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January 28 2012

11:47

Omo Micro Tutti rikiki maousse costo !

Copie intégrale de l'interview originale à Dominique Cozette, créatrice du poldo-moldave, postée sur mon blog pro, que peu de gens lisent :-)

« Je suis en train de rédiger un livre blanc sur la "gamification" (mot dont j'ai horreur, soit dit entre nous, mais ludification ne change pas grand chose).

Or en réfléchissant à la manière d'articuler mes idées, je me suis dit qu'il serait bon de trouver des exemples de gamification avant l'heure, pour expliquer que l'introduction de l'aspect ludique dans des situations réelles n'a pas attendu l'apparition du terme pour exister.

Et en bon traducteur j'ai d'abord pensé à "jouer sur les mots", et la première chose qui m'est venue à l'esprit a été la fameuse pub OMO Micro (Tutti rikiki maousse costo !), qui a marqué les esprits en mettant en scène des chimpanzés parlant le poldo-moldave :


Puis en poursuivant mes recherches, je tombe sur la déclaration d'un mec qui assure le plus sérieusement du monde que la loi Toubon avait obligé les créatifs à traduire le polod-moldave en français, juste avant de découvrir la personne qui a inventé tout ça !!! Explications ici.

Elle s'appelle Dominique Cozette.


Elle tient un blog (désopilant), je la contacte, et elle dément catégoriquement l'info, qui s'avère n'être qu'une intox :
Ce langage, ... inventé par moi, a demandé beaucoup de force de persuasion pour que le CSA (je crois qu’il s’appelait autrement à l’époque) l’accepte mais, une fois que l’accord a été reçu, nous n’avons subi aucune pression. 
Je vais quand même essayer de contacter Ph. Legendre pour qu’il arrête de colporter ce genre d’infos. Ça la fout mal quand on est dans un institut de recherche !
Monsieur Legendre, si vous nous lisez...

Ceci dit, en pensant que l'occasion était trop belle pour ne pas être saisie, je lui propose de l'interviewer, et très gentiment elle accepte.

Voici donc ses 10 réponses à mes 10 questions !

1. Lorsque l'on cause poldo-moldave, quelle est l'étymologie du terme, et notamment du préfixe. Pourquoi moldave certes, mais aussi et surtout, d'où vient le "poldo" ?Car en italien, même si on ne le rencontre pas dans les dictionnaires, "poldo" a un peu le même sens que "wimpy" en anglais, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'en italien l'ami de Popeye, le Gontran français, s'appelle Poldo. Du reste, l'homophonie rappelle un peu "poltron", qui vient de l'italien, et avec le même sens.
Le terme poldomoldave s’est imposé à moi comme un bout de mélodie à un compositeur. Il fallait juste donner un nom à ce langage pour éviter de dire “le charabia des singes” ce qui n’était pas très fun.
2. En faisant des recherches sur le poldomoldave, j'ai découvert que le langage avait d'abord été appliqué à des humains, mais que les résultats testés sur le public avaient été décevants. Les singes ne sont arrivés que dans un deuxième temps. Extrait :

« Les créatifs, en voyage au Maroc, se rendent compte qu’ils comprennent presque mot pour mot les pubs lessivières marocaines, pourtant en arabe. Et pour cause, les mécaniques sont strictement les mêmes que celles des pubs françaises ! D’où l’idée d’inventer un nouveau langage qui pasticherait le langage traditionnel des ménagères. Le langage est inventé et appliqué à des humains. Les tests sur dessins animés fonctionnent très bien, et les films sont produits. Mais l’étape suivante est surprenante : les films de nouveau testés, s’avèrent décevants. Les consommatrices estiment qu’on les ridiculise avec un pareil langage. Confrontés au choix de devoir renoncer ou d’aller plus loin, annonceur et agence décident de pousser la logique à son terme et proposent de conjuguer ce langage avec des chimpanzés. Le principe est simple : les singes doivent reproduire les situations quotidiennes qu’on trouve généralement dans des pubs lessivières « banales » et imiter scène pour scène les mécaniques traditionnelles de ces dernières. »

Est-ce que cette chronologie est juste ? Dans ce cas, est-ce que les mécanismes de création du néolangage ont été modifiés en passant des humains aux singes, ou est-ce que ça n'a absolument rien changé d'un point de vue créatif, notamment pour les campagnes successives ?
Un peu déformé : en voyant un film de lessive egyptien lors d’un festival et comprenant l’histoire, je me suis amusée à faire un pastiche de film lessive pour Omo, d’autant que le “client” était toujours en train de nous réclamer un nouveau “langage” (sens large = nouveau style) pour ce genre de produit. 
Je lis mon idée au directeur de création et aux responsables, ils sont écroulés de rire, et moi qui croyais juste faire un gag, je le raconte ensuite au client, complètement emballé. On fait le story board, tests OK, puis l’animatic, test OK. Puis on réalise. Le premier film est réalisé par Jean-Michel Ribes, casting excellent, mais au final, on n’est pas convaincus. L’agence prend sur elle de le faire refaire par Pascal Thomas. Même déception... Je suis mal à l’aise, ça cloche. 
Mais miracle ! le client nous annonce que de toute façon, on ne le passe plus car ils vont lancer Omo Micro. Et là, il faut frapper fort car Omo est très mal. Et c’est ma directrice artistique (on travaille toujours à deux), qui va trouver l’idée du singe (un gorille) pour signifier “maousse costo”. Le test marche super bien. On passe au film et donc, on change les humains par des singes et là, bingo ! Ça devient une vraie idée forte. 
Les ménagères testées ont toujours été enthousiastes sur l’idée car c’est l’homme, et non la femme, qui lave le linge et elle se projettent dans le couple.
3. À propos de la mécanique créative, pourriez-vous détailler un peu la manière dont ça se passait : un story-board en amont avec des contraintes de communication, le message doit être celui-ci et pas celui-là, un parcours extrêmement balisé, ou bien les choses étaient-elles davantage laissées à votre imagination et capacité d'inventer les situations et les dialogues ?
À partir du brief, la création est entièrement faite par les créatifs. La création commence par des scripts. Si elle est acceptée (il peut y avoir plusieurs idées), on fait un story-board, soumis au client. S’il est accepté, après test souvent, il peut y avoir un animatic ou, moins cher, un board filmé avec des voix qui disent le texte. 
Le langage, par rapport aux humains, s’est simplifié, non pas à cause des singes, mais par une remise en question permanente : ça doit être simple, assez compréhensible et mémorisable. C’était même plus facile qu’en français car personne ne se risquait à me proposer des mots. 
4. Sur la création des mots et des phrases, pourriez-vous être plus précise sur leur formation d'un point de vue technique : mix de préfixes-suffixes, d'anglais phonétisé, d'onomatopées, etc. Y a-t-il une retranscription "officielle" des campagnes quelque part (vu les différentes possibilités de les orthographier) ?
Je faisais ça un peu au pif, j’ai écrit beaucoup de chanson, je trouve des idées facilement, ça se faisait comme ça. Je me suis créé un carnet de mots possibles. Dès que j’entendais un mot en argot, ou familer, ou rigolo, je le consignais pour avoir des réserves au long de la campagne. La grammaire est très limitée. C’est un langage enfantin et surtout, il se rapporte à une situation concrète. Quand les variétés de la gamme se sont sophistiquées, il était impossible de les traduire, comme les parfums, les diffuseurs de je ne sais quoi... Une voix-off le disait en français. 
Je n’ai plus les textes mais si vous avez le courage de retranscrire des films, je veux bien les corriger. 
5. Vous m'avez confié dans un précédent message que cette campagne avait reçu beaucoup de prix, "notamment celui de la meilleure contribution à la langue française par Bernard Pivot !". Avez-vous connaissance d'études ou de thèses universitaires qui l'ont analysée ? Y a-t-il des liens sur le Web ?
J’ai reçu beaucoup d’étudiants qui faisaient leur thèse sur ce sujet. Mais vu le temps que ça me prenait, en plus je faisais des copies pour les images, et sachant que pas un étudiant ne m’a envoyé sa thèse, j’ai tout refusé l’année d’après. Donc, je ne sais pas. Il y a eu le grand prix Effie, voir sur le lien, qui raconte l’historique de la marque le dernier paragraphe qui concerne les prix notamment. 
Un livre du premier grand prix Effie reprend les campagnes primées cette année là et détaille sur un chapitre entier la stratégie de cette campagne. Tapez aussi “Omo Micro” sur Google et vous aurez plein de vidéos des films. 
6. Selon différentes études que j'ai pu trouver sur Internet, toutes s'accordent à reconnaître qu'à la fin des année 80 Omo était une marque vieillissante, en perte de vitesse et qui arrivait un peu à la traîne des lessives concurrentes, notamment Ariel et Skip. Or les campagnes successives des chimpanzés polodomoldaves ont complètement - et durablement - retourné cette situation, puisque la saga en 5 épisodes a été un succès incomparable à tous les niveaux : image rajeunie de la marque, capital sympathie renouvelé, retour des parts de marché aux niveaux de 10 ans auparavant, +25% de ventes entre 1990 et 1993, etc. Mais surtout, en termes de perception auprès du public, un accueil incomparable qui a laissé loin derrière toutes les autres publicités, un "vrai tabac" selon vos propres mots (voir la partie "Souvenir spontané / Publicité préférée" dans l'étude).


Donc pourquoi l'aventure s'est-elle arrêtée si vite ? En avez-vous conçu de l'amertume ? Et compte tenu des formidables répercussions pour Lever, penez-vous que votre travail ait été reconnu à sa juste valeur ?
Il faudrait que vous trouviez le bouquin de l’Effie. 
Ça a duré plusieurs années et il y a eu beaucoup de films, souvent des petites séries de 5/6 films différents, dont une série dans un vrai décor de ville avec des voix qui étaient + proches des voix humaines ordinaires. Puis il y en a eu un, génial je trouve, où les singes, 2 amoureux, font du tandem dans la campagne normande en fleur tandis que la voix de Mireille (pas Mathieu) chante “le petit chemin qui sent la noisette”. 
Les films Omo, ça va, on en a fait suffisamment pour être satisfaits. Ça devenait de + en + difficile car le budget diminuait. La faute au succès : pour un film Omo, il fallait passer 7 fois une autre marque de lessive pour le même taux de notoriété. Résultat : un plus petit budget suffisait. 
Et puis les lessiviers ne cessent d’inventer des trucs pour surenchérir, des trucs techniques qui n’ont déjà aucun sens en français, alors en poldo-moldave !Oui, Lever a toujours applaudi cette campagne. J’ai su, longtemps plus tard, qu’ils avaient donné une énorme prime à l’agence pour nous récompenser. Or, cette prime (énorme !) est restée dans les poches des chefs...  
7. En fait, face à un succès de cette ampleur, il est difficile de comprendre pourquoi tout s'arrête si brusquement. J'ai visité le site "institutionnel" d'OMO, qui a l'air de se porter comme un charme, soit dit en passant, or je n'ai trouvé aucune trace du "charabia des singes". À votre connaissance, le groupe Unilever en parle-t-il quelque part sur ses sites ? Dans la négative, quelle est votre explication sur ce "silence" ?
Ça n’a pas été brutal, ça a shunté doucement vers l’arrêt. En même temps, l’agence fusionnait, c’était la crise dans la pub, les marques coupaient les budgets et Lever a regroupé des marques moyenne et bas de gamme dans une même création. Donc tout était à remettre à plat puisque la création devenait internationale. Adieu les singes. Le budget est partie à Londres. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui. 
Ce n’est pas Omo qu’il faut chercher, mais Omo Micro, c’est la marque avec les singes. 
8. Pensez-vous qu'il serait possible de répéter une telle réussite : nouvelle langue, nouveaux personnages, nouvelles situations, nouveaux produits, etc. ? Ou bien selon vous le poldomoldave est destiné à rester un OVNI dans le panorama publicitaire français et mondial (puisque selon vous les tentatives de traduire ça approximativement en “poldomolve US” n'ont pas été concluantes) ?
La pub a complètement muté aujourd’hui. Comme tout. Il n’y a plus de construction d’image de marque, la qualité ou l’affectif ne sont plus des critères de choix, les supports se sont démultipliés, on n’est plus captif devant un écran de pub. Les idées sont délaissées par rapport aux possibilités techniques infinies. Non, je ne crois pas que ce soit renouvelable de cette manière, car on avait cassé un code, à l’époque. Ça avait sidéré les gens qui ne savaient trop que penser du premier spot. C’est la grosse vague d’abribus, un singe superbement photographié dans différentes tenues “sales” , en abribus, qui a enfoncé le clou. Les gens (les autres lessiviers compris) se sont dit : ça,c’est une vraie campagne de pub. 
Aujourd’hui, on fait plutôt des coups. C’est du court terme. Omo, contrairement à vos souvenirs, ça a duré plusieurs années, elle s’est ancrée dans l’esprit des gens : c’est par sa durée aussi qu’elle est devenue culte. Je ne sais pas s’il y a quelque chose à révolutionner aujourd’hui mais je me trompe forcément, un jour on va voir un truc énorme arriver ! Ou pas. 
9. Vous précisiez dans un de vos précédents messages que vous avez été « la seule personne, aussi bien à l’agence que du côté Lever, à avoir travaillé sur cette campagne Omo du début à la fin ». J'imagine pourtant que certaines décisions ont été prises en équipe, qu'il a dû y avoir des séances de brainstorming pour identifier les thèmes, etc. Ou cette solitude a-t-elle été une condition sine qua non à la réussite du processus créatif ? Ceci dit, en amoureux des mots, je suis persuadé que les gens qui font mon métier - traductrices et traducteurs de tous poils dont les mots sont la matière première -, doivent être envieux face à vos capacités créatives. Peut-être voudrez-vous rajouter un conseil, un dernier mot à leur intention...
La seule, je ne voulais pas dire solitaire. Mais il y a du turn-over énorme chez l’annonceur et à l’agence et j’étais toujours face à de nouveaux interlocuteurs. Même les directeurs de mon agence ont été remplacés, même ma directrice artistique qui a fait partie d’une charrette. J’étais (je suis) la seule personne à connaître l’historique de cette aventure de bout en bout. J’étais devenue l’experte car j’avais tout vécu, même les résultats des études puisque avant d’être créative j’étais psychologue puis chargée d’études. Peut-être cela m’a t-il bien aidée puisque je pouvais préjuger des résultats des tests et en discuter avec les responsables. 
Il n’y avait pas de séances de brainstorming sur cette marque puisque son domaine, sa cible, son expression étaient établies. Il y en avait peut-être chez l’annonceur pour créer de nouvelles gammes, avec de nouveaux parfums, je ne sais pas... 
En tout cas, c’était toujours pareil : le client donne le brief aux commerciaux agence avec les avantages produit, les plus. Eux le transforment en brief créatif : “que doit-on communiquer” et hop, on se met au travail mon directeur artistique et moi. C’était très simple. 
Pas de conseil à donner, non. Les gens qui aiment les mots sont riches et chacun gère sa richesse comme il veut. 
10. Nous voici arrivés au terme de ce questionnaire. Souhaitez-vous mentionner autre chose en rapport avec cette formidable aventure, quels sont les souvenirs que vous en gardez, positifs et/ou négatifs ? Et toute cette histoire a-t-elle été à l'origine de rencontres humaines qui vous ont marquée ? A-t-elle influé la suite de votre parcours ?
Ce fut une très belle aventure car elle montre que, quel que soit le domaine traité — et Dieu sait que personne ne voulait faire de création pour les lessives — il y a toujours moyen de le faire de façon créative. Mais, et c’est essentiel, il y a eu conjonction de gens intelligents : un directeur de création et des commerciaux qui y croyaient, des clients qui ont tout de suite senti l’idée, même le grand patron d’Unilever qui n’a pas une fois hésité à lancer la campagne. Et puis des acheteurs qui, par sympathie, achetaient le produit. 
Ce n’est que du positif. J’ai rencontré des singes extrêmement attachants, je ne plaisante pas, je les revoyaient, ils vieillissaient, j’en ai connu bébés, on les retrouvait jeunes adultes. J’étais bien considérée car ça me “posait” tout de suite et c’est important dans le boulot quand on est pris au sérieux. J’ai eu des interviews sympas, des articles un peu partout, on a fait un disque aussi (mais il n’est pas sorti à cause de la bêtise d’un commercial). Et puis les tournages à Los Angeles, ça c’était top. Plus tard, on a fait venir les singes en France et à Prague, c’était à chaque fois des aventures hors normes avec des gens très sympas. C’est le meilleur souvenir de ma carrière publicitaire. 
Dominique Cozette, je vous remercie vivement d'avoir bien voulu répondre à ces quelques questions, et soyez assurée de mon admiration pour la créativité dont vous avez su faire preuve.


