir du brief, la création est entièrement faite par les créatifs. La création commence par des scripts. Si elle est acceptée (il peut y avoir plusieurs idées), on fait un story-board, soumis au client. S’il est accepté, après test souvent, il peut y avoir un animatic ou, moins cher, un board filmé avec des voix qui disent le texte.
Le langage, par rapport aux humains, s’est simplifié, non pas à cause des singes, mais par une remise en question permanente : ça doit être simple, assez compréhensible et mémorisable. C’était même plus facile qu’en français car personne ne se risquait à me proposer des mots.4. Sur la création des mots et des phrases, pourriez-vous être plus précise sur leur formation d'un point de vue technique : mix de préfixes-suffixes, d'anglais phonétisé, d'onomatopées, etc. Y a-t-il une retranscription "officielle" des campagnes quelque part (vu les différentes possibilités de les orthographier) ?
Je faisais ça un peu au pif, j’ai écrit beaucoup de chanson, je trouve des idées facilement, ça se faisait comme ça. Je me suis créé un carnet de mots possibles. Dès que j’entendais un mot en argot, ou familer, ou rigolo, je le consignais pour avoir des réserves au long de la campagne. La grammaire est très limitée. C’est un langage enfantin et surtout, il se rapporte à une situation concrète. Quand les variétés de la gamme se sont sophistiquées, il était impossible de les traduire, comme les parfums, les diffuseurs de je ne sais quoi... Une voix-off le disait en français.
Je n’ai plus les textes mais si vous avez le courage de retranscrire des films, je veux bien les corriger.5. Vous m'avez confié dans un précédent message que cette campagne avait reçu beaucoup de prix, "notamment celui de la meilleure contribution à la langue française par Bernard Pivot !". Avez-vous connaissance d'études ou de thèses universitaires qui l'ont analysée ? Y a-t-il des liens sur le Web ?
J’ai reçu beaucoup d’étudiants qui faisaient leur thèse sur ce sujet. Mais vu le temps que ça me prenait, en plus je faisais des copies pour les images, et sachant que pas un étudiant ne m’a envoyé sa thèse, j’ai tout refusé l’année d’après. Donc, je ne sais pas. Il y a eu le grand prix Effie, voir sur le lien, qui raconte l’historique de la marque le dernier paragraphe qui concerne les prix notamment.
Un livre du premier grand prix Effie reprend les campagnes primées cette année là et détaille sur un chapitre entier la stratégie de cette campagne. Tapez aussi “Omo Micro” sur Google et vous aurez plein de vidéos des films.6. Selon différentes études que j'ai pu trouver sur Internet, toutes s'accordent à reconnaître qu'à la fin des année 80 Omo était une marque vieillissante, en perte de vitesse et qui arrivait un peu à la traîne des lessives concurrentes, notamment Ariel et Skip. Or les campagnes successives des chimpanzés polodomoldaves ont complètement - et durablement - retourné cette situation, puisque la saga en 5 épisodes a été un succès incomparable à tous les niveaux : image rajeunie de la marque, capital sympathie renouvelé, retour des parts de marché aux niveaux de 10 ans auparavant, +25% de ventes entre 1990 et 1993, etc. Mais surtout, en termes de perception auprès du public, un accueil incomparable qui a laissé loin derrière toutes les autres publicités, un "vrai tabac" selon vos propres mots (voir la partie "Souvenir spontané / Publicité préférée" dans l'étude).
Donc pourquoi l'aventure s'est-elle arrêtée si vite ? En avez-vous conçu de l'amertume ? Et compte tenu des formidables répercussions pour Lever, penez-vous que votre travail ait été reconnu à sa juste valeur ?
Il faudrait que vous trouviez le bouquin de l’Effie.