January 19 2012

10:26

Manager ou animer à distance ? Barcamp Activity à Lille, le 14 février 2012

Zevillage organise son 2e Barcamp Activity le 12 février à la Co-factory à Lille. Cette 2e édition est centrée sur une problématique RH : le télétravail et le management à distance.

Le barcamp se propose de dégager des bonnes pratiques à-propos de ces questions :

  • comment concilier les logiques de management et d’animation ?
  • faut-il avoir peur du management collaboratif ou du leadership tournant  ?
  • le manager intermédiaire a-t-il un avenir ?
  • quelles limites à l’auto-management ?
  • faut-il un management particulier pour des salariés installés dans un espace de coworking, un télécentre ou dans des bureaux partagés?
  • comment mesurer le succès d’une politique de management à distance (indicateurs, KPI,… )
  • comment développer l’agilité numérique des managers ?

Pour participer

Le Barcamp Activity se tient à Lille le 14 février 2012 à la Co-factory, de 9h30 à 17h30..

Informations et inscription gratuite

January 03 2012

18:21

[VIDEO] Le journal, ça faisait moins mal

Regardez-donc ce qui peut arriver, lorsque l’on embête son frère lorsqu’il joue, ou –revons un peu– lorsqu’il lit sur son iPad :

…Le journal, ça faisait moins mal.

[VIDEO] Le journal, ça faisait moins mal publie sur: L'Observatoire des Medias

Tags: Humour
08:44

Rtbf.be n’est pas un concurrent déloyal de la presse écrite: un blanc-seing pour France Télévisions?

Depuis plusieurs années, la question du périmètre légitime des activités des radiodiffuseurs publics secoue de nombreux paysages audiovisuels européens. Plusieurs outils sont apparus afin d’encadrer ces nouvelles activités : « public value test » et « market impact assessment » au Royaume-Uni, « Drei-Stufen-Test » en Allemagne, … Il s’agit d’ailleurs d’un des thèmes les plus discutés de ces dernières années au sein de l’EPRA, la plate-forme qui réunit tous les régulateurs audiovisuels européens.

En Belgique, c’est une variante de ce débat qui agite le secteur des médias, puisque ce sont moins les radiodiffuseurs privés qui se plaignent de la concurrence du radiodiffuseur public que… la presse écrite ! Suite à la décision de la RTBF de se rebaptiser rtbf.be en janvier 2010, les principaux titres de la presse belge francophone, réunis au sein de la société Journaux Francophones Belges (JFB), avaient saisi début 2010 le tribunal de commerce de Charleroi afin qu’il ordonne la cessation d’une grande partie des activités de la RTBF sur son site internet (mais aussi sur les réseaux sociaux et sur ses blogs) sous peine d’une astreinte de 10.000 € par jour et la cessation de toute exploitation publicitaire de ses sites internet, sous peine d’une astreinte de 10.000 € par infraction constatée.

Leurs arguments principaux  étaient les suivants :

  • les activités la RTBF sur les nouveaux médias ne relèvent pas de ses missions légales (qui sont de faire de la radio et de la télévision) mais sont aujourd’hui développées à un point tel qu’elles constituent au contraire des activités de « presse écrite en ligne » ;
  • dès lors que ces activités sont financées par une dotation publique, la RTBF se livre donc à une utilisation illégale de cette dotation;
  • cette situation crée en outre une distorsion de concurrence au détriment des JFB, « dès lors que l’argent de la collectivité permet aux médias subventionnés d’offrir un accès gratuit à leur plate-forme en ligne, d’augmenter ainsi le nombre de visites de leur site, voire de pratiquer un dumping sur les pratiques de publicité en ligne, et partant d’impacter à leur profit la répartition des recettes publicitaires ».

Les JFB estimaient par ailleurs que ces activités de la RTBF violaient les dispositions européennes en matière d’aide d’Etat aux radiodiffuseurs publics.

Dans un jugement prononcé ce 30 décembre, le tribunal de commerce de Charleroi déboute les JFB de toutes leurs requêtes. Le tribunal relève notamment, de manière générale, que « jurisprudence et doctrine se rejoignent pour reconnaître la possibilité à toute personne morale de mettre en œuvre, outre l’activité principale qui lui est assignée, d’autres activités non expressément prévues par ses statuts ou par l’acte légal qui la fonde, dès lors que celles-ci sont considérées comme accessoires« . Mais plus particulièrement, il estime aussi que « l’importance de l’activité de la RTBF sur le Net reste secondaire par rapport à son core business« .

Peut-on retirer des enseignements d’une telle décision au regard des activités en ligne des autres radiodiffuseurs européens, comme par exemple le développement récent du site et de l’application France TV info ?

Même si cette jurisprudence ne lie évidemment que les tribunaux belges, il certain que les radiodiffuseurs publics qui sont confrontés à des procédures similaires ailleurs en Europe ne manqueront pas de prendre à leur compte de nombreux attendus de ce jugement.

Il est certain aussi que les radiodiffuseurs publics dont le cahier des charges arrive à échéance dans un futur proche veilleront à ce que les termes qui détaillent les missions de l’entreprise publique soient à la fois les plus larges quant à l’étendue des missions (les contenus à produire et diffuser) et les plus précis quant aux outils à mettre en œuvre (les plates-formes pour les distribuer). A cet égard, il faut bien reconnaître que la RTBF avait une longueur d’avance, son cahier des charges négocié en 2006 :

  • évoquant déjà ses missions en termes de services non-linéaires bien avant que la directive TVSF, transformée en directive SMA en décembre 2007, étende elle aussi le champ d’application de la réglementation audiovisuelle aux services à la demande ;
  • prévoyant déjà que « La RTBF développe une offre Internet de référence en Communauté française, permettant de mettre en œuvre des synergies stratégiques avec ses services de médias audiovisuels linéaires et non linéaires, et notamment : de permettre à ses usagers de communiquer avec la RTBF ; de diffuser en ligne, le cas échéant, une ou plusieurs de ses chaînes de radio et/ou de télévision et des contenus de services de médias audiovisuels non linéaires ; d’assurer la promotion de ses programmes, notamment d’information, et de ses productions propres ; de constituer une porte d’entrée pour d’autres sites de la Communauté française […]« ;
  • précisant même, parmi ses objectifs en termes d’information, qu’elle devait diffuser « en ligne : des pages actualisées régulièrement relayant les journaux et séquences d’informations provenant des diverses rédactions de la RTBF et constituant une extension de ces journaux et séquences ; des dossiers thématiques ; des contenus audiovisuels spécifiques, actualisés dans la mesure du possible ».

Toutefois, en déboutant les JFB de l’ensemble de leur requêtes, ce jugement nous prive de nombreux autres enseignements qui auraient pu sortir d’une telle affaire. Le principal d’entre eux aurait été de savoir quels contours pouvaient recouvrir cette « certaine présence » sur internet que les JFB reconnaissaient comme légitime.

Par ailleurs, il faut relever que ce jugement laisse ouverte la question de la conformité au droit européen des aides d’Etat dont bénéficie la RTBF. Le tribunal, sans surprise, s’est déclaré incompétent quant au respect des règles du Traité de l’Union européenne. Les JFB avaient d’ailleurs déjà mis un autre fer au feu en déposant plainte en février 2011 auprès de la Commission européenne. Et c’est en effet bien là, avec de nombreuses conséquences pour les tous les groupes audiovisuels publics européens, que se jouera l’essentiel de ce bras de fer.

Jean-François Furnémont
Directeur général du CSA belge et Président de l’EPRA
L’auteur s’exprime à titre personnel

Rtbf.be n’est pas un concurrent déloyal de la presse écrite: un blanc-seing pour France Télévisions? publie sur: L'Observatoire des Medias

December 31 2011

01:24

2012

À la veille d'entrer dans l'année 2012, qui marquera ma trentième année de permanence en Italie, j'avoue que je suis las, extrêmement las, de ce pays. Un malaise qui a commencé à se faire vraiment sentir en 2008, lorsque j'ai dû prendre douloureusement acte que les italiens avaient ENCORE voté pour un quatrième gouvernement Berlusconi, un vote totalement débile exprimé par une majorité totalement débile. Débile au sens où un pays qui se veut démocrate NE PEUT PAS voter pour quelqu'un qui personnifie la fin de la démocratie, qui est la négation de la démocratie, chose que j'ai commencé à dénoncer cette même année, en italien, et sur le Web italien.

Et je n'ai pas cessé depuis, avec près de 200 billets signés Straniero, en même temps que j'en commettais plus d'une centaine en français pour tenter d'expliquer l'Italie à un lectorat francophone.

Personnellement, je considère d'une gravité unique la facilité avec laquelle l'opinion publique italienne se laisse mener en bâteau depuis près de 20 ans par ce charlatan, qui n'est que mensonge, manipulation, propagande, trahison, corruption, etc. etc. Et qui n'a pas encore dit son dernier mot, si les italiens continuent à le laisser faire. Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de vous en reparler, franchement j'en ai ma claque de causer de cet énergumène et de ce pays qui me déçoit chaque jour davantage.

Je me trouve donc face à un cruel dilemme, cornélien, car si j'ai quitté la France en 1982 parce que je ne voulais plus y vivre, déçu que j'étais de mon pays comme je le suis aujourd'hui par l'Italie, trois décennies plus tard je finis par me retrouver dans la même situation, mais avec quelques différences majeures !

D'abord j'ai trente ans de plus dans les baskets : j'en aurai 55 dans trois mois et quoi qu'on en dise, l'âge se fait quand même sentir. En 1982 j'étais tout seul, orphelin et sans racines, en 2012 j'ai une famille heureuse avec une femme profondément attachée à sa terre, et un gosse merveilleux de 10 ans plus italien que français, au point que même s'il est aussi français par le droit du sang, il ne sait pas encore s'exprimer correctement dans la langue de son père.

Donc en tout état de cause le choix de revenir en France n'incombe plus à moi seul, d'autant plus que je ne suis pas encore totalement convaincu que ce choix serait fondé ! Car on ne peut pas dire que la politique franco-française m'enthousiasme, loin de là, et les nombreux parallèles négatifs que je constate avec l'Italie me dérangent autant d'un côté des Alpes que de l'autre...

Et puis pour tout dire, au-delà de la France et de l'Italie, c'est l'idée même de démocratie qui est remise en question par les événements actuels, un point de vue que j'ai cherché à développer dans de précédentes réflexions sur la démocratie et sur le dépassement de la dichotomie droite-gauche, plus que jamais à l'ordre du jour.

Car selon moi nos démocraties manquent profondément de réflexion(s) sur ce qu'elles sont, ou ne sont pas, sur pourquoi elles sont nées, quand, comment, sous quels cieux, avec quelles réussites, quelles impasses, quelles erreurs, quelles lacunes, sur ce qu'elles pourraient - devraient - être, etc. etc., tout comme elles manquent de dialectique et de critique, dont l'étendard n'est plus guère porté par personne : ni la presse, ni les médias mainstream, ni les intellectuels, ni la culture, l'art, etc.

Au-delà d'un conformisme mondialisé et marchandisé, réifié, ne vois-tu rien venir, sœur Âne ?

À lire la presse italienne depuis des semaines, les maîtres mots sont "spread", "rating", du sang et des larmes (à propos des plans d'austérité à répétition qui ne sont pas sans rappeler un antique diction mafieux...), et autres joyeusetés du même acabit...

Un vide qui n'est comblé que très partiellement sur Internet, où là encore chaque info est chassée par la successive dans un flux constant, où le seul but de toute communication semble être celui d'atteindre la vitesse de la lumière :
Pourtant, à l'aune de l'évolution humaine et des temps biologiques et physiologiques, les progrès technologiques font que la communication


« s’accélère follement et passe d’une ancestrale lenteur de l’histoire humaine, habituée hier encore à compter en millions d’années, à la célérité de la lumière qui distingue aujourd’hui et caractérisera toujours plus demain l’Ère Internet, cyber-galaxie tridimensionnelle ayant l’espace pour largeur, le temps pour longueur et l’information pour hauteur (sans aller jusqu’à parler de profondeur…) », comme je l'ai écrit dans Welcome in the World Century, en reprenant des citations de Paul Virilio :
« Bienvenue dans le siècle-monde », où le temps et l’espace finissent par se rejoindre à la surface de l’écran, l’interface, donnés « à voir dans l’immédiateté d’une transmission instantanée », dans « cet emplacement sans emplacement » où « l’épuisement du relief naturel et des distances de temps télescope toute localisation, toute position », où « Comme les événements retransmis en direct, les lieux deviennent interchangeables à volonté », où « L’INFORMATION est le seul ‘relief’ de la réalité, son unique ‘volume’. (…) Désormais, tout arrive sans qu’il soit nécessaire de partir, mais ce qui ‘arrive’, ce n’est déjà plus l’étape ou le but du voyage, mais seulement l’information, l’information-monde, que dis-je, l’information-univers ! »…
Et que dire du contre-pouvoir informationnel ? Un point que j'avais soulevé en 2008, funeste année, décidément, or si le blogueur tentait alors de relayer la presse, on ne peut pas dire aujourd'hui que la presse rende la monnaie en relayant le blogueur :

QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?

Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?
Un silence véritablement assourdissant, qui me convainc toujours davantage de l'authenticité de cette affaire ! Sinon pourquoi un blackout total et mondial de l'info ?

Si quelqu'un a une explication sensée à proposer, je suis tout ouïe, mais 2012 devrait pourtant nous fournir quelques éléments de réponse sur ce point...

J'arrête ici, non sans souhaiter une bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous. Personnellement, vous l'aurez compris, je ne suis pas franchement optimiste, même si je ne demande qu'à changer d'avis !

December 29 2011

15:18

La finalité des entreprises d’information n’est pas d’informer

«Ce que je sais : aujourd’hui, à LEXPRESS.fr, nous ne payons pas les blogueurs. Par souci de bonne gestion, mais aussi par principe.» Sentence déjà culte d’E. Mettout rédacteur en chef de l’express.fr

… mais tout est politique, même l’éventuelle rémunération du blogueur. La gauche a tout à voir avec la rémunération. Qu’elle soit de blogueurs ou autre. D’ailleurs la droite aussi. Car il s’agit d’une question éminemment politique. Celle du partage de la valeur, de la circulation des idées et de l’exploitation (attention gros mots) dont on en fait. E. Mettout a le mérite dans son billet d’incarner la figure la plus caricaturale, même s’il feint de ne pas avoir de «réponses toutes faites», concernant la production de « richesses » issues de la médiasphère. D’ailleurs dans une note du 22 décembre, le blog «Quebec Solidaire» d’abord disposé à ouvrir les vannes du gratuit, se ravise en commentant : «  Après avoir mieux saisi la nature complexe des problèmes que suscitent ces nouvelles plateformes de communication de masse, nous avons donc décidé de nous abstenir de toute collaboration directe avec le HP (Huffington Post)». Complexe en effet.

E. Mettout touche juste sur plusieurs points néanmoins. Il n’est pas si évident de considérer la production d’un articulet de blog comme un travail. Il note judicieusement que l’accord « affichage contre gratuité » se fait de plein gré. Le blogueur étant comme il le dit, majeur et vacciné. Nous y reviendrons.

Là où les choses se corsent, c’est quand il évoque le fonctionnement des médias et les relations entre producteurs de contenus et exploiteurs de contenus, « c’est le système : ils négocient». Un peu comme quand L. Parisot se dégrise sur la précarité. Ou quand P. Kosciusko-Morizet fait mine sur une radio publique le 26 décembre au matin, de ne pas saisir le lien entre l’économie, le marketing et la consommation de masse et la Politique.

La Politique en somme ne serait qu’un thème traité dans les médias (comme L’Express), mais totalement étranger à ceux-ci dans leur fonctionnement interne. Une sorte d’hygiène, résumé par l’adage d’entreprise « on ne fait pas de politique ». Pourtant on ne fait que ça. Outre le traitement de l’info, en référer à l’immuable système, comme M. Thatcher en référait au marché, ou M. Dassault aux idées saines, est en l’espèce, de la politique. Enormément de politique. Foutrement de la politique.

Et il est aisé de produire quelques figures, A. Sinclair ou M. Pigasse, comme incarnations essentielles de l’idée de gauche pour se dédouaner de ses valeurs. Ils sont avant tout des entrepreneurs que le landerneau classe à gauche, parce qu’il en faut bien. Et qui perpétuent les rapports de domination, et de subordination au sein de structures qu’ils dirigent. Comme des entrepreneurs… de droite.

En l’occurrence E. Mettout aussi. Il omet la puissance symbolique dans cet univers de signes. Il fait mine de ne pas entrevoir les rapports de domination qui existent entre un hebdomadaire qui a pignon sur rue et qui tire à des centaines de milliers d’exemplaires, et un anonyme à qui il promet une fugace exposition. Il ignore l’asymétrie de pouvoir entre la structure et l’individu. Il fait mine de ne pas connaître l’irrésistible attraction qu’engendrent les médias. De ce fort contraste, il tire un rapport de force totalement inégal qui lui permet, sous prétexte de consentement (majeur et vacciné), d’exploiter un contenu, en toute gratuité.

On en oublie presque la finalité des entreprises d’information, qui n’est pas d’informer, mais de générer assez d’activité avec de la substance rédactionnelle pour être rentable. Et dans ce contexte, le rédacteur en chef de lexpress.fr compte garnir les pages de son espace commercial avec des articles négociés gratuitement. Jouxtant d’ailleurs ses propres productions journalistiques, elles, rémunérées. La question n’est pas d’opposer journalistes et blogueurs, ce fameux « principe » dans l’article publié sur l’Observatoire des médias. Car si on comparait les articles de Maitre Eolas avec ceux d’E. Mettout, ou les dentelles de SebMusset avec les aigreurs d’I. Rioufol on finirait par être surpris de ce que l’on appelle « valeur ».

Il faut considérer non pas le statut, mais le contenu produit. En l’occurrence, ne pas rémunérer le blogueur (comme travailleur), mais valoriser sa production insérée dans un espace profitable. Afin que chacun assume sa position, les uns produisant, les autres les publiant. Et sortir des caricatures lénifiantes du « regard décalé », coquetterie médiatique insupportable…

Mais tout ceci est de la Politique. Et un peu gauchisante. Comme mettre en exergue les rapports de domination, la logique de soumission. Faire de la Politique comme le fait aussi E. Mettout, c’est stériliser ces antagonismes et s’en remettre au gré à gré dans un style très libéral. L’entreprise contre l’homme. En souhaitant que jamais ces écrivaillons en trop plein d’idées et en manque de reconnaissance ne s’entendent pour jouer collectif…

VogelsongVogelsong
son blog : http://piratages.wordpress.com/

La finalité des entreprises d’information n’est pas d’informer publie sur: L'Observatoire des Medias

08:21

Les médias en 2011: un tournant pour la presse française

L’exercice est assez convenu en cette fin d’année.  Il consiste à revenir sur les éléments marquants de 2011. Pour la presse écrite française, il ne paraît pas exagéré de parler de l’amorce d’un véritable tournant dans sa longue histoire. Pour en prendre la mesure il suffit de revenir sur quelques uns de ses événements ou faits les plus significatifs.

L’année se termine sur quelques symboles forts : deux titres nationaux, France Soir et La Tribune dont les comptes sont très dégradés vont ou risquent d’abandonner le papier pour ne plus être proposés que sous forme numérique, alimentés par des rédactions réduite au strict minimum. En fait il s’agit là de la manifestation d’une tension générale sur les comptes des journaux, manquant de ressources publicitaires, voyant leur diffusion s’éroder, qui frappe d’abord les plus fragiles. France Soir et La Tribune des situations pourtant bien différentes, entre l’ancien quotidien populaire, totalement épuisé ayant perdu l’essentiel de son lectorat et le quotidien économique né des années quatre-vingt qui a su gagner un public, sans jamais trouver l’équilibre de ses comptes.

Comme toujours, l’attention se concentre sur la presse parisienne, alors que des situations encore plus préoccupantes se sont fait jour en région, là où la Comareg (Groupe Hersant Média) a purement et simplement cessé d’exister licenciant plus de mille personnes. Région où ce même Groupe Hersant Média surendetté a annoncé son mariage avec le groupe Rossel (La Voix du Nord, Le Soir de Bruxelles), avec là aussi la perspective d’une « rationalisation » qui se soldera par des centaines d’emploi supprimés.  Que penser en outre du sort de Paris Normandie, exclu de cet accord, au risque d’un dépôt de bilan à plus ou moins brève échéance ?

La tension sur les comptes des journaux se traduit aussi par l’annonce de restructurations de titres hier encore symbole de réussite : Les Echos, Le Parisien/Aujourd’hui en France. Dans les deux cas les comptes sont au rouge, alors même que la diffusion fléchit (-5,38% pour le second). « Plans sociaux » ou « Plans de départs volontaires » ont ici en commun qu’ils visent à resserrer les rédactions, en même temps qu’à opérer un mouvement qui voit des journalistes traditionnels de l’imprimer laisser leur place à de nouveaux venus formés et si possible créatifs dans l’univers du numérique.

Dans ce registre des évolutions nécessaires des rapports entre imprimé et numérique, 2011 aura été pour les quotidiens français l’année de l’engagement vers les « rédactions intégrées » où se côtoient, coopèrent, se fondent journalistes du print, du web, des supports mobiles. Le Figaro en fait l’annonce et engage les aménagements nécessaires, Le Monde ou 20 Minutes créent des services communs, etc. Faut-il rappeler que la presse anglo-saxonne avait amorcé ce mouvement dès les lendemains de l’éclatement de la bulle Internet. Ces journaux à l’exemple du Guardian ou du Financial Times montrent d’ailleurs que ce ne sont pas des rédactions aux fonctions indifférenciées qui se font jour, puisque des pôles continuent à servir plutôt un support ou l’autre selon ses spécificités. Faut-il imaginer que 2012 permettra de faire un pas de plus aux quotidiens français, celui du « web first », soit la priorité au numérique pour sortir d’abord les nouvelles sur ses différents supports, pour ensuite les sélectionner, les développer, les approfondir pour l’imprimé, comme en ont fait le choix en 2011, le Guardian, le Financial Time ou Le Temps.

Faut-il voir dans ces différents mouvements de réorganisation des rédactions de la presse quotidienne l’explication d’un autre signe d’évolution apparu en 2011, celui de l’inversion de la courbe d’évolution du nombre de journaliste qui tend à baisser (37 007 en janvier) ? Faut-il s’attendre alors à une évolution de fond aussi brutale que celle des Etats Unis qui en dix ans ont perdu pratiquement 30% des effectifs de journalistes ?  Faisant en quelque sorte écho à cette tendance, le 5 décembre à Lyon lors d’un colloque organisé par la Wan-Ifra, un leitmotiv se retrouvait dans les propos des responsables journaux et groupes aussi différents que le New York Times, le Financial Times, Le Temps, Roularta, 20 Minutes : « Il va falloir faire travailler beaucoup plus les rédactions et nos journalistes ». Gageons que la formule est insuffisante et que le tournant amorcé en 2011 amènera presse imprimée et presse numérique à repenser la notion même de rédaction, avec des journalistes travaillant en réseau et expérimentant de nouvelles formes de coopérations avec des experts/spécialistes de différents domaines, sans parler des internautes témoins d’événements ou sensibilisés à une question ou une cause.

Jean-Marie Charon
Sociologue des médias.
Président des Entretiens
de l’Information

Jean-Marie Charon est intervenu ce mercredi 27/12 dans l’émission d’Ali Rebeihi  »Comme on nous parle ».

Les invités : Jean-Marie Durand (Rédacteur en chef adjoint, rubriques idées, médias – Les Inrockuptibles), Guy Dutheil, (journaliste, service média – Le Monde), par téléphone Pierre Haski (co-fondateur du site Rue89), par téléphone Jean-Marie Charon (sociologue des médias)

Les médias en 2011: un tournant pour la presse française publie sur: L'Observatoire des Medias

December 24 2011

08:40

Qu’est-ce que « la gauche » a à voir avec la rémunération des blogueurs?

C’est une bonne question – à peu près posée ici-même par Anthony Rivat: sur les sites d’info, les blogueurs doivent-ils être considérés comme des « employés » comme les autres – et rémunérés en conséquence? Ou sont-ils de purs esprits nourris d’affection et de reconnaissance – ce qui, certes, arrange bien leurs hôtes, confrontés aux rigueurs de l’hiver budgétaire, mais eux aussi, souvent, qui gagnent en liberté de ton ce qu’ils perdent en confort matériel?

Très honnêtement, je n’ai pas de réponse toute faite – voire pas de réponse du tout. Ce que je sais: aujourd’hui, à LEXPRESS.fr, nous ne payons pas les blogueurs. Par souci de bonne gestion, mais aussi par principe. Nous leur offrons une tribune, de la visibilité, ils nous apportent leur expertise, posent un regard décalé sur notre fond de commerce, l’actualité, bref nous alimentent et nous différencient. Valeur contre valeur, l’échange est égal – et s’il ne l’était pas, me dis-je, les blogueurs nous fuiraient.

Le sujet divise les médias en ligne – qui ne partagent pas tous mon avis, il ne manquerait plus que ça. D’autres que nous payent tout ou partie de leurs blogueurs – des sommes qu’on dira « raisonnables », faut-il le préciser. Parce qu’ils n’ont pas envie de les voir filer à la concurrence, parce qu’ils estiment qu’ils leur rapportent suffisamment (en audience, en image, en opportunités publicitaires) pour justifier les sommes engagées. Il n’est d’ailleurs pas dit qu’un jour ou l’autre, confronté à la même équation, je ne sois pas amené, au moins ponctuellement, à m’asseoir sur mon principe.

Le débat divise aussi la blogosphère, depuis plus longtemps même que les médias en ligne. Je me souviens qu’on en parlait déjà il y a plus de deux ans, quand nous avions lancé avec les blogueurs l’opération 3001 et que certains avaient accusé L’Express de se constituer ainsi un cheptel à pas cher. Il a rebondi il y a quelques mois, à l’occasion de la vente à bon prix du Huffington Post à AOL, quand ses contributeurs gratuits se sont rendus compte que leur patronne venait de s’en mettre plein les poches sur leur dos – ce n’est pas aussi simple que ça, mais peu importe, l’argument se tient. Il a touché la France plus récemment, quand Anne Sinclair, qui chaperonne la version française du HuffPo, a appelé les « experts » a rallier gracieusement sa nouvelle bannière, ce qui a notamment provoqué la chronique dont je fais état dans ma première phrase – et conséquemment la présente réaction.

Pourquoi? Parce qu’il me semble qu’Anthony Rivat pose le problème à l’envers en faisant porter la responsabilité de la situation sur les cochons de payeurs potentiels. Les blogueurs sont assez grands pour faire leurs calculs et décider en toute connaissance de cause si le jeu (encore une fois, s’exprimer, faire connaître leur opinion au public, SE faire connaître) en vaut la chandelle. Ou non. Auquel cas, ils sont aussi assez grands pour négocier (ça arrive, je le sais), monter leur petite entreprise, voire sauter le pas et devenir… journalistes (ça arrive aussi).

Je comprends parfaitement la réaction des blogueurs du Huffington Post, qui ont découvert a posteriori que les termes du contrat avaient changé sans qu’on prenne la peine de les en avertir. Je comprends moins la réaction des blogueurs de sa version française, qui savent désormais parfaitement à quoi s’en tenir – et Anne Sinclair ne leur a rien caché. Si ça ne leur plaît pas, ils n’ont qu’à pas y aller.

 

PS qui a tout à voir: un petit mot aux journalistes qui s’inquiètent de leur hypothétique remplacement par la main d’oeuvre bon marché ainsi créée, pour leur rappeler qu’un journaliste est un journaliste, un blogueur un blogueur, et que le second n’a pas vocation à se substituer au premier, mais à le compléter.

P.S sous forme de réponse à Gilles Bruno, qui profite éhontément de son invitation pour me poser les questions suivantes:

Vos confrères du Plus (Nouvel Observateur) paient certains blogueurs. Pas tous. Que pensez-vous de cette pratique?

Rien. Chacun fait ce qu’il veut chez lui. J’imagine qu’ils ont de bonnes raisons pour ça.

Rue89 allant s’intégrer dans la galaxie du Nouvel Obs, à votre avis, cela va-t-il mettre en ‘péril’ le Plus?

Pas du tout! Le Plus a autant à voir avec Rue 89 que le polo avec le foot. Ce sont deux concepts d’info en ligne très différents, ils se complètent bien plus qu’ils ne se concurrencent. Cela dit, si j’en crois les déclarations des uns et des autres, la prise de participation de L’Obs dans Rue 89 est strictement capitalistique. La question ne se pose donc même pas.

Du coup, les audiences cumulées vont changer, les rapports de force aussi. Pouvons-nous avoir une idée de comment va s’organiser votre ‘riposte’ ?

Les audiences cumulées? Quelles audiences cumulées? Je ne sache pas que l’équipe de Rue 89 ait l’intention d’être avalée par l’Obs. Et si la situation changeait, nous aviserions. Pour le moment, ce n’est pas le cas.

 

Photo de Une par Razak, (RichardTrois sur Flickr)

Qu’est-ce que « la gauche » a à voir avec la rémunération des blogueurs? publie sur: L'Observatoire des Medias

December 23 2011

10:22

«L’info sur Internet, ce n’est pas pour nous»

Vous le savez, les presses de France Soir ont cessé d’émettre. Et l’arrêt de ce canard ne fait pas que des malheureux dans le monde journalistique.

Ce matin, Libération a publié un article, titré « Brèves de trottoirs »  : « Une fois par mois à Paris, SDF et journalistes débattent de l’actualité. »

Mais en ce moment, je ne suis pas abonné à Libération. J’ai découvert l’article via ma recherche Tweetdeck dédiée à France-Soir:

 

"De toute façon, on n'a pas d'ordinateur, alors l'info sur Internet ce n'est pas pour nous. Moi je suis triste que France-Soir arrête son édition papier. Leurs unes étaient ridicules, et ça me faisait marrer. Et puis, le journal, cela ne sert pas qu'à lire. On peut aussi dormir dessus."

Au passage, c’est pas très sympa de la part de Libé de titrer comme ça. « Brèves de Trottoirs » c’est ça.  Non mais! Mais c’est Olivier Lambert qui a raison, c’est de la pub gratos.

«L’info sur Internet, ce n’est pas pour nous» publie sur: L'Observatoire des Medias

December 21 2011

12:01

Le groupe Nouvel Observateur rachète Rue89

On se doutait que cela pouvait arriver, et c’est arrivé.