Ça a duré plusieurs années et il y a eu beaucoup de films, souvent des petites séries de 5/6 films différents, dont une série dans un vrai décor de ville avec des voix qui étaient + proches des voix humaines ordinaires. Puis il y en a eu un, génial je trouve, où les singes, 2 amoureux, font du tandem dans la campagne normande en fleur tandis que la voix de Mireille (pas Mathieu) chante “le petit chemin qui sent la noisette”.
Les films Omo, ça va, on en a fait suffisamment pour être satisfaits. Ça devenait de + en + difficile car le budget diminuait. La faute au succès : pour un film Omo, il fallait passer 7 fois une autre marque de lessive pour le même taux de notoriété. Résultat : un plus petit budget suffisait.
Et puis les lessiviers ne cessent d’inventer des trucs pour surenchérir, des trucs techniques qui n’ont déjà aucun sens en français, alors en poldo-moldave !Oui, Lever a toujours applaudi cette campagne. J’ai su, longtemps plus tard, qu’ils avaient donné une énorme prime à l’agence pour nous récompenser. Or, cette prime (énorme !) est restée dans les poches des chefs...7. En fait, face à un succès de cette ampleur, il est difficile de comprendre pourquoi tout s'arrête si brusquement. J'ai visité le site "institutionnel" d'OMO, qui a l'air de se porter comme un charme, soit dit en passant, or je n'ai trouvé aucune trace du "charabia des singes". À votre connaissance, le groupe Unilever en parle-t-il quelque part sur ses sites ? Dans la négative, quelle est votre explication sur ce "silence" ?
Ça n’a pas été brutal, ça a shunté doucement vers l’arrêt. En même temps, l’agence fusionnait, c’était la crise dans la pub, les marques coupaient les budgets et Lever a regroupé des marques moyenne et bas de gamme dans une même création. Donc tout était à remettre à plat puisque la création devenait internationale. Adieu les singes. Le budget est partie à Londres. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui.
Ce n’est pas Omo qu’il faut chercher, mais Omo Micro, c’est la marque avec les singes.8. Pensez-vous qu'il serait possible de répéter une telle réussite : nouvelle langue, nouveaux personnages, nouvelles situations, nouveaux produits, etc. ? Ou bien selon vous le poldomoldave est destiné à rester un OVNI dans le panorama publicitaire français et mondial (puisque selon vous les tentatives de traduire ça approximativement en “poldomolve US” n'ont pas été concluantes) ?
La pub a complètement muté aujourd’hui. Comme tout. Il n’y a plus de construction d’image de marque, la qualité ou l’affectif ne sont plus des critères de choix, les supports se sont démultipliés, on n’est plus captif devant un écran de pub. Les idées sont délaissées par rapport aux possibilités techniques infinies. Non, je ne crois pas que ce soit renouvelable de cette manière, car on avait cassé un code, à l’époque. Ça avait sidéré les gens qui ne savaient trop que penser du premier spot. C’est la grosse vague d’abribus, un singe superbement photographié dans différentes tenues “sales” , en abribus, qui a enfoncé le clou. Les gens (les autres lessiviers compris) se sont dit : ça,c’est une vraie campagne de pub.
Aujourd’hui, on fait plutôt des coups. C’est du court terme. Omo, contrairement à vos souvenirs, ça a duré plusieurs années, elle s’est ancrée dans l’esprit des gens : c’est par sa durée aussi qu’elle est devenue culte. Je ne sais pas s’il y a quelque chose à révolutionner aujourd’hui mais je me trompe forcément, un jour on va voir un truc énorme arriver ! Ou pas.9. Vous précisiez dans un de vos précédents messages que vous avez été « la seule personne, aussi bien à l’agence que du côté Lever, à avoir travaillé sur cette campagne Omo du début à la fin ». J'imagine pourtant que certaines décisions ont été prises en équipe, qu'il a dû y avoir des séances de brainstorming pour identifier les thèmes, etc. Ou cette solitude a-t-elle été une condition sine qua non à la réussite du processus créatif ? Ceci dit, en amoureux des mots, je suis persuadé que les gens qui font mon métier - traductrices et traducteurs de tous poils dont les mots sont la matière première -, doivent être envieux face à vos capacités créatives. Peut-être voudrez-vous rajouter un conseil, un dernier mot à leur intention...
La seule, je ne voulais pas dire solitaire. Mais il y a du turn-over énorme chez l’annonceur et à l’agence et j’étais toujours face à de nouveaux interlocuteurs. Même les directeurs de mon agence ont été remplacés, même ma directrice artistique qui a fait partie d’une charrette. J’étais (je suis) la seule personne à connaître l’historique de cette aventure de bout en bout. J’étais devenue l’experte car j’avais tout vécu, même les résultats des études puisque avant d’être créative j’étais psychologue puis chargée d’études. Peut-être cela m’a t-il bien aidée puisque je pouvais préjuger des résultats des tests et en discuter avec les responsables.
Il n’y avait pas de séances de brainstorming sur cette marque puisque son domaine, sa cible, son expression étaient établies. Il y en avait peut-être chez l’annonceur pour créer de nouvelles gammes, avec de nouveaux parfums, je ne sais pas...
En tout cas, c’était toujours pareil : le client donne le brief aux commerciaux agence avec les avantages produit, les plus. Eux le transforment en brief créatif : “que doit-on communiquer” et hop, on se met au travail mon directeur artistique et moi. C’était très simple.
Pas de conseil à donner, non. Les gens qui aiment les mots sont riches et chacun gère sa richesse comme il veut.10. Nous voici arrivés au terme de ce questionnaire. Souhaitez-vous mentionner autre chose en rapport avec cette formidable aventure, quels sont les souvenirs que vous en gardez, positifs et/ou négatifs ? Et toute cette histoire a-t-elle été à l'origine de rencontres humaines qui vous ont marquée ? A-t-elle influé la suite de votre parcours ?
Ce fut une très belle aventure car elle montre que, quel que soit le domaine traité — et Dieu sait que personne ne voulait faire de création pour les lessives — il y a toujours moyen de le faire de façon créative. Mais, et c’est essentiel, il y a eu conjonction de gens intelligents : un directeur de création et des commerciaux qui y croyaient, des clients qui ont tout de suite senti l’idée, même le grand patron d’Unilever qui n’a pas une fois hésité à lancer la campagne. Et puis des acheteurs qui, par sympathie, achetaient le produit.
Ce n’est que du positif. J’ai rencontré des singes extrêmement attachants, je ne plaisante pas, je les revoyaient, ils vieillissaient, j’en ai connu bébés, on les retrouvait jeunes adultes. J’étais bien considérée car ça me “posait” tout de suite et c’est important dans le boulot quand on est pris au sérieux. J’ai eu des interviews sympas, des articles un peu partout, on a fait un disque aussi (mais il n’est pas sorti à cause de la bêtise d’un commercial). Et puis les tournages à Los Angeles, ça c’était top. Plus tard, on a fait venir les singes en France et à Prague, c’était à chaque fois des aventures hors normes avec des gens très sympas. C’est le meilleur souvenir de ma carrière publicitaire.Dominique Cozette, je vous remercie vivement d'avoir bien voulu répondre à ces quelques questions, et soyez assurée de mon admiration pour la créativité dont vous avez su faire preuve.
January 19 2012
January 03 2012
[VIDEO] Le journal, ça faisait moins mal
Regardez-donc ce qui peut arriver, lorsque l’on embête son frère lorsqu’il joue, ou –revons un peu– lorsqu’il lit sur son iPad :
…Le journal, ça faisait moins mal.
[VIDEO] Le journal, ça faisait moins mal publie sur: L'Observatoire des Medias
Rtbf.be n’est pas un concurrent déloyal de la presse écrite: un blanc-seing pour France Télévisions?