Pierre Haski vient d’annoncer l’ « alliance entre Rue89 et le groupe Nouvel Observateur ».

Un rachat du capital.

Au mois de juin, Claude Perdriel entrait dans le capital de Rue89.

C’est un tournant important dans la courte histoire de Rue89, lancé en mai 2007 sans investisseur ni groupe de presse, et qui est devenu le premier des « pure players » français[…] Tout en s’intégrant dans le groupe du Nouvel Obs, Rue89 restera un site autonome, et les fondateurs (Pierre Haski, président, Laurent Mauriac, directeur général, Pascal Riché, rédacteur en chef) continueront à en assurer la direction comme auparavant.

Pierre Haski précise : « La mutation numérique de l’ensemble des médias dans un contexte de crise rend nécessaire les alliances et les regroupements ».

Nous verrons bien comment va se passer l’intégration de Rue89 dans la galaxie du Nouvel Obs :

« Une conférence de presse sera organisée en début d’année pour exposer le projet. » indique le Nouvel Observateur.

En attendant, L’Observatoire des Médias a imaginé ce que ne sera pas le nouveau logo de Rue89, mais je n’ai pas pu m’empêcher :

Rappel, en mars 2007, observatoiredesmedias.com publiait le premier projet de maquette de Rue89.

Le groupe Nouvel Observateur rachète Rue89 publie sur: L'Observatoire des Medias

Tags: Actu Web
08:41

HuffPost : Pourquoi la gauche soutient-elle la non-rémunération des blogueurs ?

Le Huffington Post est-il menacé avant même de naître hors des États-Unis. Au Québec, le site qui doit arriver sur la toile début  2012, fait face à plusieurs critiques. Des personnalités, étiquetées politiquement figurent sur la liste des contributeurs, mais c’est la question de la rémunération qui pose problème. Les blogueurs devront  délivrer gratuitement leurs contenus au site hébergé par le géant America Online (AOL). La société de services internet, influente dans l’économie américaine, a racheté le « Huff » pour 315 millions de dollars en février 2011. Aujourd’hui, la non-rémunération des blogueurs semble n’être destinée qu’à accroître les bénéfices.

Pigasse et Sinclair au service d’AOL ?


Anne Sinclair devant la Maison Blanche. (Source)

On sait désormais qu’ Anne Sinclair, madame Strauss-Kahn, sera la directrice éditoriale de la version française du Huffington Post. La nouvelle a surpris dans le monde médiatique, sans pour autant créer de vraie polémique. L’édition dont les premiers contenus devaient être mis en ligne en novembre, verra le jour début 2012. Nos confrères de Rue89 se sont procurés le mail envoyé depuis quelque jours par Anne Sinclair pour recruter les blogueurs. « Ces contributions ne seront pas rémunérées et seront l’équivalent de colonnes publiées dans d’autres médias. Mais nous leur donnerons la plus grande visibilité possible, grâce je l’espère, à la force de frappe du Huffington Post», écrit la journaliste. Les internautes accueillent mal la façon de faire: « Ni EDF, ni France télécoms ne vous acquittent de vos factures avec la notoriété, même si elle est grande », répond Pierre Serisier, journaliste, blogueur pour le monde.fr. De son côté, Roland Pavot (GdeC), blogueur indépendant, regrette que ses collègues soient « attirés par leur excès d’orgueil et leur besoin de reconnaissance ». Sa principale crainte, en plus d’une « exploitation des compétences à des fins d’enrichissement » du site, est la perte de la liberté d’expression des auteurs. Ce qui choque ailleurs, ne pourrait-il pas nous concerner aussi ? La version québécoise est pointée du doigt car elle s’apprête à faire travailler gratuitement des personnalités politiques de gauche. Des adversaires du profit des multinationales qui font du bénévolat pour AOL, la nouvelle peut surprendre. En France, le problème est le même : l’épouse d’un socialiste emblématique prône ce mode de fonctionnement. Même interrogation concernant Matthieu Pigasse, l’un des actionnaires majoritaires du Monde et président des Inrocks. Ces deux médias sont à l’origine de l’arrivée du « Huff » dans l’hexagone. Pigasse est donc l’un des ouvriers majeurs du site d’information. Mais il est surtout très proche de la gauche française. Longtemps conseiller de DSK, puis de Laurent Fabius, cet ancien de Science Po ne cache pas son soutien au Parti socialiste.

Les « experts » bénévoles

Dans son mail aux blogueurs, Anne Sinclair précise qu’il faut des « experts », histoire d’assurer un bon nombre de visite. Aux Etats-Unis, le « Huff » a fait son succès sur ce modèle éditorial. En France et au Québec, la proposition a plus de mal à se faire accepter. Il y a quelques jours, le site canadien projetj.ca révélait la liste de huit blogueurs ayant accepté d’offrir leur contribution au Huffington Post local. Parmi eux, trois noms font tâche : Amir Khadir, député de Québec solidaire (ancré à gauche) et la porte parole du parti, Françoise David. Le fondateur d’une organisation écologiste, Steven Guibeaut, apparaît également parmi les blogueurs « experts » et bénévoles. L’idéologie de gauche, en France et au Canada, ne serait-elle plus ce qu’elle était ? Est-ce devenu normal pour eux de travailler bénévolement pour accroître le profit d’une multinationale ? «Mon porte-parole a donné son accord de principe pour la reprise de mes textes qui sont déjà diffusés sur le Web », répondait Françoise David au site ledevoir.com. Les blogueurs québécois arguent que cela leur permet de défendre leurs idées en étant lu par un plus grand nombre. Aux Etats-Unis, le Huffington Post génère plus de 25 millions de visiteurs uniques par mois. AOL enregistre des bénéfices importants et, en France, le site sera soutenu par Les Inrockuptibles et le Monde, deux journaux gérés par des hommes d’affaire. Le mode de rémunération des blogueurs est un éternel débat…

Anthony Rivat

Anthony Rivat est est en Licence Webjournalisme à Metz.

Toujours sur le Huffington Post France, lire l’article de Jean-Marie Charon sur L’Observatoire des Médias, qui concluait ainsi :

[…]A moins que ce soit encore une tentative de plus pour profiter sans la rémunérer de l’activité des journalistes et de la frange du public le plus contributif.

HuffPost : Pourquoi la gauche soutient-elle la non-rémunération des blogueurs ? publie sur: L'Observatoire des Medias

December 20 2011

13:30

Retour sur l’échange Pulvar/Wauquiez : faut-il mettre en cause l’objectivité de la journaliste?

Audrey Pulvar tient peut-être son premier coup d’éclat dans le talk-show du samedi soir de Laurent Ruquier « On n’est pas couchés ». Le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Laurent Wauquiez venu dans l’émission défendre les propositions de son livre La lutte des classes moyennes, s’est vu sérieusement épinglé par la polémiste. Un débat agité, passionné, clivant, énormément commenté sur le web : bref, tous les ingrédients sont réunis pour le départ d’un nouveau clash.

Une place difficile à imposer

Timide au début, son style se fait de plus en plus acéré au fil des semaines. La chroniqueuse semble petit à petit trouver ses marques, chose loin d’être évidente lorsqu’on on remplace un duo aussi notoire qu’étaient ses prédécesseurs, Eric Zemmour et Eric Naulleau. On lui invoque d’ailleurs assez souvent, ainsi qu’à sa comparse Natacha Polony, qu’elles n’ont ni les qualités requises, ni la même verve, ni le même aplomb que « les deux Eric », devenus des personnages emblématiques de l’émission en quelques saisons, voire du PAF. En atteste d’ailleurs le baromètre média réalisé conjointement par l’Ifop et le JDD, dans lequel on peut voir Audrey Pulvar, également présente tous les matins sur la tranche 6h-7h de France Inter, passer de la 15ème à la 23ème position des journalistes préférés des français.

Serait-ce la comparaison peu avantageuse avec ses prédécesseurs qui entraîne la journaliste dans cette chute de popularité ? Ses prises de positions plus affirmées et médiatisées depuis qu’elle est arrivée sur France 2 ? Ou peut-être son exposition récente au bras de son compagnon le socialiste Arnaud Montebourg le soir où il est devenu le troisième homme des primaires du parti ?

Accusations et insinuations

L’indépendance de la chroniqueuse est la cible de vives critiques depuis la révélation de sa relation avec Arnaud Montebourg.

Les rivaux et les adversaires de son compagnon mettent en doute la sincérité et l’intégrité de la journaliste, notamment lorsqu’elle a interviewé dans « On n’est pas couchés » certains de ses concurrents lors de la primaire socialiste, Ségolène Royal et Martine Aubry, qui se seraient plaintes de « l’agressivité », du « militantisme » et des attaques sur l’affaire Guérini, sujet cher à son compagnon.

Agressive : c’est un peu exagéré. Audrey Pulvar se contente d’être accrocheuse, elle ne lâche pas l’interviewé tant qu’elle n’obtient pas une réponse. Et c’est une qualité qu’on a parfois du mal à retrouver chez tous les journalistes. Un polémiste se doit d’être offensif, d’apporter des contradictions, de faire évoluer le débat. Si ses argumentaires étaient trop mous, comment les aurions-nous interprétés ? Une connivence trop importante avec la gauche ? Une journaliste complaisante et pas très pugnace ? Un remplacement raté du duo Zemmour/Naulleau ?

Quant à son militantisme, cela nous ramène au vieux débat sur l’objectivité journalistique. Il est assez évident qu’aucun journaliste n’a d’objectivité journalistique. Il ne peut qu’y avoir une subjectivité de bonne foi. Et ceci est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’un polémiste ou d’un éditorialiste. Audrey Pulvar, qui se caractérise à gauche « Plus radicalement qu’Arnaud », accusée de propager un discours partisan, ne pourrait pas avoir d’avis différent de celui de son compagnon. Pis, elle ne pourrait pas faire preuve de déontologie et ne serait que la représentante d’Arnaud Montebourg. Comme si, celle qui est sortie major de sa promotion de l’ESJ Paris, ne pouvait pas faire la séparation entre sa vie privée et son indépendance journalistique.

Que pointe alors réellement les allégations de ces politiques ? Ce sont le reflet d’un décalage entre ce que les hommes politiques attendent d’un journaliste et ce que Audrey Pulvar produit en interview. Bousculés, les politiques s’indignent de son indépendance et sa liberté d’expression. Paradoxal lorsqu’on attaque dans le même temps son intégrité et sa déontologie. Audrey Pulvar dérange car elle n’est pas aussi consensuelle et formatée que la norme de ses confrères.

Réactions

Malheureusement, il est difficile pour Audrey Pulvar de faire oublier cette connivence dont elle serait coupable. Sur Twitter, nombreux sont les tweets à avoir fait le lien entre les accusations de conflit d’intérêt et la virulence dont elle a fait preuve durant l’échange.

La semaine d’avant, alors qu’elle était face à Manuel Valls, autre concurrent de son compagnon durant les primaires, @JeudyBruno, journaliste du JDD, ravivait à nouveau la polémique avec un tweet assassin, retweeté par plus de 30 personnes :

Audrey Pulvar semble donc condamnée à devoir prouver sa bonne foi chaque semaine.

Mélange des genres

Un article du monde.fr critique en outre la « frontière floue entre émission politique et de divertissement » de « On n’est pas couchés ». Cette ambiguïté serait le point de départ des multiples clashs et sorties de l’émission. Pour assurer le show et le divertissement, les deux chroniqueurs se doivent de chahuter les invités. Sans parler des constantes blagues de Laurent Ruquier et des interventions occasionnelles durant la partie politique des autres invités, quels qu’ils soient, acteur, chanteur, cinéaste, humoriste ou sportif. Ce mélange des genres tend à personnaliser la parole politique, puisque le politique n’est plus seulement jugé sur ses propositions et ses compétences politiques, mais aussi sa culture ou sa capacité à rire des blagues des autres, ou même à en faire soi-même.

Une autre question est par la même occasion posée. Qu’en est-il de l’équité temps de parole ? Laurent Ruquier qui s’est toujours interdit d’inviter Marine Le Pen, pour ne pas « livrer [son] audience aux idées du Front national », sera bien obligé de s’astreindre à la règle que fait appliquer le CSA et devra inviter la candidate du FN. Pas si sûr. L’express révèle que l’interview politique sera supprimée de l’émission à partir janvier prochain. La fin de la polémique autour d’Audrey Pulvar ?

Arnaud BEAUVAL
Etudiant de 21 ans en école en commerce, Arnaud s’intéresse à l’actualité et aux médias. Originaire de Paris, il est actuellement à Berlin en échange universitaire.

Mise-à-jour de 14h30 :
La députée UMP Anne Grommerch, une proche de Laurent Wauquiez, a mis en cause ce mardi « l’objectivité » de la journaliste Audrey Pulvar :

« Cette journaliste compétente ne peut se permettre de se laisser aller à de tels raccourcis (…). Ce type de dérapage pose une question de déontologie »

Lire la suite de la dépêche AFP.


Une vidéo par Fred-Lille sur lepost.fr

Retour sur l’échange Pulvar/Wauquiez : faut-il mettre en cause l’objectivité de la journaliste? publie sur: L'Observatoire des Medias

December 13 2011

10:38

Intégration simplifiée des tweets dans vos publications

Twitter simplifie l’intégration des tweets avec une nouvelle fonction présente sur chaque message publié.

Pour obtenir ce lien affichez d’abord le tweet lui-même depuis le lien « détails »

Affichez l'URL du tweet

Puis utilisez le lien « insérer ce tweet » pour récupérer le code à placer dans votre publication.

Utilisez le lien "insérer un tweet" pour récupérer le code à embarquer

Le résultat intégré donne ceci (notez que les liens restent actifs) :

Du coup profitez-en pour me suivre… et à vous de jouer !

December 05 2011

01:18

279 milliards de dollars - LE PROCÈS - III

QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?

Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?

Suite du précédent billet (où j'explique pourquoi le passage de 134 à 279 milliards $) : maintenant que toute hypothèse de hoax peut être définitivement écartée, que les défendeurs ont été notifiés, nous allons pouvoir rentrer dans les détails, mais avant de commencer à examiner de plus près ce que dit l'acte d'assignation, voyons qui sont, selon moi, les principaux acteurs de cette histoire :

1. La Dragon Family
2. Akihiko Yamaguchi
3. Neil F. Keenan
4. Daniele Dal Bosco et les défendeurs


* * *
3. Neil F. Keenan

Le 23 octobre 2011, Neil Keenan m'a contacté via mail, en commençant ainsi son message :
Mr. Le Ray what you have written about the Chiasso case and bonds is almost entirely correct but it needs some tightening up before complete. You see I am filing in Manhattan a huge action against many for stealing notes similar and we know they are real seeing we have tied the gold into the Green Hilton Agreement (Kennedy Bonds) and much more...
(c'est moi qui graisse...)

Jusque là, j'avais dû lire son nom à quelques reprises durant mes recherches, mais à vrai dire je ne l'avais jamais associé à l'un des principaux acteurs de cette histoire.

Autant vous dire qu'après une telle entrée en matière, il a attiré mon attention. Pourtant, face à mon énorme suprise pour cette prise de contact, je n'ai pas répondu immédiatement ! J'avais besoin de me donner le temps de la réflexion.

Il m'a donc relancé le lendemain, et je vous cite uniquement le passage qui m'a décidé à lui répondre :
I know the Chiasso incident very well seeing I was almost there at Alessandro's home in Carimate. He is a fantastic person and as honorable as can be.
Et qui donc pouvait parler ainsi d'Alessandro Santi (sur lequel pratiquement personne n'avait d'infos en Italie, si ce n'est Berlusconi...), sinon quelqu'un qui connaissait l'histoire suffisamment de près !?