Depuis plusieurs années, la question du périmètre légitime des activités des radiodiffuseurs publics secoue de nombreux paysages audiovisuels européens. Plusieurs outils sont apparus afin d’encadrer ces nouvelles activités : « public value test » et « market impact assessment » au Royaume-Uni, « Drei-Stufen-Test » en Allemagne, … Il s’agit d’ailleurs d’un des thèmes les plus discutés de ces dernières années au sein de l’EPRA, la plate-forme qui réunit tous les régulateurs audiovisuels européens.

En Belgique, c’est une variante de ce débat qui agite le secteur des médias, puisque ce sont moins les radiodiffuseurs privés qui se plaignent de la concurrence du radiodiffuseur public que… la presse écrite ! Suite à la décision de la RTBF de se rebaptiser rtbf.be en janvier 2010, les principaux titres de la presse belge francophone, réunis au sein de la société Journaux Francophones Belges (JFB), avaient saisi début 2010 le tribunal de commerce de Charleroi afin qu’il ordonne la cessation d’une grande partie des activités de la RTBF sur son site internet (mais aussi sur les réseaux sociaux et sur ses blogs) sous peine d’une astreinte de 10.000 € par jour et la cessation de toute exploitation publicitaire de ses sites internet, sous peine d’une astreinte de 10.000 € par infraction constatée.
Leurs arguments principaux étaient les suivants :
- les activités la RTBF sur les nouveaux médias ne relèvent pas de ses missions légales (qui sont de faire de la radio et de la télévision) mais sont aujourd’hui développées à un point tel qu’elles constituent au contraire des activités de « presse écrite en ligne » ;
- dès lors que ces activités sont financées par une dotation publique, la RTBF se livre donc à une utilisation illégale de cette dotation;
- cette situation crée en outre une distorsion de concurrence au détriment des JFB, « dès lors que l’argent de la collectivité permet aux médias subventionnés d’offrir un accès gratuit à leur plate-forme en ligne, d’augmenter ainsi le nombre de visites de leur site, voire de pratiquer un dumping sur les pratiques de publicité en ligne, et partant d’impacter à leur profit la répartition des recettes publicitaires ».
Les JFB estimaient par ailleurs que ces activités de la RTBF violaient les dispositions européennes en matière d’aide d’Etat aux radiodiffuseurs publics.
Dans un jugement prononcé ce 30 décembre, le tribunal de commerce de Charleroi déboute les JFB de toutes leurs requêtes. Le tribunal relève notamment, de manière générale, que « jurisprudence et doctrine se rejoignent pour reconnaître la possibilité à toute personne morale de mettre en œuvre, outre l’activité principale qui lui est assignée, d’autres activités non expressément prévues par ses statuts ou par l’acte légal qui la fonde, dès lors que celles-ci sont considérées comme accessoires« . Mais plus particulièrement, il estime aussi que « l’importance de l’activité de la RTBF sur le Net reste secondaire par rapport à son core business« .
Peut-on retirer des enseignements d’une telle décision au regard des activités en ligne des autres radiodiffuseurs européens, comme par exemple le développement récent du site et de l’application France TV info ?
Même si cette jurisprudence ne lie évidemment que les tribunaux belges, il certain que les radiodiffuseurs publics qui sont confrontés à des procédures similaires ailleurs en Europe ne manqueront pas de prendre à leur compte de nombreux attendus de ce jugement.
Il est certain aussi que les radiodiffuseurs publics dont le cahier des charges arrive à échéance dans un futur proche veilleront à ce que les termes qui détaillent les missions de l’entreprise publique soient à la fois les plus larges quant à l’étendue des missions (les contenus à produire et diffuser) et les plus précis quant aux outils à mettre en œuvre (les plates-formes pour les distribuer). A cet égard, il faut bien reconnaître que la RTBF avait une longueur d’avance, son cahier des charges négocié en 2006 :
- évoquant déjà ses missions en termes de services non-linéaires bien avant que la directive TVSF, transformée en directive SMA en décembre 2007, étende elle aussi le champ d’application de la réglementation audiovisuelle aux services à la demande ;
- prévoyant déjà que « La RTBF développe une offre Internet de référence en Communauté française, permettant de mettre en œuvre des synergies stratégiques avec ses services de médias audiovisuels linéaires et non linéaires, et notamment : de permettre à ses usagers de communiquer avec la RTBF ; de diffuser en ligne, le cas échéant, une ou plusieurs de ses chaînes de radio et/ou de télévision et des contenus de services de médias audiovisuels non linéaires ; d’assurer la promotion de ses programmes, notamment d’information, et de ses productions propres ; de constituer une porte d’entrée pour d’autres sites de la Communauté française […]« ;
- précisant même, parmi ses objectifs en termes d’information, qu’elle devait diffuser « en ligne : des pages actualisées régulièrement relayant les journaux et séquences d’informations provenant des diverses rédactions de la RTBF et constituant une extension de ces journaux et séquences ; des dossiers thématiques ; des contenus audiovisuels spécifiques, actualisés dans la mesure du possible ».
Toutefois, en déboutant les JFB de l’ensemble de leur requêtes, ce jugement nous prive de nombreux autres enseignements qui auraient pu sortir d’une telle affaire. Le principal d’entre eux aurait été de savoir quels contours pouvaient recouvrir cette « certaine présence » sur internet que les JFB reconnaissaient comme légitime.
Par ailleurs, il faut relever que ce jugement laisse ouverte la question de la conformité au droit européen des aides d’Etat dont bénéficie la RTBF. Le tribunal, sans surprise, s’est déclaré incompétent quant au respect des règles du Traité de l’Union européenne. Les JFB avaient d’ailleurs déjà mis un autre fer au feu en déposant plainte en février 2011 auprès de la Commission européenne. Et c’est en effet bien là, avec de nombreuses conséquences pour les tous les groupes audiovisuels publics européens, que se jouera l’essentiel de ce bras de fer.
Jean-François Furnémont
Directeur général du CSA belge et Président de l’EPRA
L’auteur s’exprime à titre personnel
Rtbf.be n’est pas un concurrent déloyal de la presse écrite: un blanc-seing pour France Télévisions? publie sur: L'Observatoire des Medias
December 31 2011
2012
Et je n'ai pas cessé depuis, avec près de 200 billets signés Straniero, en même temps que j'en commettais plus d'une centaine en français pour tenter d'expliquer l'Italie à un lectorat francophone.
Personnellement, je considère d'une gravité unique la facilité avec laquelle l'opinion publique italienne se laisse mener en bâteau depuis près de 20 ans par ce charlatan, qui n'est que mensonge, manipulation, propagande, trahison, corruption, etc. etc. Et qui n'a pas encore dit son dernier mot, si les italiens continuent à le laisser faire. Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de vous en reparler, franchement j'en ai ma claque de causer de cet énergumène et de ce pays qui me déçoit chaque jour davantage.
Je me trouve donc face à un cruel dilemme, cornélien, car si j'ai quitté la France en 1982 parce que je ne voulais plus y vivre, déçu que j'étais de mon pays comme je le suis aujourd'hui par l'Italie, trois décennies plus tard je finis par me retrouver dans la même situation, mais avec quelques différences majeures !
D'abord j'ai trente ans de plus dans les baskets : j'en aurai 55 dans trois mois et quoi qu'on en dise, l'âge se fait quand même sentir. En 1982 j'étais tout seul, orphelin et sans racines, en 2012 j'ai une famille heureuse avec une femme profondément attachée à sa terre, et un gosse merveilleux de 10 ans plus italien que français, au point que même s'il est aussi français par le droit du sang, il ne sait pas encore s'exprimer correctement dans la langue de son père.