Ma réponse, deux jours après son premier contact :
Mister Keenan,

I've read your mail yesterday but I needed to think thoroughly about it before to give you an answer.
I don't know you, I don't know absolutely nothing about you and the matter is so sensitive...
Anyway I'm just a blogger and everything I wrote I found it on the Web. To me this story is a very mysterious story, and the only thing I'm sure is that everything we have been told in the media about this case is wrong!
If you want to tell me more because you know more, ok, but personally I haven't got any other information different from what I wrote.
Et nous n'avons guère échangé plus de messages pendant un mois, jusqu'au 23 novembre où il m'a envoyé le fichier de l'assignation !

* * *
Voici ce que dit l'assignation, en résumé (§ 10 - 11 - 12) :
Keenan a été mis en contact avec Yamaguchi et la Dragon Family en août 2008, lors de l'une des opérations visant à placer des obligations japonaises et des bons Kennedy dans un PPP (Private Placement Program), dans laquelle il a servi d'intermédiaire auprès d'une banque chypriote, grâce à ses relations, notamment politiques, à la grande satisfaction de Yamaguchi. Celui-ci a donc insisté pour que Keenan aussi représente la Dragon Family dans diverses transactions impliquant finance privée, banques et sphères gouvernementales.

Suite à la saisie de Chiasso et aux louches manœuvres qui ont conduit Keenan à intenter cette action en justice, le 28 octobre 2010, Yamaguchi a désigné ce dernier comme fondé de pouvoir spécial, avec l'approbation du général Haan (qui serait le chef de la Dragon family), pour l'autoriser à agir en son nom et en celui de la Dragon Family, soit pour les placer dans un programme humanitaire, soit pour récupérer les fonds qui lui ont été volés (par Daniele Dal Bosco et les autres défendeurs...), également en vue de faire reconnaître que la Dragon Family est bien le possesseur légal de ces fonds.

La procuration spéciale d'octobre 2010 remplaçait et étendait tous les précédents pouvoirs qu'avait Keenan en tant que mandataire (en vertu desquels il était chargé de coordonner les investissements en projets humanitaires aux États-Unis, en Asie et en Europe, avec les fonds en garantie), et précisait explicitement que Keenan, "et seulement" lui, avait autorité pour décider quel type d'action entreprendre, comment financer ces actions et quantifier les préjudices en découlant. Lui seul pouvait donc coordonner tous les aspects inhérents au litige, et déterminer quoi faire à l'issue de ces actions entreprises pour le compte de la Dragon Family (seul détenteur légal des titres), puisque c'était à lui que les actions avaient été volées, et c'était à lui de voir comment les récupérer en assumant tous les risques connexes.
Sur les titres eux-mêmes, Keenan nous dit à propos des bons de la Fed (§ 2) qu'il n'a pas personnellement connaissance des circonstances dans lesquelles ces bons ont été émis, et qu'il tient ce qu'il en sait des déclarations que lui a faites M. Yamaguchi. Donc, selon ses informations et ses convictions :
(b) entre 1927 et 1938, en conséquence des accords passés entre la Chine et les États-Unis, ces derniers ont acheté quelque 50 millions d'onces d'argent et pris en location d'énormes quantités d'or auprès du Parti nationaliste chinois, autrement connu sous le nom de Kuomintang. À cette époque, une partie de la Chine était occupée par les troupes japonaises, la peur étant que le Japon aurait pu envahir tout le pays.
Une déclaration qui me ramène à deux précédents extraits de mes billets :

1. Sur l'opération Lys d'or :
Dix-huit années d'enquête minutieuse pour reconstituer plus d'un siècle de l'histoire du Japon ont conduit les auteurs à découvrir comment le fameux miracle économique nippon a été, en grande partie, financé par le pillage systématique de l'Asie pendant la Seconde Guerre mondiale. Une mise en coupe réglée des pays conquis (Formose, Mandchourie, Corée, Chine, Philippines, Vietnam) dont "la dimension, soulignent les auteurs, éclipse celle des nazis, en termes de chiffres, même si l'existence des pillages est toujours officiellement niée". Cette razzia, organisée par l'armée impériale, est placée sous l'autorité occulte du prince Chichibu, le frère de l'empereur Hirohito. Baptisée du nom de "Lys d'or", l'opération aurait rapporté au japon 100 milliards de dollars en or, pierres précieuses, objets d'art et de culte. Quand les armées japonaises envahissent la Chine en 1937 et étendent leur emprise vers le Sud, "Lys d'or" fonctionne comme une campagne financière parallèle. Le butin est acheminé en camions vers la Mandchourie et la Corée, puis expédié par bateau au japon. Des documents prouvent également qu'une partie du trésor de guerre, caché aux Philippines, aurait été récupérée dans les années 1945-1948 par des agents de la CIA. L'argent déposé sur 176 comptes bancaires de 42 pays aurait servi à financer des réseaux anticommunistes de la centrale de renseignements américaine...
Source : Opération Lys d'or, par Sterling et Peggy Seagrave (Éditions Michalon, 2002).

2. Sur l’origine et l’histoire de ces bons, écoutons Monsieur Yang :
Une descendante d’un haut dignitaire chinois de l’époque m’a confié que les américains avaient amené en Chine une dizaine de machines pour l’impression des bons, et que les machines ont tourné de 1928 à 1936. Selon elle, Song Meiling, la veuve de Tchang Kaï-chek s'est même fait rembourser ce type de bons, qui appartiennent à des descendants du Kuomintang et de la famille impériale chinoise.
Ce à quoi j'ajoutais :
N'y aurait-il pas là une quelconque connexion entre la "famille impériale chinoise" et la fort mystérieuse Dragon Family...

Quant aux machines qui ont tourné de 1928 à 1936 en imprimant les fameuses Séries de 1934, il est à noter que ces bons avaient une maturité de 30 ans et qu'ils arrivaient donc à échéance à partir de 1964. Or comme nous l'avons vu plus haut, le Trésor US a officiellement émis ce genre de bons de février 1955 à octobre 1969, d'où une compatibilité parfaite entre les dates !
Donc, selon Keenan, la période à laquelle remonte l'origine de ces bons se situe entre 1927 et 1938, et entre 1928 et 1936 pour Monsieur Yang...

Deux sources totalement indépendantes, qui ne se connaissent pas, mais se confirment réciproquement !

Un autre point sur lequel je voudrais revenir est celui des quelque 50 millions d'onces d'argent et des énormes quantités d'or, en mentionnant ce billet de Menthalo, qui précise :
Il y a un point que tu oublies de soulever, c’est que les Treasury notes de Kennedy étaient garanties par des pièces ou lingots d’argent-métal.

“President Kennedy’s Executive Order 11110 gave the Treasury Department the explicit authority: “to issue silver certificates against any silver bullion, silver, or standard silver dollars in the Treasury.”

Ces 134 B$ exprimés en onces d’argent représentent aujourd’hui 4 Milliards d’onces, soit près de 6 années de la production minière mondiale. Quand on sait qu’il reste environ 15 années de production de Silver, ces 134 Milliards de $ échangeables contre de l’argent-métal pèsent autrement lourd que le papier-toilettes émis par les imprimantes de la Fed. De quoi mettre les Etats-Unis en faillite et/ou faire s’envoler l’argent à des sommets totalement délirants.

Pourrait-il y avoir un quelconque rapport entre ces 134 Milliards et les 144 Milliards de $ de Dérivés Over The Counter Silver (other precious metals) dans les statistiques de la B.I.S. ?
Car si j'actualise les valeurs données par Menthalo aux 279 milliards $ dont il est question ici, ça nous donnerait plus de 8 milliards d’onces, soit une douzaine d'années de la production minière mondiale (sur environ 15 années de production restantes). Sans même mentionner les quelque 1 000 milliards de $ d'intérêts...

Je poursuis :
(c) En contrepartie des métaux précieux fournis par les chinois, des certificats obligataires ont été émis en vertu d'un accord passé entre la Chine et les États-Unis, qui ont servi comme sous-jacents pour financer le Kuomintang.

(d) Suite à la promulgation de la Loi sur les réserves d'or (Gold Reserve Act) en 1934, tous les lingots et pièces d'or détenus par les particuliers durent être remis à la Réserve fédérale, une organisation privée qui est de fait la Banque Centrale des États-Unis et l'émetteur du dollar des États-Unis.

(e) L'or détenu au niveau national aurait été acheté par la Fed, tandis que l'or "étranger" aux mains du Trésor aurait été pris en location par la Fed, contre l'émission obligataire des bons série 1934. Les bons appartenant à la Dragon Family n'ayant jamais été remboursés, pour payer les intérêts rattachés d'autres bons série 1934 ont été émis pendant la guerre civile chinoise (afin d'aider les opérations du Kuomintang en Chine et plus tard en Birmanie), ainsi que des bons Kennedy série 1968 par la suite.

(f) L'existence de cet or est documentée dans des comptes de l'Union de Banques Suisses, sous la protection du procureur général de la Confédération, et enregistrée via la Banque nationale suisse dans des comptes groupés de garanties internationales (International Collateral Combined Accounts) de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui les a bloqués ensuite pour constituer les soi-disants "Institutional Parent Registration Accounts" (IPRA) du Système de la Réserve fédérale américaine (Federal Reserve System, ou Fedsystem).

(g) Selon les procédures à suivre lorsque un porteur de ces obligations souhaite se les faire racheter, il doit d'abord communiquer le numéro des bons à la Fed et accompagner son dossier d'un grand projet ou d'une liste de projets à approuver. Ce n'est qu'une fois ce ou ces projets approuvé(s) que le bon est reconnu et que le "Fedsystem" prend des accords pour les bons dans une banque qui ouvrira une ligne de crédit ad hoc en finançant entre 30% et 80% de la valeur nominale des bons. Le Fedsystem fournit alors l'immunité nécessaire au porteur pour qu'il présente ses titres à la Banque qui a été choisie. Toute tentative de monétiser ces bons en dehors de ces procédures déboucherait sur un refus arbitraire de reconnaître les bons et sur une incarcération du porteur jugé "illégal".

(h) Pour permettre le refus des bons dans de telles circonstances, ceux-ci ont été imprimés dès l'origine de façon à faire apparaître certaines imperfections évidentes, afin de justifier les contestations. Toutefois, lorsque les bonnes procédures sont suivies, les bons peuvent facilement être vérifiés et authentifiés à travers les procédures de contrôle du Fedsystem...
Monsieur Yang ajouterait :
J'ai vu plusieurs types de bons, ils sont véritablement anciens, de très bonne facture, avec des filigranes, et, pour certains, des points secrets qui ne sont visibles qu'avec des lampes ultra-violet.
En revanche, sur les bons Kennedy, Keenan rapporte les mots suivants de Yamaguchi :
We, the Dragon Family, requested some interest to the US Government on 1998 by use of some securities/certificates got expired as same as the 57th Series Japanese Government Bonds. And, we have received the Kennedy Bonds, issued in 1998, as one of the interest payments from the US Government. I recognize as my position that the Kennedy Bonds were issued by the US Government as the interest only for the Dragon Family.
Donc, en clair, cette série de bons aurait bien été émise en 1998 (voir ici), mais uniquement au profit de la Dragon Family en paiement d'intérêts échus ; 1998 qui fut également l'année du sauvetage du yen...

J'arrête là ce billet, mais non sans m'interroger une fois encore sur le silence de la grande presse et de tous les médias mainstream qui font complètement l'impasse sur cette affaire, tellement énorme que soit elle fait peur, soit il est plus rassurant de ne pas la prendre au sérieux.

Jusqu'au jour où une agence de presse publiera une timide dépêche et tous suivront à la traîne, comme des moutons... On en attendrait davantage d'un journalisme digne de ce nom !

December 04 2011

04:59

134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II

Dans mon précédent billet, je vous annonçais que l'existence de l'assignation avait bien été vérifiée dans le système PACER (Public Access to Court Electronic Records), sous le numéro d'affaire « 1:11-cv-08500-JFK » déposée le 23 novembre 2011.

Voici une capture d'écran :

Et je précisais en mise à jour, « L'assignation a été notifiée à tous les défendeurs le 30 novembre... » (flèche rouge ci-dessous) :


Or j'ajoute aujourd'hui que par une coïncidence vraiment étrange, les initiales associées au dossier sont JFK ! Qui font référence au juge en charge de l'affaire, et non pas aux "Kennedy Bonds", contrairement à ce que l'on pourrait croire ! Il ne s'agit donc pas de John Fidzgerald Kennedy, mais du juge John F. Keenan (flèche bleue), qui porte le même nom que le plaignant : Neil F. Keenan !!!

Par conséquent, maintenant que toute hypothèse de hoax peut être définitivement écartée, que les défendeurs ont été notifiés, nous allons pouvoir rentrer dans les détails, mais avant de commencer à examiner de plus près ce que dit l'acte d'assignation, voyons qui sont, selon moi, les principaux acteurs de cette histoire :

1. La Dragon Family
2. Akihiko Yamaguchi
3. Neil F. Keenan
4. Daniele Dal Bosco et les défendeurs


J'ai déjà présenté brièvement la Dragon Family, passons aux suivants, toujours en m'inspirant de ce que dit l'acte.

* * *
2. Akihiko Yamaguchi

J'ai entendu parler de Yamaguchi pour la première fois le 6 juillet 2009, un mois après la saisie de Chiasso, dans le quotidien Il Giornale, qui appartient à Paolo Berlusconi, frère de Silvio, dont l'article relatait que :
  1. les deux japonais, qui se sont perdus dans la nature, probablement loin de l'Italie, s'appelleraient Akihiko Yamaguchi et Mitusoyoshi Wanatabe (faute de frappe : Mitsuyoshi Wanatabe est le nom exact tel qu'il figure sur le passeport) ;
  2. parmi les documents saisis, le nom d'un contact italien : Alessandro Santi, ex-président du Consortium International des Transports de Rome ;
  3. parmi les pièces saisies, certains documents permettraient de relier des titres à la Dragon Family !
À ma connaissance, c'est la première source en Italie à avoir désigné nommément les acteurs de cette affaire, et à l'époque, sur Internet, les infos que l'on pouvait collecter sur Yamaguchi étaient celles d'un "fraudeur", déjà impliqué dans une précédente affaire, où il aurait été porteur d'un bon japonais de la série 57, série dont j'ai essayé de reconstituer partiellement l'histoire dans mon billet sur le Lys d'or :
J'ignore la fiabilité des sources, mais l'allusion faite par Sterling & Peggy Seagrave sur la procédure intentée par Norbert Schlei pour faire valoir l'authenticité de la fameuse série “57” des bons japonais est extrêmement intéressante, car nos deux japonais de Chiasso transportaient également cinq bons de cette série : quatre obligations de cent milliards de yens chacune, émises par le ministère du Trésor japonais le 30 avril 1983, plus une autre obligation de cinq cents milliards de yens (comme la n° A 05721), même date, même émetteur, soit un total de 900 milliards de yens, outre les 134,5 milliards de dollars (pour une valeur globale dépassant 100 milliards d'euros à la date de la saisie).

Or ces deux citoyens japonais, MM. Akihiko Yamaguchi, 55 ans, et Mitsuyoshi Watanabe, 61 ans :

Akihiko Yamaguchi & Mitsuyoshi Watanabe
étaient déjà complices en 2004 comme il résulte de cette procuration (valide jusqu'en 2013...) pour écouler ces fameux titres "Shōwa 57" (émission par le Japon de cette série d'obligations - nommée série 57, car émise en 1983, durant la 57e année du règne de l'empereur Hirohito -, dont nul ne sait encore vraiment, comme dans l'affaire qui nous occupe, si elles sont vraies et/ou fausses !).

Personnages vraiment très mystérieux, puisque selon cette source, Akihiko Yamaguchi serait un ex-haut fonctionnaire du Ministère japonais des Finances, impliqué en son temps dans l'écoulement illégal d'obligations qui aurait conduit à son arrestation et à sa condamnation à 20 ans de prison pour fraude ; et selon cette autre source, Yamaguchi serait en outre le beau-frère de l'ex vice-gouverneur de la Banque du Japon, Toshiro Muto.