Donc en tout état de cause le choix de revenir en France n'incombe plus à moi seul, d'autant plus que je ne suis pas encore totalement convaincu que ce choix serait fondé ! Car on ne peut pas dire que la politique franco-française m'enthousiasme, loin de là, et les nombreux parallèles négatifs que je constate avec l'Italie me dérangent autant d'un côté des Alpes que de l'autre...
Et puis pour tout dire, au-delà de la France et de l'Italie, c'est l'idée même de démocratie qui est remise en question par les événements actuels, un point de vue que j'ai cherché à développer dans de précédentes réflexions sur la démocratie et sur le dépassement de la dichotomie droite-gauche, plus que jamais à l'ordre du jour.
Car selon moi nos démocraties manquent profondément de réflexion(s) sur ce qu'elles sont, ou ne sont pas, sur pourquoi elles sont nées, quand, comment, sous quels cieux, avec quelles réussites, quelles impasses, quelles erreurs, quelles lacunes, sur ce qu'elles pourraient - devraient - être, etc. etc., tout comme elles manquent de dialectique et de critique, dont l'étendard n'est plus guère porté par personne : ni la presse, ni les médias mainstream, ni les intellectuels, ni la culture, l'art, etc.
Au-delà d'un conformisme mondialisé et marchandisé, réifié, ne vois-tu rien venir, sœur Âne ?
À lire la presse italienne depuis des semaines, les maîtres mots sont "spread", "rating", du sang et des larmes (à propos des plans d'austérité à répétition qui ne sont pas sans rappeler un antique diction mafieux...), et autres joyeusetés du même acabit...
Un vide qui n'est comblé que très partiellement sur Internet, où là encore chaque info est chassée par la successive dans un flux constant, où le seul but de toute communication semble être celui d'atteindre la vitesse de la lumière :
Pourtant, à l'aune de l'évolution humaine et des temps biologiques et physiologiques, les progrès technologiques font que la communicationEt que dire du contre-pouvoir informationnel ? Un point que j'avais soulevé en 2008, funeste année, décidément, or si le blogueur tentait alors de relayer la presse, on ne peut pas dire aujourd'hui que la presse rende la monnaie en relayant le blogueur :
« s’accélère follement et passe d’une ancestrale lenteur de l’histoire humaine, habituée hier encore à compter en millions d’années, à la célérité de la lumière qui distingue aujourd’hui et caractérisera toujours plus demain l’Ère Internet, cyber-galaxie tridimensionnelle ayant l’espace pour largeur, le temps pour longueur et l’information pour hauteur (sans aller jusqu’à parler de profondeur…) », comme je l'ai écrit dans Welcome in the World Century, en reprenant des citations de Paul Virilio :« Bienvenue dans le siècle-monde », où le temps et l’espace finissent par se rejoindre à la surface de l’écran, l’interface, donnés « à voir dans l’immédiateté d’une transmission instantanée », dans « cet emplacement sans emplacement » où « l’épuisement du relief naturel et des distances de temps télescope toute localisation, toute position », où « Comme les événements retransmis en direct, les lieux deviennent interchangeables à volonté », où « L’INFORMATION est le seul ‘relief’ de la réalité, son unique ‘volume’. (…) Désormais, tout arrive sans qu’il soit nécessaire de partir, mais ce qui ‘arrive’, ce n’est déjà plus l’étape ou le but du voyage, mais seulement l’information, l’information-monde, que dis-je, l’information-univers ! »…
Un silence véritablement assourdissant, qui me convainc toujours davantage de l'authenticité de cette affaire ! Sinon pourquoi un blackout total et mondial de l'info ?
QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?
Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?
Si quelqu'un a une explication sensée à proposer, je suis tout ouïe, mais 2012 devrait pourtant nous fournir quelques éléments de réponse sur ce point...
J'arrête ici, non sans souhaiter une bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous. Personnellement, vous l'aurez compris, je ne suis pas franchement optimiste, même si je ne demande qu'à changer d'avis !
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