En outre, que je sache, depuis le début de cette affaire, pas une seule fois les autorités japonaises ne se sont prononcées officiellement sur leurs deux concitoyens, alors qu'il y aurait matière, avouons...
L'acte d'assignation de Keenan vient donc renverser complètement les infos sur Yamaguchi, toujours dépeint comme un trafiquant de titres contrefaits, en nous disant (§ 2, a) qu'en réalité il serait le mandataire désigné par la Dragon Family et signataire dûment autorisé dans plusieurs opérations exécutées au fil des ans.

Or pourquoi me suis-je cité moi-même ? Pour signaler un passage extrêmement important, selon moi, qui reprend un article publié sur VareseNotizie.it le 17 septembre 2010, malheureusement plus en ligne aujourd'hui, MAIS, fort heureusement, encore en cache, merci Google :


Le passage, marqué d'une flèche bleue, rapporte qu'en plus des bons Kennedy et de la Fed, les deux japonais transportaient d'autres bons :
quattro obbligazioni emesse il 30 aprile 1983 dal ministero del Tesoro giapponese del valore di cento miliardi di yen ciascuna per complessivi 400 miliardi di yen e un'obbligazione emessa il 30 aprile 1983 sempre dal Tesoro nipponico del valore di 500 miliardi yen.
Soit cinq bons de la série 57 : quatre obligations de cent milliards de yens chacune, émises par le ministère du Trésor japonais le 30 avril 1983, plus une autre obligation de cinq cents milliards de yens.

Donc, récapitulons :

* Les titres subtilisés à Neil Keenan représentent une contrevaleur de 144,5 milliards de dollars, ainsi répartis :

(i) 249 bons de la Fed, n° de série D 45184101 A / D 45184350 A" (1 manquant, n° D 45184349 A), pour un montant total de 124 500 000 000,00 $ ;
(ii) 2 bons japonais de la série 57 de 500 millions de yens l'un, soit un total de 1 milliard ¥ pour un équivalent de 19 000 000 000,00 $ ;
(iii) 1 bon Kennedy d'1 000 000 000,00 $, n° de série AP11 024068 A.

* Les titres saisis à Chiasso à Yamaguchi et Watanabe représentent, officiellement, une contrevaleur de 134,5 milliards de dollars, ainsi répartis :

(i) 249 bons de la Fed, n° de série D 45183602 A / D 45183850 A" (1 manquant, n° D 45183601 A), pour un montant total de 124 500 000 000,00 $ ;
(ii) 10 bons Kennedy pour un montant total de 10 000 000 000,00 $, n° de série AP11 025691 A / AP11 025700 A

+ (source non officielle, puisqu'ils ne sont pas cités dans le communiqué des douanes, donc nous ignorons s'ils ont été saisis ou pas...)

(iii) 5 bons japonais de la série 57 pour un total de 900 millions de yens (qui équivalent à peu près à 17 000 000 000,00 $) ;

soit, en nous en tenant aux seules sources "officielles" (acte d'assignation et communiqué des douanes), un montant total - explicitement et implicitement contesté par Keenan aux italiens - de 144,5 + 134,5 =


Nous verrons dans la prochaine partie qui est Neil F. Keenan et quels sont ses arguments...


P.S. Ajoutons enfin que Keenan mentionne plusieurs déclarations faites par Yamaguchi, une rendue le 20 avril 2009 sur l'histoire des bons japonais, et une autre sous serment, le 4 août 2010, sur celle des bons Kennedy, ancienne (1968) et nouvelle (1998) séries...

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134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

Actualités, Italie, 134,5 milliards, Dollar, Dragon Family, désinformation, information, Keenan, presse, médias

December 01 2011

23:39

134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I

QUESTION : est-il normal qu'une semaine après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?

Ni en ligne ? Et pourtant ils sont au courant ! J'ai vu dans mes liens référents qu'à deux reprises Médiapart a consulté mon billet de la semaine dernière, j'ai contacté Rue89 via Twitter et par mail le directeur de l'édition en ligne du Fatto Quotidiano, sans le moindre retour jusqu'à ce jour.

Or l'acte d'assignation est disponible, tous peuvent le lire !

Alors quoi ? C'est un hoax, le PDF est un faux parce qu'on ne trouve pas trace de l'affaire 1:2011cv08500 dans les bases de données librement accessibles, comme Free Court Dockets, Justia ou autres ?

Je n'ai pas l'accès à des sources réservées, comme PACER (Public Access to Court Electronic Records), Bloomberg ou autres, mais par contre je sais de première main que l'avocat a déclaré sur deux radios, CBS et une autre sur Internet, que l'affaire était totalement légitime et qu'elle avait bien été déposée le 23 novembre 2011.

Mais comme je concluais dans mon précédent billet : « cette fois je suis vraiment curieux de voir quand et comment la presse s'emparera de cette histoire ! » Nous verrons...

En attendant j'ai lu l'acte de la première à la dernière ligne (je n'avais fait que le survoler jusqu'à présent), et je peux vous dire que c'est plutôt du genre bombe H que Hoax, et quand ça va péter, ça va souffler fort, très fort. Et partout. C'est même du genre à foutre en l'air tout le système actuel.

J'imagine déjà les contre-stratégies de manipulation, de propagande, c'est pas sérieux, c'est une histoire de fous, et puis le grand mot, le gros mot enfin lâché, CONSPIRATIONNISME : « un terme bien pratique pour éviter d'approfondir et couper court à toute contestation raisonnée »...

Or il suffit de lire l'acte pour comprendre que si conspirationnisme il y a, il n'est pas forcément du côté où l'on s'y attendrait, puisque c'est l'accusation-même portée par le demandeur, dès les premières lignes :

Inutile d'entrer dans des détails juridiques pour préciser le sens de "conspiracy" dans la "civil law", nous nous contenterons dans le cadre de ce billet de nous arrêter à l'étymologie du mot, suffisamment parlante.

Mais de quelle conjuration parle-t-on ? Et qui sont les acteurs de cette affaire ? Pour tenter une explication, je les identifierais comme suit :

1. La Dragon Family
2. Akihiko Yamaguchi
3. Neil F. Keenan
4. Daniele Dal Bosco et les défendeurs

* * *
1. La Dragon Family


J'ai déjà eu l'occasion d'en parler, mais sans jamais trop comprendre de quoi il s'agissait vraiment ! Même si, à la lecture de l'acte, il faut reconnaître que les passages en anglais reportés dans mes billets cadrent parfaitement avec ce que nous dit l'avocat aujourd'hui (§ 14) :
La Dragon family est une organisation informelle, très secrète, regroupant d’anciennes familles chinoises, qui n’aspire pas à être connue ni reconnue mais préfère opérer dans l’ombre, en se plaçant au-delà des clivages politiques entre République de Chine (Taïwan) et République Populaire de Chine, et agit pour le bien de l’humanité au plus haut niveau de coordination avec les organisations financières mondiales, et notamment avec le Système de la Federal Reserve.

Au cours du siècle dernier, cette organisation, qui a accumulé d’immenses richesses, a fourni à la Banque de la Federal Reserve et au gouvernement des États-Unis énormément d’actifs en or et en argent stockés dans les caveaux de banques suisses, en contrepartie de quoi elle a reçu diverses reconnaissances de dette sous forme de billets et de certificats obligataires tels que ceux qui sont au cœur de l’affaire et qui représentent une OBLIGATION du Système de la Federal Reserve, … mais ne sont qu’une petite partie des nombreux millions de milliards de dollars (
many Thousands of Trillions of United States Dollars) (!!!) accumulés dans les coffres de la Dragon Family. Qui sont tous dûment enregistrés dans le Système de la Federal Reserve, via lequel leur existence peut être facilement vérifiée...
Plus loin, l'acte explique un peu mieux quelles sont les procédures de vérification à mettre en œuvre pour reconnaître l'authenticité des titres, et quels sont les stratagèmes conçus dès le départ pour pouvoir officiellement prétendre qu'il s'agirait de contrefaçons dès lors que les titres ne suivraient pas des procédures régulières.

Or, pour placer ces titres, ils doivent être corrélés à la réalisation de projets humanitaires (PPP dans l'acte, pour Private Placement Program) afin que les financements soient reconnus.

Voir, à ce propos, ce qu'affirmait M. Yang, pour qui il n'est absolument pas question de contrefaçons :
(Si ces titres) sont payés un jour, l'argent sera utilisé pour la construction de plusieurs centaines d’hôpitaux en Chine. Un protocole d'accord a été signé pour cela.
Or nous avons là deux sources totalement étrangères l'une à l'autre, qui se recoupent parfaitement...

Avec certaines preuves difficiles à falsifier, avouons-le : la photo du coffre que m'a fait parvenir M. Yang est quand même assez unique !


Je crois d'ailleurs que dans l'infinité du Web, on ne la trouve que sur Adscriptor ! (numéros de série effacés par mes soins). Alors, œuvre de faussaires ? de conspirateurs ?

Des faussaires et des conspirateurs qui n'hésitent plus à sortir du bois dans une action en justice devant le Tribunal de New York, publiquement intentée contre, notamment (répétons-le !), un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., dans laquelle les avocats d'un cabinet légal ayant pignon sur rue depuis près de 75 ans osent affirmer que les titres sont vrais, qu'ils ont été volés par une véritable "association de malfaiteurs" (et quels "malfaiteurs" !, signalés en début de phrase...), selon leurs informations et leurs convictions (Upon information and belief, ...), certes, mais permettez-moi de douter qu'ils s'embarqueraient sans biscuits dans une affaire pareille. Et puis surtout, ce sera aux défendeurs de prouver que ce que prétendent Keenan et la Dragon Family est faux...

Je termine ici cette première partie, non sans vous citer ces mots d'un anonyme, évidemment, commentant l'un de mes précédents billets :
Faut arrêter de fumer la moquette...
Sinon, faites-vous aussi des enquêtes sur les hommes verts et les OVNIs ?
J'avoue que les hommes verts et les OVNIs, j'ai pas encore tenté. Mais je suis sûr que si un jour je décide d'enquêter sur les connards, c'est pas la matière première qui manquera. Qu'il ou elle se nomme, et je lui dédicacerai mon rapport d'étude !

Car toute cette "enquête" se base sur des faits, déjà récapitulés, et qui sont aujourd'hui sanctionnés par un procès :

Public, au grand jour. Décrit dans un acte de 114 pages probablement rédigé par un autre faussaire (cette affaire en est pleine) qui se fait passer pour un avocat...

Par conséquent si ce procès est faux ou inventé, je serai le premier à reconnaître m'être fait berner dans les grandes largeurs.

Mais s'il ne l'est pas ? À suivre...


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P.S. J'ai reçu à 13h35' un message en copie qui dit ceci :
Reader J. (thanks, J. :) now reports he checked the PACER system today after having checked it for us yesterday - and today, Keenan's filing can be found in the system, identified as:

Case 1:11-cv-08500-JFK Document 1 Filed 11/23/11


Reader J. also sent along a PDF of the filing (114 pages) downloaded via PACER, essentially identical to the one provided by Keenan on the 24th that is available through a link in the above-referenced post.
Expédié par le responsable de Rumor Mill News.

* * *
134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

Actualités, Italie, 134,5 milliards, Dollar, Dragon Family, désinformation, information, Keenan, presse, médias

November 29 2011

15:21

Le monde du Web social en 2011 en infographies vidéo

Impressionantes l’évolution des médias sociaux en quelques mois ! A découvrir en infographies animées :

November 26 2011

23:09

Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US

D'ici peu, l'info va faire le tour du monde : la Dragon Family a déposé hier une assignation à comparaître au Tribunal de New York, citant en jugement, notamment, le gouvernement italien, la Guardia di Finanza italienne et Silvio Berlusconi himself :


Si vous vous demandez pourquoi et comment j'ai cette info entre les mains, c'est simplement parce que Neil F. Keenan, mandataire de la Dragon Family dans cette affaire, m'a contacté en octobre dernier, en me disant que de tout ce qu'il avait lu sur Internet de cette histoire, c'était moi qui m'approchait le plus de la vérité, et en me promettant donc de m'envoyer l'acte d'assignation avant tout le monde !

Promesse tenue : l'avocat du cabinet légal Bleakley Platt & Schmidt, LLP a déposé l'assignation hier au tribunal de New York, et dans la journée j'ai reçu copie des 114 pages de l'acte !!!

[Mise à jour, 25-11-11, 16h20'] L'acte est désormais en ligne...

Inutile de vous dire qu'au fil des semaines à venir je prendrai le temps de décortiquer toute l'histoire telle qu'elle ressort de l'argumentaire de l'assignation, mais l'accusation, en gros, est d'avoir tenté de voler les 134,5 milliards de $ (porteurs en outre d'environ mille milliards $ d'intérêts...) à leur propriétaire "légitime", la mystérieuse Dragon Family :


Dont Neil Keenan nous dit également :
Upon information and belief, the Kuomintang appointed guardians of this Gold and the securities issued by the United States who came to be known euphemistically as the Dragon Family. The Dragon Family is, in fact, a highly secretive and informal organization that operates between old families within China and Taiwan, above the political divide of the two independent Chinese Governments. The Dragon Family abstains from public view and knowledge, but, upon information and belief, acts for the good and better benefit of the World in constant coordination with higher levels of Global Financial Organizations, in particular, the Federal Reserve System.
Franchement, j'ai même pas envie de traduire pour l'instant, tellement cette histoire me secoue, d'autant plus qu'elle recoupe parfaitement ce que je disais précédemment, en en comblant les lacunes, aussi bien dans l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles, que dans Monsieur Yin & Monsieur Yang, mon dernier billet en date sur l'évolution de la saisie de Chiasso, en juin 2009...

À suivre, c'est le cas de dire !


P.S. Je vois que Benjamin Fulford a publié un billet le même jour (donc disons que la mienne est juste une exclusivité "européenne", ou une "semi-exclusivité" si vous préférez ;-), qui fournit un résumé bien plus détaillé que le mien de cette affaire. Mais franchement, je n'avais ni le temps ni l'envie de traduire les points clés de l'acte, comme précisé plus haut.

J'imagine que beaucoup crieront au complot, au conspirationnisme ou à tout ce que vous voulez, mais après tout chacun/e est libre de se faire sa propre opinion.

La mienne est la suivante.

Il y a énormément de choses que je ne comprends pas dans l'acte d'assignation, d'autres choses que je trouve d'une étrangeté folle et sur lesquelles je suis même incapable d'arrêter un avis précis : pour tout dire, elles me dépassent.

Par contre, dans tous les billets que j'ai consacrés à cette histoire, je me suis contenté d'observer les faits, en essayant de les décortiquer pour, justement, que chacun/e soit en mesure de se faire sa propre opinion.

Car trop de choses ne cadrent pas, et ce ne sont certes pas les informations "officielles" qui ont aidé à débrouiller l'écheveau, au contraire...

Donc le fait que quelqu'un intente un procès de cette ampleur, en citant à comparaître des parties défenderesses à un tel niveau, ne peut signifier que 2 choses :

1. soit il est complètement fou et farfelu,
2. soit il est en possession de preuves, de documents, de justificatifs, etc., en somme de moyens de droit tels qu'il faudra au moins que la justice les examine et les évalue avant d'en tirer des conclusions dans un sens ou dans l'autre...

Or personnellement, je ne pense pas du tout qu'il soit complètement fou ou farfelu. Par conséquent, avant de prétendre qu'une telle action serait sans fondement, il s'agit d'aller au fond des choses, devant un tribunal, où chacune des parties impliquées pourra faire valoir ses droits.

Ainsi, dans les semaines et les mois à venir, si cette action va jusqu'à son terme, mon seul but sera d'essayer de rendre compte des arguments des uns et des autres.

Mais dire a priori que tout cela n'est que complot, conspiration ou que sais-je d'autre, c'est vraiment un pas que je n'oserais franchir. Et du reste, même si au final c'est bien de cela dont il s'agirait, encore faudrait-il comprendre qui est-ce qui tire les fils...

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134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

Actualités, Italie, 134,5 milliards, Dollar, Dragon Family, désinformation, information, Keenan, presse, médias
23:05

134 milliards de dollars - Affaire relancée

Ce billet n'est pas qu'une mise au point, il est également censé marquer une ligne de partage entre ce qui s'est passé jusqu'à présent, que je considérais une affaire sciemment enlisée, comme le lectorat d'Adscriptor a pu le voir dans la colonne de droite de mon blog ces derniers mois, où tous mes billets publiés sous le tag "134 milliards" étaient regroupés sous le titre 134 milliards $ (affaire étouffée...), et ce qui se passera dorénavant, après qu'un procès ait été intenté au tribunal de New York comme je l'ai annoncé en avant-première, billet dans lequel je précisais en P.S. quelle était mon opinion sur cette histoire :
Il y a énormément de choses que je ne comprends pas dans l'acte d'assignation, d'autres choses que je trouve d'une étrangeté folle et sur lesquelles je suis même incapable d'arrêter un avis précis : pour tout dire, elles me dépassent.

Par contre, dans tous les billets que j'ai consacrés à cette histoire, je me suis contenté d'observer les faits, en essayant de les décortiquer pour, justement, que chacun/e soit en mesure de se faire sa propre opinion.

Car trop de choses ne cadrent pas, et ce ne sont certes pas les informations "officielles" qui ont aidé à débrouiller l'écheveau, au contraire...

Donc le fait que quelqu'un intente un procès de cette ampleur, en citant à comparaître des parties défenderesses à un tel niveau, ne peut signifier que 2 choses :

1. soit il est complètement fou et farfelu,
2. soit il est en possession de preuves, de documents, de justificatifs, etc., en somme de moyens de droit tels qu'il faudra au moins que la justice les examine et les évalue avant d'en tirer des conclusions dans un sens ou dans l'autre...

Or personnellement, je ne pense pas du tout qu'il soit complètement fou ou farfelu. Par conséquent, avant de prétendre qu'une telle action serait sans fondement, il s'agit d'aller au fond des choses, devant un tribunal, où chacune des parties impliquées pourra faire valoir ses droits.

Ainsi, dans les semaines et les mois à venir, si cette action va jusqu'à son terme, mon seul but sera d'essayer de rendre compte des arguments des uns et des autres.

Mais dire a priori que tout cela n'est que complot, conspiration ou que sais-je d'autre, c'est vraiment un pas que je n'oserais franchir. Et du reste, même si au final c'est bien de cela dont il s'agirait, encore faudrait-il comprendre qui est-ce qui tire les fils...
Je voudrais donc tenter de vous récapituler les FAITS, et uniquement les faits, avant d'expliquer pourquoi et sur quelles bases j'ai décidé de donner foi à l'acte d'assignation que m'a fait parvenir Neil Keenan.

LES FAITS

1. Le 4 juin 2009, à Chiasso, à la frontière Italie-Suisse, deux japonais sont interpellés avec 134,5 milliards de dollars d'obligations dans le double-fond d'une valise.

2. L'info, confirmée par un communiqué officiel des douanes italiennes, est étonnamment peu reprise dans la presse et les médias italiens ; je ne la découvre et la publie que quatre jours plus tard (8 juin 2009).

3. C'est un scoop que je suis le premier à sortir en France et le début d'une longue enquête de nature "journalistique" (je crois que j'ai lu, vu et entendu tout ce qui pouvait se dire, voir ou entendre autant en Italie qu'aux États-Unis et sur le Web, à propos de cette histoire).

4. Le 13 juin, Rue89 publie un article intitulé "trop gros pour être vrai", auquel je réplique le lendemain par un "trop gros pour être faux", tant le nombre de contradictions qui commencent à apparaître autour de la saisie et des événements qui s'ensuivent n'arrête de prendre de l'ampleur...

5. Le communiqué officiel, n° de protocole 78836 /RU, détaille la saisie : 249 “bonds de la Federal Reserve” d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, plus 10 “bonds Kennedy” d'une valeur nominale de 1 milliard USD l'un (249 x 500 + 10 = 134,5 milliards), outre une importante documentation bancaire ORIGINALE, selon l'évaluation des douaniers !


5. Voici ce que dit le Colonel Mecarelli, interviewé :
Pour l'heure, je peux seulement dire que nous avons de gros doutes sur les 10 bons "Kennedy", d'une valeur nominale de 1 milliard $ l'un, tandis que les bons de 500 millions sont imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, ils semblent plus crédibles.
(...)
Naturellement, nous collaborons avec des experts des services secrets américains, et nous devrions bientôt disposer d'expertises officielles pour éclaircir la question.
(...)
Les japonais, en transit de l'Italie vers la Suisse, ont été interrogés et ont déclaré ce qu'ils avaient à déclarer. Ils sont à présent en liberté, je ne peux en dire plus pour le moment.

* * *

Per quanto riguarda i 10 bond denominati "Kennedy", dal valore nominale di 1 miliardo di dollari, posso dirle soltanto che abbiamo forti perplessità. Mentre per i 240 titoli da 500 milioni, la carta è filigranata e di ottima fattura. Sembrano più credibili.
(...)
Ovviamente collaborano con noi esperti americani del Secret Service. Al termine avremo perizie ufficiali per dirimere la questione.
(...)
I giapponesi, che viaggiavano dall'Italia alla Svizzera, sono stati interrogati ed hanno rilasciato le loro dichiarazioni. Al momento si trovano a piede libero. E naturalmente non posso dirle di più.
6. Ici nous avons une première, grosse, incohérence : les deux japonais ont été relaxés quasi-immédiatement, alors même que les autorités japonaises déclaraient ne pas encore être sûres de leur citoyenneté, et que les autorités italiennes déclaraient ne pas encore savoir si ces bons étaient vrais ou faux.

Car lorsqu'ils ont été contrôlés, selon le communiqué officiel ils "ont affirmé aux douaniers n'avoir rien à déclarer à leur descente du train en provenance d'Italie" (scesi da un treno proveniente dall’Italia, al momento del controllo doganale affermavano di non avere nulla da dichiarare).

Donc de deux choses l'une : si les titres étaient faux, ils auraient dû aller en prison, alors qu'en cas d'obligations vraies mais non déclarées, les porteurs risquaient aussi la prison (ce qui est déjà le cas pour des quantités sans aucune proportion avec celles dont nous parlons ici)...

De plus, ce même communiqué précise que si les titres étaient authentiques, le fisc italien aurait pu infliger une sanction de 40% sur l'excédent de la franchise autorisée (de 10 000 euros), soit 38 milliards d'euros d'amende !

Or comment l'Italie aurait-elle pu faire valoir ses droits en les relâchant immédiatement ? Et dans ces conditions, la garde à vue ne s'imposait-elle pas, tout au moins jusqu'à avoir obtenu une réponse fiable à toutes les inconnues susmentionnées : étrange, non, une relaxe aussi précipitée ?

7. La presse et les médias officiels, de qui on serait en droit d'attendre des éclaircissements, se contente de répéter, sans chercher à approfondir le moins du monde, que non seulement nous serions en présence d'une contrefaçon, mais qui plus est d'une contrefaçon de FAUX (du jamais vu ;-), facilement identifiable dès le premier jour !

Là où les douaniers italiens déclaraient depuis le début qu'une bonne partie de la documentation bancaire était ORIGINALE et qu'il faudra deux semaines (!) à la SEC pour expertiser les titres...

Car ce n'est pas tout : le 18 juin, Bloomberg cite Stephen Meyerhardt, un porte-parole du Trésor américain, déclarant que de toute évidence les titres sont faux : “They’re clearly fakes” !

En ajoutant par ailleurs :
Tout ce que nous avons vu, ce sont des photos qui tournent sur Internet, mais cela nous suffit pour affirmer que ces bons du Trésor sont des contrefaçons...

"All we've seen is a photograph that's been moved on the Internet. But just with that we can tell that those are not real Treasury securities."
Questions :
  • peut-on assimiler une telle déclaration à l'expertise officielle que les douaniers italiens affirment avoir sollicité plus de deux semaines auparavant ?
  • fallait-il attendre 15 jours (du 3 au 18 juin) pour fournir les résultats d'une telle "expertise" sur la base de telles "preuves documentaires" ?
  • n'y a-t-il pas une contradiction majeure entre ce constat de faux tellement grossiers que de simples photos suffisent à les identifier à distance, et les premières déclarations de la douane italienne qui font état d'une importante documentation bancaire ORIGINALE et de bons imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, au point de sembler crédibles ?
  • et si, comme le laisse entendre le communiqué officiel italien, une importante documentation bancaire ORIGINALE accompagnait les titres, et que les titres sont faux, de quelle importante documentation bancaire ORIGINALE s'agit-il ?
  • et s'il est avéré "officiellement" que les titres sont faux, pourquoi les deux personnages interpellés à Chiasso et presque immédiatement relaxés parce que leur avocat se serait porté garant pour eux ne sont-ils pas arrêtés ? A-t-on perdu leurs traces ? Est-on sûrs de leur identité ?
Et encore, en Italie, deux journaux aussi sérieux que Italia Oggi et Milano Finanza, commentent ainsi :
Les autorités italiennes considèrent suspecte la précipitation avec laquelle Washington a jugé que les bons étaient faux, vu l'enjeu d'une amende de 38 milliards d'euros. Reste encore à clarifier l'identité des deux suspects japonais et la nature de leurs relations avec la Banque centrale de Tokyo (...), une histoire qui risque maintenant de se transformer en affaire diplomatique.
En titrant : « Maintenant, que le Japon nous paie 38 milliards $ », et en confirmant :
Selon des sources confidentielles, l'un des deux, Tuneo Yamauchi, serait le beau-frère de Toshiro Muto, ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon. Un détail loin d'être négligeable dans l'actuel bras de fer entre les autorités italiennes, japonaises, et la Fed. Car si la Guardia di Finanza avait estimé dès le départ que les titres étaient contrefaits, les deux hommes auraient dû être arrêtés et non pas remis en liberté sans commentaires.

8. Le 30 juin, AsiaNews, dont la crédibilité est difficile à mettre en doute, publie un billet intitulé « Tout porte à croire que les titres américains saisis à Chiasso sont authentiques ! »

Que dit ce nouvel article ?

I. D'abord il revient sur les déclarations du porte-parole du Trésor américain, Meyerhardt, et du porte-parole de la CIA, Darrin Blackford, qui ont affirmé que les titres étaient faux, tout en s'interrogeant sur la façon dont la CIA est parvenue à cette conclusion (via Internet ?), puisque selon les sources officielles italiennes, la commission d'experts américains attendue en Italie doit encore arriver...

Il précise également que les titres étaient accompagnés d'une documentation bancaire récente et ORIGINALE, et se demande par conséquent comment les autorités américaines peuvent établir que cette documentation aussi est fausse, dès lors qu'elle ne provient ni de la Fed ni du Trésor des États-Unis ?

II. Il insiste ensuite sur l'incarcération d'Hal Turner, qui fut le premier à indiquer - dès le 20 juin - que les titres étaient en possession de deux employés du Ministère japonais des Finances, et que d'après les numéros de série, les 134,5 milliards $ faisaient partie des 686 milliards $ de la dette U.S. officiellement détenue par le Japon. Il annonçait par ailleurs que dans les jours suivants il aurait été en mesure de communiquer les numéros de série pour prouver leur authenticité (TRN has been told to expect to receive serial numbers from the bonds as proof they are real. In addition, our source claims he can obtain scanned images of some of those bonds as well. If we are given such information or images, we will report them publicly.)

Or le 24 juin Hal Turner, personnage fortement controversé, a été incarcéré, apparemment pour des menaces qu'il aurait précédemment proférées contre des juges...

AsiaNews, sans se prononcer sur la crédibilité des infos relatées par Turner, remarque cependant qu'il fut en son temps à l'origine de révélations sur l'amero...

(BLANC)

AsiaNews observe donc que la coïncidence temporelle et les détails de l'incarcération font naître quelques soupçons sur les motifs réels des américains.

Il est également curieux de constater que la révélation de Turner - qu'il a été le SEUL à faire - sur les connexions entre les deux japonais et le Ministère japonais des Finances a été corroborée à quelques jours de distance À PARTIR D'AUTRES SOURCES, d'abord par AsiaNews puis par deux journaux économiques aussi sérieux qu'Italia Oggi et Milano Finanza...

III. AsiaNews termine enfin en revenant sur les fameux titres Kennedy d'1 milliard $ l'un, pour lesquels il précise qu'il ne s'agit pas de Bonds mais de Treasury Notes, et que selon des sources confidentielles généralement bien informées, ce type de billets de trésorerie a bien été émis en 1998, même si cela ne veut pas dire que les billets saisis soient authentiques.


Tout en observant que le fait qu'ils ne soient pas du domaine public tend à exclure qu'ils puissent avoir été contrefaits, puisque cela n'aurait aucun sens pour un faussaire de reproduire des billets qui ne sont pas en circulation et dont personne n'est au courant.

CQFD!

9. Ces fameux titres Kennedy d'1 milliard $ l'un ne sont donc pas des Bonds, mais des Treasury Notes, autrement dit de "simples" billets de banque émis par le Trésor américain, en vertu de l'ordre exécutif n° 11110, voulu en 1963 par John F. Kennedy, qui utilisa la Constitution américaine pour affirmer :

« Le Congrès aura le pouvoir de battre la monnaie et d'en réguler la valeur. »
Kennedy mit fin au pouvoir de la Federal Reserve d'imprimer la monnaie et de la prêter au gouvernement avec intérêt en signant l'Executive Order 11.110 le 4 juin 1963. La directive appelait à la production de 4.3 trillions de dollars en billets des États-Unis par le Trésor US et non par la Federal Reserve. Il signa aussi une loi rendant les billets de un et deux dollars convertibles en or ce qui renforça la monnaie nouvellement émise par le gouvernement. James J Saxon, le contrôleur des finances de Kennedy, encouragea plus d'investissements et de pouvoirs de prêts pour les banques qui ne faisaient pas partie du système de la Federal Reserve. Il encouragea aussi ces mêmes banques à traiter directement avec les institutions financières locales et étatiques. En écartant les banques de la Federal Reserve des investissements de capitaux, Kennedy les aurait brisées et détruites.
Une mesure qui n'aurait pas été abolie par la suite (à vérifier puisque, officiellement, les United States Notes n'auraient plus été produits après le 21 janvier 1971...). Donc, selon Luigi Grimaldi, le journaliste de Liberazione qui a publié son article hier, en 1998, date d'émission de ces « billets des États-Unis » à l'effigie de Kennedy par le Trésor US et non par la Federal Reserve (qui ne ment donc pas en affirmant qu'elle n'a jamais émis de billets de cette valeur...), « 99% des billets en circulation étaient des billets de la Federal Reserve, et 1% des billets des États-Unis »...

Ces derniers se distinguent des précédents en portant la mention « billet des États-Unis » (United States Note) et en ayant des numéros de série ROUGES (vs. VERTS pour les autres, Federal Reserve Notes) :


Or on voit parfaitement plus haut que les numéros de série des billets "Kennedy" sont rouges...

Quant aux relations de parenté déjà évoquées entre Yamaguchi et Toshiro Muto, ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon, dont il serait le beau-frère, Luigi Grimaldi apporte dans son article un autre élément crucial :
En 1998, à l'époque de la grande crise du yen, l'économie japonaise était au bord de la faillite et risquait un effondrement des marchés financiers semblable à ce que nous connaissons aujourd'hui. Un désastre qui fut évité par le gouvernement américain en soutenant le yen qui dévissait en chute libre, derrière l'intervention personnelle de M. Robert Rubin, le ministre du Trésor de l'époque. Or l'envoyé spécial de Washington fut M. Larry Summers, alors adjoint du ministre et actuel conseiller économique de Barack Obama, qui partit précipitamment à Tokyo le 18 juin 1998 pour rencontrer le ministre des Finances japonais, Hikaru Matsunaga et son adjoint, Eisuke Sakakibara, l'homme connu sur les marchés comme «M. Yen».

Or, toujours en 1998, Toshiro Muto était le Directeur du Secrétariat du Ministère des Finances de Messieurs Hikaru Matsunaga et Eisuke Sakakibara, protagonistes avec les américains du "sauvetage du yen".

M. Sakakibara qui aurait soutenu récemment encore la candidature de M. Muto au poste de gouverneur de la Banque centrale du Japon.
Et le journaliste de conclure :
Tout porte à croire que les titres saisis à Chiasso sont authentiques et qu'ils doivent aujourd'hui donner davantage de maux de tête à l'entourage de l'administration financière d'Obama plutôt qu'aux japonais.
10. Le 6 juillet, le quotidien "Il Giornale", dont l'éditeur n'est autre que Paolo Berlusconi, publie un article fort intéressant où l'on apprend deux nouveautés (dans une affaire où les mystères sont largement plus nombreux que les certitudes) :
  1. parmi les documents saisis aux japonais, le nom d'un contact italien : Alessandro Santi, ex-président du Consortium International des Transports de Rome ;
  2. parmi les autres pièces saisies, certains documents permettraient de relier des titres à la Dragon Family !
Je rappelle la source, le journal est celui du frère de Silvio Berlusconi...

Une autre source indique qu'entre jeudi et samedi derniers, la Guardia di Finanza et les services secrets américains ont procédé à plusieurs perquisitions en Lombardie en saisissant mobiles, ordinateurs, documentation, etc., et précise par ailleurs que les passeports des deux japonais circulent déjà sur Internet...

C'est donc la deuxième fois de ma vie que j'entends nommer cette Dragon Family ! J'y reviendrai...

Mais comme souvent dans cette histoire, des infos que je trouve chez les américains (sources anonymes) sont confirmées par les italiens (sources nommées et identifiables). Tout n'est pas parfaitement recoupable, mais quelques éléments essentiels, oui.

11. Le temps passe, mais nul ne sait encore, publiquement du moins, si ces titres sont vrais ou faux. Au point que des membres du parti démocrate italien présentent, à un mois de distance, deux questions parlementaires au Ministre de l'économie d'alors, Giulio Tremonti : on attend encore les réponses...

Dans un même temps, personne ne parle plus de cette affaire : silence total sur les ondes, à la radio, la télé, les journaux, etc. Et même sur Internet, impossible d'obtenir des infos à jour...

En septembre, une autre saisie fait grand bruit mais n'a selon moi rien à voir avec celle qui nous occupe. J'ai même pensé que quelqu'un voulait amuser la galerie...

12. Le 21 septembre, surprise : apparition d'une piste russe ! Selon le journal qui en parle :
Les deux japonais auraient dû rencontrer des russes en Suisse, des diplomates, semble-t-il. Tout est à confirmer, bien sûr, mais le rôle d'intermédiaire d'Alessandro Santi résulterait dans des actes notariés, où des pourcentages sont associés à son nom, vraisemblablement le montant des commissions.

Or dans cette "piste russe", s'il s'agit vraiment de diplomates, et vu les liens de "proximité" présumés des japonais avec la banque Centrale du Japon, entre autres, cela pourrait orienter l'enquête vers une implication directe de Tokyo et de Moscou. D'autant plus que lors des perquisitions, les enquêteurs ont trouvé trace de nombreux contacts entre Alessandro Santi et plusieurs "gouvernements étrangers".

Quant à l'authenticité probable des billets d'1 milliard $, elle ne fait qu'ajouter un peu de piment à l'affaire !
Ce regain d'intérêt n'aura été que de courte durée, et cette histoire sombre dans l'oubli général. Mais pas pour moi, qui n'arrive pas à me faire une raison.

Il me faudra près d'un an de réflexion pour publier « L'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! », le 2 octobre 2010, billet que j'ai entrepris d'écrire poussé par les conseils d'un lecteur qui me suggérait d'enquêter sur cette opération...

Or ce billet marque un tournant important, car suite à sa publication je serai contacté par plusieurs personnes, ce qui débouchera sur la rédaction de cet autre billet crucial, six mois plus tard, le 10 avril 2011, une première exclusivité : « Monsieur Yin & Monsieur Yang »...

13. Le 13 octobre 2010 Alessandro Santi est jugé devant le tribunal de Como et, contrairement à ce qu'il avait affirmé, il ne s'est ni présenté ni n'a fait les déclarations qu'il avait annoncé vouloir faire, en s'accordant sur une peine de 16 mois d'emprisonnement. Ce qui signifie chez lui, puisque la législation italienne prévoit la résidence surveillée pour les personnes âgées de plus de 70 ans.

Le 30 juin 2011, les deux japonais sont condamnés par contumace à trois ans et demi d'emprisonnement.

Rideau.

14. En octobre 2011, je suis contacté pour la première fois par Neil Keenan, qui m'avoue que de tout ce qu'il a lu sur le Web, c'est moi qui m'approche le plus de la "vérité" des faits. Et il me promet de combler les lacunes de mon histoire en me faisant parvenir l'acte d'assignation qu'il est en train de préparer, dès qu'il l'aura officiellement déposé au tribunal. Chose faite le 23 novembre 2011, le jour-même il me fait parvenir l'acte, et le 24 je le publie après m'être accordé 24 heures de réflexion...

Jusqu'ici, les faits !

* * *


LE PROCÈS

Au fil du temps, de tout le temps passé à faire des recherches et à écrire sur ces 134,5 milliards de $, je me suis forgé la convinction suivante : ces titres sont vrais !

C'est une simple théorie, étayée par de nombreux faits résumés ci-dessus, et il n'est question ni de complot ni de conspiration.

Voilà pourquoi lorsque j'ai eu sous les yeux cet acte d'assignation, qui ose prétendre que ces titres sont bien authentiques et qu'ils ont été volés, c'était trop gros pour y croire, et en même temps c'était trop gros pour ne pas y croire !

Et puis surtout il y a des détails écrits noir sur blanc dans l'acte, notamment à partir du point 56 où Alessandro Santi est nommé pour la première fois, chose que seul pouvait connaître quelqu'un qui a vécu cette situation de près.

Tout en vous rappelant que, la première fois qu'il a été question de Santi dans les médias italiens, la source n'était autre que le quotidien du frère de Berlusconi. Vous étonnerais-je si je vous dis que pas une seule ligne publiée dans ce journal n'est jamais écrite par hasard ?

De même que des n° de série des billets Kennedy, du n° AP11 025691 A au n° AP11 025700 A, il n'en a jamais été question nulle part !

Par conséquent, pour commencer, je me concentrerai surtout sur les défendeurs "Gouvernement italien", "Guardia di finanza" et Berlusconi.

Et cette fois je suis vraiment curieux de voir quand et comment la presse s'emparera de cette histoire...


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134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

Actualités, Italie, 134,5 milliards, Dollar, Dragon Family, désinformation, information, Keenan, presse, médias

November 15 2011

18:46

Francetv info, ou la consécration de l’info en temps réél

Le voilà, il est enfin arrivé le bébé de Bruno Patino, chef ès numérique à France Télévisions (plus précisément directeur général délégué au développement numérique et à la stratégie de France Télévisions, et directeur de France 5).

Cela a mis le temps. Mais le résultat est plutôt excitant : http://www.francetv.fr/info

logo francetv info

Il s’agit donc d’une plateforme d’informations. Et lorsque l’on s’intéresse au lancement des différents pureplayers en France ou ailleurs dans ce domaine, venant de la part de Bruno Patino (ex patron du Monde Interactif), et d’une société avec de gros moyens (France Télévisions) le projet était attendu au tournant.

Le fantôme d’une télévision ?

une chaîne info pour France Télévisions?Bruno Patino est venu s’occuper de France 5 et du numérique, mais les premières réflexions des journalistes, de Libération et du Figaro, ont porté sur un ‘fantôme’, celui d’une chaîne info, une vraie chaîne info de télévision, que le groupe n’a jamais eue.

Et lorsque les @Garriberts lui demandent « N’est-ce pas un pis-aller pour la chaîne info que France Télévisions n’a jamais pu faire ? » celui-ci répond :

Il y a, par rapport à ce projet de chaîne info en continu que France Télévisions n’a pas eue, le syndrome du membre fantôme, comme pour les gens amputés. Il nous faut maintenant aller au-delà de cette démarche, convaincre l’ensemble des rédactions de participer en transversal et créer un continous news desk alors que, par la faute de l’absence de chaîne info, il n’y en a pas aujourd’hui. C’est-à-dire qu’on met en place des choses qui rappellent furieusement une chaîne info. En même temps, on contourne l’obstacle : on a la télé connectée en ligne de mire. On lance le mobile d’abord, le Web dès demain, les applis pour tablettes dans trois semaines et il est évident que, dans les tout premiers mois de 2012, on va entrer sur le téléviseur.

Qu’à cela ne tienne, occupons-nous donc de cette plateforme d’information.

Un lancement asynchrone

Bruno Patino avait prévenu, il y aurait d’abord l’application iPhone disponible, et le lendemain, seulement le lendemain, le site web disponible: « le mobile a été conçu en 1er, et pas comme un dérivé du web ».
Stratégie intéressante, lorsque l’on connait les mécanismes de l’Apple Store, et l’importance d’avoir beaucoup de téléchargements au lancement ou à la mise-à-jour d’une application.

C’est donc l’application iPhone qui était disponible ce lundi 14 novembre, et nous renverrons vers nos camarades d’@si qui ont ici décortiqué le fonctionnement de l’application mobile.

Les internautes seraient devenus accro au prompteur

navigation-gauche-francetv-infoDu LIVE. DU LIVE, d’abord du LIVE.
Les journalistes ont été les premiers à être accro au prompteur. Celui de l’AFP et de son flux de dépêches. Outil indispensable des journalistes de desk, mais aussi des autres, le fait d’avoir une partie de son écran occupée par quelque chose qui défile est devenu un classique pour tout le monde désormais, avec Facebook surtout, et Twitter aussi. L’internaute qui visitera la plateforme d’info que le web verra quelques similitudes avec Facebook. C’est ainsi l’info « En direct » qui est mise en avant, avec juste en dessous dans les choix du menu, « Les titres« , « Les tops« , « Les régions« , « Les images« .

En navigation au dessus, des rubriques plus ‘classiques’ :  »France, Monde, Eco, Sport, Decouvertes, Culture buzz, Débats, :-) »

C’est cet usage qui est véritablement nouveau, porté au pinnacle de la page d’accueil du site. Car vous aurez bien d’autres moyens de visiter le site, en cliquant sur « Les titres », mais c’est le Live qui arrivera par défaut. France Télévision fait là un pari, un pari osé.

Avant cela, plusieurs autres médias avaient tenté l’expérience du Live, pour des évènements en particulier. DSK, la primaire socialiste, et bien d’autres encore. Dans bien des cas, il a été fait usage de l’excellent module développé par coveritlive.com, qui permet, soit gratuitement, soit en marque grise, de couvir un évènement, en faisant l’agrégation de textes, de photos, de vidéos, de tweets.

Mais hormis le huffington post, très peu de sites avaient fait le choix :
1) développer les fonctionnalités comparables à Cover it live au sein de leur propre CMS;
2) oser franchir le cap de présenter la Une du site de cette façon là.

France TV Info a fait ce choix audacieux. (cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

francetv-infos-page-lundi

Personnellement, hormis ma sélection de flux RSS, j’ai choisi de suivre beaucoup de gens, sur Twitter. Le résultat, un flux continu, rapide, qui, si on le fixiez, vous donnerait le tourni. Et qu’y voit-on, au sein de ce flux d’informations? De tout, et de rien. De informations, et des relais très pertinents, et puis, beaucoup de doublons (ce qui arrive lorsqu’on suit des personnes appartenant aux mêmes sphères).

Résultat, j’aurais parfois envie que quelqu’un fasse au tri au sein de tout cela, et ne me présente que le meilleur, une sorte de super Summify de ce qu’il faut savoir, de ce qu’il faut lire.

En fait, ce flux, j’ai bien l’impression que France TF Info s’en occupe, désormais.

Un SVP de l’info

svp logoQuel twitto, avec un minimum ‘décent’ de followers n’a jamais essayé de se servir de Twitter pour poser une question, soit d’actu, soit pratique? La qualité des réponses que vous obtiendrez dépendra de la pertinence sur les sujets des membres de vos followers. Là, l’application mobile et le site proposent de répondre aux questions que va poser l’internaute ou le mobinaute, sans même créer de compte (risqué?). Une façon de faire vivre l’information, de rester proche de son lectorat, et de donner envie à son lecteur de devenir accro, parce qu’on lui a répondu, parce qu’on s’est occupé de lui.

Une équipe de choc

Vous remarquez, au coin de la capture d’écran plus haut, l’avatar de la journaliste? C’est la nouvelle charte!! :-) La quasi-totalité des journalistes recrutés ou affectés à la rédaction et à l’animation de cette nouvelle plateforme d’information ont tous été photographiés de la même façon. Une façon aussi de bien distinguer, dans le flux live, qui appartient à la redac ou pas. Nous avons fait un petit montage ce ces avatars de profil twitter (grâce à cette @liste) :

les-tetes-de-france-tv-info-via-twitter

On peut y voir qu’une majorité a joué le jeu de cette photo, et les ‘récalcitrants’ :-)

Mais il y a un autre point commun à un bon nombre des salariés réunis pour travailler au sein de cette rédaction. Un bon nombre d’entre eux ont déjà travaillé ensemble, ou au moins dans le même groupe : pas moins de huit (au moins) ont travaillé au sein du Monde Interactif (LeMonde.fr et LePost.fr), et quelques un chez 20minutes.fr.
Bruno Patino a fait ainsi venir avec lui toute une équipe déjà bien rodée à l’info en ligne, à l’actu chaude, et lui a fait prendre en main le nouvel outil.

Des rédactions qui se parlent, enfin?

#LesRédactionsSeParlent Démo plateforme d'info web #Ftv ... on TwitpicVoici une photo partagée par @PL_Constant. Son titre : »#LesRédactionsSeParlent Démo plateforme d’info web #Ftv à la rédac France 2″. Un tweet qui en dit long. Comme tout projet novateur, il peut, au sein d’un paquebot comme celui de France Télévisions, ne pas bien être compris, être mal assumé/revendiqué par une partie de l’entreprise.

C’est que le web de France Télévisions, ce n’est pas qu’une plateforme d’infos.

Une galaxie de sites

Car disons-le, lorsqu’on voit quelque chose de nouveau, comme l’application mobile et le site web FranceTV info, on a envie de voir le reste de cette politique appliquée à tout l’univers de France TV. On a vu les nouvelles versions de culturebox (adieu la mosaïque, bonjour un site plus épuré), et aussi la nouvelle mouture du site de sorties. Et là, un petit pincement au cœur. (Lorsque je veux savoir ce qui se passe ce soir, je ne veux pas forcément avoir dans mon résultat de recherche ce qui se passe tous les jours et qui provoque du bruit).

Il reste donc beaucoup de travail. Et c’est cela qui est excitant.

Souhaitons donc à toute l’équipe de France TV info la bienvenue dans la bataille de l’info et du service au lecteur! Bonne route, et nous allons voir ce que vous nous réservez à l’avenir!

Francetv info, ou la consécration de l’info en temps réél publie sur: L'Observatoire des Medias

Tags: Actu En Une TV Web
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